DE L ENSEIGNEMENT LAÏQUE
Évidemment « TÉlat qui se place à ce point de vue dans sa constitution , est plus près de rÉglise universelle que ne Test Tultramontanisme , en ne parlant jamais que de séquestration, de séparation et d'isolement.
» Vous demandez quelle mission morstle TEtat, en le supposant bien ordonné, peut accomplir 'dans réducation^ vous faites vous-même la réponse, quand vous avancez^ une chose bien grave en effet, que chaque secte^chaque religion, possède un ensei*goement moral qui^ forme un corps de doc* trines fort différent. Entre ces morales particulières, je demande à mon tour qui montrera le lien des unes et des autres? qui décidera?Sans doute, ce ne peut être aucune secte. Formerez*vous donc dans la société autant de consciences différentes qu il y a de communions séparées? C'est à quoi il faudrait arriver en pressant vos paroles.
» Sous ces enseignements différents, il y a une morale sociale sur laquelle repose la vie nouvelle. Dans la situation actuelle, chaque secte , chaque église ayant un ensei-
178 qVtU^ EST LA RAlâON 0*ÉTftS
gnement distinct, il d'easùit étridemmitiit la nécessité dune éducation publique, qui^ en liant les éducations particulières, achève de lier et de coordonner dans la consdance générale des doctrines différentes. L'fiirgu*^ oijeni décisif pour Tinter vaititon de VÉtat en matière d'éducation te tirjsra toujours du prindpe que vous venee de mettre en avant pour la combattre. .
» Car il ne suffit pas de se toléi^r les ans les autres; il fouteucone être réciproquement d'intelligence. Or, qui enseignera a^ catholique Tamour du. protestant? Est-ce celui-là Hiéme qui inculque l'horreur du dogme protestant? De bonne foi , pquvex^ vous développer dans autrui le f^entiment intinie des droite et de la dignité de Tlsraélite» vous qui, dans le royaume où vous êtes le rnâiitre, veqee de proscrire toute relation nmhale entité le juif et le chrétiau? pou vez-^voùs professer le respect pour ceux que vous anathématisea? pouveg^vous dé^ velopper le s^tKiment de fi:aceraîté reli-
gi0u9e qui est ïwe âe la ao^iéié ditOK la* quelle nous vivons?
i> Vous le pouvez si peu , que ce prîMlpe tout nouveay de la vie sociale n'existe pas à vos yeux y puisque vous ne vous potée pas méiUte la question qui en dérive. Ceat assess pour vous de maintenir ks coitimunions dans tin âsoleeuent pF<»fond, L'idée d établir un rapport entre les unes et les autres ne pariât pas une seule foie vous ocQuper ; et pourtanît c*est là tout^ )a difficulté du problème. Ret^^nnaisses donc qti'en restant dans les termes où vous vcnats renfermee^il est toute une partie de rhommc moderne qui vous é^ltnppe.
w Bntiie des cultes désormais égaux > il fout une intervention epîritu^le quiramàie à la paix ceux que tout pousse à la g[uerre ; et les sectes fies églises séparées, avouant leur impuissance à la coneiliation, nous revenons par tous les dieminsà cette conséquence : qu'il faut ehérehér ailleurs renseignement de cette mdrale sociale, sans laquelle il y a désormais des catholiques ,
180 QUELLB EST LA RAISON o'ÊTItE
des dissidents, des philosophes, c est^-dire des partis > des sectes, et point de France. »
Voulez -voas affranchir renseignement iaique? Osez affirmer ce que trois siècles ont affirmé avant vous, qu'il se suffit à lui* même , qujl existe par lui-même, qu'il €st lui --même croyance et science. Nulle mesure fiscale , matérielle , administrative, ne peut le dispenser de cet acte de foi.
Comment s'est constituée la science moderne? En la séparant dé la science de l'Église. Le droit civil? En le séparant du droit canon. La constitution politique? En la séparant de la religion de FÉtat. Tous les éléments de là sociabilité moderne se sontdéveloppésens'émancipantde^églises.
Le plus important de tous reste^ à ordonner, l'éducation. Par une conséquence qui se déduit de tout ce qui précède, n^est-il pas clair qu'il ne peut être réglé qu'à la condition d'être pleinement séparé' de Téducatiou ecclésiastique?
Mais quoi ! Vous me proposez de ne faire donner aucune instruction reUgieuse à mon
.fi(s! ^Ii 1 qui;,voa$.du ma de seniislablt ? Qui voud empêche de x:botsir» au sortir de Técole, le dc>g(iKiei paiticulieir dans l€X{uel voiis voukz le faire élever!. Je prétende seulepieot que le laéUo^.dç Técole ui de TEgUs^ voufi çonduU à dkjs cottiradûeiioM , dans l^qiiçdles . kt liberté fS0t ivipessible. Je vaudrais que le prêtre «ûi saa e«ipi«« dans 9M ^|ise> mqis que Qe|le spuv^mluvté u? pût, da0« auqito isias». s étcful^e hors de. là; çai* Je problé^oie j^t ceci : .Ft^ir^ que la liberté. du. prêtre catholique ne devieooe
.,pas la se^vitiiide de toiis.
Celui qui exp!ce la puavaic saaisrdotai , auiu)iu ;d'.uue caste > peu t4l eKe^e^r régulièrement le pouvoir civil, à moios qu'on ne rçiitrç..daas le chemin de la théocratie?
. L'évéqiie sera-t-il préfet? la auré sera t41 maire? Celui qiû accusa |)0Ut*tl être en même temps le juge? Comment donc celui qui t au nom du moyopk âge, &it le proeès de lesp rit moderne, pe,at*il être en même temps chargé de répandre et d'easeigoer cet esprit?
182 QUfiU^ft EST LA ftâlSOI* VâTIlJE
Il est qnelquefois àtirivé qciedes homoies qui avttieat établi de» pritiotpes (ifailesopfaîqaes dans le reânéiUMietit d^. ia seltiude éot va leurs maxiiiies détjbenties par lés etioses dès qu'ils ûiit af>pK>cbé àt» affeires, et lex^érianee lu a tonit^diiia à* eh chàuffiw ¥mt iwi , j*ai du œai^^ le <fiiblè et triste airaatage I i|tte, auifaisia mllléé de la spteiilatiati ptùlosc^blque jSat UM révélation, et éOBtn^ai^ par d^^V(teétiH»&ts subits^ d'être itiitté de près aux aflUres paUtqUéSf iraa s'^^st pas aecompli ièus mes yeux un fait| qui ne m'ait tddfiiHié la ^Mié de tant eé que j'atais avàhcé , jKmteuu; éé^Midtt p^ la parole et ffel* la puiaQ^.
Hall ! daiis ees daut daitltèt^d âttHééS; si pleines d*iiiSttacti0leis|]oar^oi sait ttre^dalis les ekDsfeS) pas un jotir ne a'est écoulée sans éaraeiner en mm cbafciune de% paroles qtti, dans un autre tenqais ^ sont tombées de ma Donsdttoee* Bt , sî dans quelque lieu écarté il se trouva quelque personne d*mi âge aujourd'hui plus mûr qui n'ait pas perdu
DE l'enseignement LAÏQUE? 18S
le souvenir de ce que je rappelle ici, puisse cette déclaration arriver jusqu'à elle!
Où sont tous ceux qui , dans le temps dont je parle, ne faisaient qu un seul esprit? Ceux qui s^nnissdient alors dans une même pensée , avec lardente étreinte de la jeunesse, sont-ik séparas? D'autres sont -ils tombés dans TindUttrence sur ce qui leur seiâblait la seule chose importante?
Quelques uns se souviennent-ils de ce que psHS, aygng p^BSé 8RseRit?le? ^ tous je leur dois cette déclaration, que, ce que je tenais alors pour vrai ^ je le tiens aujourd'hui pour évident; que le fantôme qui apparaît dans les heures de la jeunesse est le bon génie de la vérité; que le salut de la FraiiCQ est dans la voie où nous avions €0m* menée d'entrer. Sachons donc y persévérer.
^u'Il faut ëleTei* un SnuTeur.
Ce qui presse le plus est de réehquffer rétinGelle du foyer daoïe^tîqiiê. Le père a cessé de croire, la mère croit encore ^avec Ferveur. Ballotté entre ces deux au* torités contraires, que deviendra 1 en&nt?
Longtemps, il i(;nore Vil croit ou s'il doute. Quel trouble dans cet esprit qui, en s'éveilianty voit tout à la fois s ouvrir et se fermer un infini! il naît sur les oonfins.de deux mondes, et \i ne sait dans lequel entrer. Â
qu'il faut élever um sauvëuh. 185
•la fin, le partage se fait. Le fils suit le père (iaiis le doute; la fille suit la mère dans la foi. De plus eu plus , les cœurs se divisent ; ils s'aliènent : qui les réunira? Heureux si, brisé par le divorce moral du père et de la mère, l'enfant ne feint pas de douter avec l'un et de croire avec Tauti^e ! Hypo- <îrisie et scepticisme, dès* le berceau» ce serait trop. ISe commencez pas la vie humaine par la décrépitude.
En aucun temps , l'éducation n'eut un objet anssi grand à se proposer, et jamais lenfiince ne dut être aussi res}:ectée que de nos jours; car elle seule possède encore l'esprit de paix qui manque à ce foyer, à cette société partagée.
Qu'attendons-nous ? Et qtii nous réconciliera^ si ce n'est celui qui n'a pas encore vécu de notre vie? Pour nous, nos cœurs se sont trop abreuvés du venin des luttes s-^ciales. Nous savons désormais trop bien haïr; nous avons perdu la faculté d'aimer.
Qui nous la rendra ?
Qtt avons-nous encore à nous apprendre,
186 qu'il F4UT ÉLfiVEft US SAUVEQB.
à now dii« les tms m% aulrea? Bim. Sous i|e pouvoûs plus ni ootis persuader, ni nous apai^ar iDutueUeine^t. I}o$ lèvres m pei»veat plus que maudira; nos. pa9Ql«« Ha serveai plua qu à nous pat^ar ei k aoue repaîtra de nos pmpres bla§ti|Fa<ii him difa» nous somines morts las uns pour las 8ut|*es » étopt morts à l'espérunGe de nous cou vaincre lea uns les auii^es^ Pqurtattt* si 1 univers moral ne doit pas s abtasep daps la chaos, il faut qu'un vastiga da lanaien' amour qui fit le monde 6Qi( aqpsaai^ quAlr que part. Ou survivra^t^ella catta flaaama ^réatpîca? Ûù chavchar Tharmouia des élér m^nts , . siooti dans ae beroaa^ qui ^tta avec sérénité à travers |a tampIlK sa<wlt?
Où trouver un rasta d amoMf » si ea n'est dans ces yeux qui vianuf ut da s-'ouvrir* à la lumière, t^i qui n ont afioora ria» \i| da oa que PQU8 voyons? Quelle la^due pans paar lera, pous oon vaincra, ai aa u'ast la |a^0ua qui ua enoore rien dit? &ai?ibas«df|ciau«|
de la loi , faites place à rea^i)! dans V^f^ ceinte du temple ! Ilfsoiitexl (} vaHi^^f P^Wg°^
qu'il vaut élbvbr un sauveur. 187
ce que vous ne connaîtrez jamais, la paix !
Mâlgpë cela , vous croyez tout ruiné, si vous perdez un moment pour faire descendre, dans ce cotut qui vient de naître, la guerre, Iliormbie guecfe qui est Ici germe de toutes les autres, celle des discordes religieuses. Il sort de l'ample sein de la vérité, pour vous en rendre témoignage; et vous n avez rien d^ plus pressé que de l'emmaillotter dans les haines, <lan9 \pn préjugés, dans les sectes dt^s Pharisiens ou des Saddocéens.
Que sérail -ce si Von commet^ç^it par le faire nattise è la vie sociale 9 au milieu de tout ce qui pafU d-tinion entre les hommes, c'est-à-dire , aq milieu des principes communs a toutes les sociétés ; si on le nourrissait d*abord de c^ )(|it fortifiant dont s^abreuye rbum^iîité enti^r'^i U n^ fîennatUTait Ij^ différences qui séperenit )f»s homoDes, qu aprài avoir cpnaii les rie^^fpblancH ^^i le» r#ppr<|chent. «fe yp^di ei$ le f^ire gr$mdir au iDiliein des pi$asée$ divines ^ui somiwnteiit le gjsnre bumnio ] \] w s^u-