‹ L'enseignement du peupleChapitre 26 sur 32 · QU IL FAUT ÉLEVER UN SAUVEUR · texte numérisé non relu

QU IL FAUT ÉLEVER UN SAUVEUR

rait que plus tard la divergencedes croyances ei le triste secret du divorce des âmes; il conhattrait Dieu avant de cônnàttre le prêtre. C^est tout le contraire de ce. qui se fait aujourd'hui. De ces deux seules Sciées , gravées dans la Constitution , Dieu et une fFimille de frères, que lie pourrait déduire un instituteur digne de ce nom !

Le malheur est que nous n'dvons aucun livre populaire où le peuple puisse recevoir, sans danger, sa pt-eniière éducation morale.

Les autres ont des traductions naïves de la Bible, qui sont c;omme le bégaiement sacré de leur langtié.; Dans notre sysième de caste sacerdoiale, la Bible devait réster^le livre des prélres, et, à ce titï^, il était impossible qu'elle devînt populaire.

J'ai sous les yeux Tun des ouxo^es les plus répandus dans rédiicalion en France; pour savoir ce qu'il contient, l'enfant n'a pas même besoin de savoir lire. Lesimages parlent assez haut. Je vois dans ces fi{{ùres un arsenal hideux de chaînes, de fourches, de tenailles , de cœurs cadenassés , de

qu'il faut élever un sauveur. 189

brasiers, de reptiles, de têtes qui surnagent dans les flammes, de monstres aux pieds de satyres, aux cornes de bouc, qui sorient des murailles, des planchers , et viennent garrotter les mourants dans leurs lits, le tout dans le style des idoles japonaises ou mexicaines. Est-ce bien là le livre d'éducation d'un peuple non seulement policé , mais souverain? Comment Tenfant qui s'é* veille à la vie, au milieu de cet enfer païen» reviendra-t-il jamais de cette première impression de fétichisme et de terreur? Il Faut absolument qu'il demeure esclave le reste de sa vie, ou qu'il devienne incrédule. Des hommes faiis m'ont avoué ne pouvoir penser à cette première lecture sans un saisissement d'horreur. Que Ton se figure quelles semences de haines fermentent dans le cœur de Tenfant qui naît ainsi captif, persuadé que ces supplices sont préparés pour quiconque ne pense pas exactement comme le livre.

Serait -il donc impossible , je ne dis pas de renoncer à ce fétichisme (je ne vais pas

19fi| qu'il faut ÉLBVEa UN SAUVEUR.

jusque?là), mais de mettre en regard quelque livpe populaire où le sentiment servile de la peur ne serait pas constamment ëveillë? J avoue que toute vérité court risque de paraître iade auprès de ce terrorisme. Qui sait, néanmoins, ce qneloo pnurrt^it faire jaillir de Fàme humaine, çqcore neuve et sapa lUiçhe?

Sqi^g^lr quilpe s agit plus seulement de faire pp hpuimfs qui prenne sa place dans ut^e SQoiété assise ; il s'agit de préparer celui quidoitguérir* unesQciété assez maladapour se flipper eUetméme. Ce p'est pas un écoJiei: que vpus avesi à dresser \ c'est bien en réalité iJin (sréfiteur, un constructeur d empires. ^ropnriiQDQe? dope Tesprit de cette éduca* m^ ^n^ résultats que vous devex en air tendre.

Il vient, il entre d^ns le monde , le messager de revenir. Ckimment Taccueillerez* vous? Quelle éducation nouvelle dopneres^ vous à cet Emmanuel , qui doit redresser un monde croulant?

Je voudrais que lor de la sagesse de tous

Page 1