‹ L'enseignement du peupleChapitre 3 sur 32 · T RELIGIEUX · texte numérisé non relu

T RELIGIEUX

s^assoupit, Tautre se réveille et crie aux oreilles de la France: Dors-tu? Alors, il faut de nouveau surgir en sursaut, ébranler le globe par quelque coup imprévu.

Combien de temps cela durera-t-il ?

' Aussi longtemps que les deux puissances ennemies resteront en face Tune de Tautre sans f)ou voir se vaincre ni Tune ni l'autre ; et bien heureux ou bien puérils sont ceux qui , en présence de ce duel formidable du catholicisme et de la philosophie, espèrent se rendormir tranquilles sur leur chevet.

Le combat des deux lutteurs les réveillera jusque sous la terre. Cela soit dit sans qu'il soit besoin d'être prophète.

C'est en se heurtant conti*e le Dieu Terme que la France fait jaillir de son front ces explosions de la sagesse divine , ces Minerves tout armées qui réveillent, épouvantent, illuminent le monde.

tnuiAoflUi<

Première nécessité de la démocratie pour s'affranchir : sortir de rillusion.

Que sert de 3 aveugler voIontaireiQent, non pas sur la valeur religieuse d'uu dogme . (car cet aveuglement peut mener au salut)»

mais sur les rapports de ce dogme avec les choses temporelles et poUtiques? Dans leurs croyances fermes , Bossuet , De * Maistre, M. de Bonald, regardaient TËglise en face ; et sans crainte ils concluaient

de leur dogme à rabsolatisme* De nos jours sont venus des hommes qui , incertains dans leur foi, ayant besoin de la fortifier par des complaisances pour le monde ^ ne voyant plus leurs croyances qu'à travers leurs propres inventions , se sont bâti à plaisir un Vatican de fantaisie , une fausse ëgfise ouverte au libéralisme, c'est-à-dire à Thérésie, qui les envahit malgré eux.

]gn vain la papauté maudit chacune de leurs espérances. Condamnés par le pape, ils continuent leurs rêves, sans avoir ni la foi assez robuste pour se soumettre à leur condamnation, ni lesprit assez libre pour s'absoudre eux-mêmes. Dans cette incertitude, ne sachant être ni avec l'Eglise, ni avec la phHosophie, ils ont failli perdre la France; car ils lui ont communiqué en partie cet esprit chancelant, -équivoque^ qu'elle n*avait jamais connu. Ils l'ont conduite à renoncer au système tranché de séparation entre les choses de' l'Eglise ^^^ les affaires civiles, divorce qui l^J'^^jt gy

^éiiie même de là nation ; et, par de fausses illusions, ils Tont ramenée à un mélange monstrueux qui ne cache qu uti vrai néant, où un peuple entier peut disparaître, si Ion De se hâte de quitter ces pensées maladives, pour arrivera une vue droite et fei-me de la France et du monde*

Que voulez-vous et que ne voulez-vous pas? II faut vous en rendre compte ou périr.

Êtes-vous assez fermes dans votre or^odoxie pour ne vous embarrasser en rien des conséquences humaines de là religion à laquelle vous appartenez? • Bémonfez avec Bossuet et M. de Maistre à Tabsolutisme :

revétez-vous de ce cilice. Personne mieux que moi ne comprerid la résolution d'un peuple qui veut être martyr de^a foi. Et quHmport-e , après tout , une servitude d'un jour à des hommes assurés de vivre éternirtlement dans la félicité, pendant que tous les peuples libres de la terre expieront leur lib^'^rtë hérétique par des flammes éter-

nelles r

Fermez le cercle des nations catholiques. Asseyez-vous sur le sable dans le désert avec ritalie, l'Espagne, l'Irlande, la Pologne, la Bohême, le Portugal: Périssez pour la gloire de votre croyance ! Il y aura de la grandeur dans cette chute volontaire.

Au contraire, votre foi n'est-elle pas assez robuste pour que vous ne vous préoccupiez en rien des conséquences qu'elle peut entraîner pour le salut temporel de votre patrie, revenez à ce que vos pères ont établi. Surtout renoncez à ce mélange informe, à cette capitulation frauduleuse entre le principe de votre religion et le principe politique ; car cette confusion est l'abâtardissement de Tun et de Tautre. Vous n'avez, sur ce terrain miné de toutes parts, ni la force de la religion , ni la force de la philosophie. Vous entrez en guerre avec vous-même, c'est-à-dire avec toutes vos institutions. Vous allez vous heurter contre votre propre génie , et ne pouvez ainsi que décliner et périr misérablement, sans honneur pour vous, sans profit pour personne.

Y<mi9 W9i beau, héroïque tribun > VQus fiiire petit, vouf agenouiller à la pQr4f da Téglisa et vous écrier : Q prêtre» I âmes frères! ouvrez, venesà nous. » Ils $e rient de ce« vaiueiî amorces. £t , , eu vérité, qui pourrait les blâmer? Car enfin ces boniines ne sont pas insensés. Vous leur montrez TËvangile comme un appât; vous leur .dites de sortir de leur citadelle pourv^nir vous embrasser dan.s la liberté démocratique. Vains discours ! Ils voient très bien qua s'ils' reviennent au temps de l'Evaugile , la hiérarchie du moyen âge s'écroule sur leur tête , tandis qu'ils ont au moins une chance d'en prolonger la durée en se retranchant dans le^ ruines. Qu'ils vous écoutent, ils sont perdus comme caste ; qu'ils se murent au contraire dans le passé , ils ont au mpins l'espoir de vous survivre. Comment donc pensez- vous les cpnvertir à leur rujne certaine? Où vites-vous jamais Une caste consentir à 3e perdre dans l'égalité ?

Loin de vous suivre sur ce terrain finstif

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miècenaiise ferûlârpéur u» damier comlKit.

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diiWoyeftAge» et ^us ft'oaeiiet ^iis du

Mais qadi ! qtiatid ^ousavas épuise toa^s h^déeeptÎDaS) désir, tètoftative, espon de conrenir à vos dodnriiies îe pape, le basclergé, et qu'il semble impossible de se créer un nouveau leurre, vous les remplacez au moment même par un leurie plus

vain que tous les autres. Votre espéijance n'est plus dans le pape, ni dans le bas* clergé : où donc la placez-vous? En vousmême? Non pas, certes, écoutez!

« Constituante et cQpjçilejVoilky^ d^t MajKzini, le prince et le pape de t avenir, ù

Ne nous abusons plqs par les oaots ; les choses sont trop ^éri^uses. Voil^ donc, à votre avis, le progrès ; il consiste à remplacer Tabsolutismedo pape par Tabsolutisme du concile pour bâtir. l'Église uni* verselle. Et dans votre empressement & vous tendre de nouveaux pièges» vous ne ^oyez pas que vous rebatifsez. d'une main la servitude que vous, ^ren versez d^ l'autre; *que l'idée du concile est «plus àiirannée cept fois que celle de la papauté; que le concile est vaincu depuis Jean Hus; que la conscience de chacun a ix»(iquis son émancipation; qu'y attenter^ c'est préci9éilient revenir à la théocratie que vous voulez combattre.

Si ma conscience proteste contre votre concile, que ferez- vous? Ou vous me con-

ILtUélONS. 61

tnôndres de dDire, et voilà le droit du moyen âge qui reparaît; ou vous reepecte* rez ma liberté, et votre concile n^est plus qu un mot.

Ainsi, toujours marchant d^illusions en illusions, pour que la révolution de 18&8 ât : la conquête du monde , vous avez d'âlKird mis votre appui en Pie IX. De cette hauteur d'espérance, vous êtes descendu par une première chute au bas-clergé; aujourd'hui, commençant à découvrir que Tun et 1 autre pourraient bien ajourner encore la liberté , vous en appelez au futur concile. Qualid donc en appellerez-vous, comme vos pères, à votre bon droit, à vousmêmes?

SertoBs, au nom du ciel, de ce vain mys« ticisme^ù tout «'énerve. Vous voulez combattre les anciens dieux : que ^ ce spit du mpins à la lumière du j our •

La France , dans les conditions religieuses où elle se place , est assiégée de tous côtés parle passé. De temps en temps elle fait, une sortie qu on appelle une revota

fit «MmixnL

liHiliii,ii{)iè8Ji|^ elle fmtn dlÉii h jiiiMI,

lumts 1* litMtoé et k droit K^tttadtw pas que la famine de Tiat^ligMiee MM

Laitëeilà Ms «^siioM^ diMUt-ib; «Mis ëVMitrat nom Mabarrtiswiit. £i m»i, je

||»»«»tit'^ êa^mmt tout, la lilmrté de fmamt, pt vcMtÎBûs^poarnft^fti^vittesda resta:

idnDÎtà IWstKêance^ ittttdideai civils^ daOMis fAtr9n«a«te, système ^étîtentiàM^^ li4pita«t » f»riMli6 «eUidailwa s di^ia^lioii s }e v#m Msdfi «ûfM <seà rféss.rOe ^râe«^ lailgii«*iilot iep /éfik^J^ tM'4 mi^ e9t fia«aioe bois.

Ukl^n J«i iilusioM ! lua névohitkNii^oiiéqpsLe^ <^vile» 6 accooi)>j[it aujourd'lna jpar lis ttaésscs^ votts ea concUiea <{u'ue« relation religieuse devrait s'aocooifilil* éfSfhittieot pm les naasses 4u dergé^ Celte eonfié^uea^ est fau»^ «t <^tt0 «pparence de ki{{<que «6t le coQlràire de la logi<)tte«

Toutes les «nwces ^f^ ta 4éjHMfaimlie

M«9m)mie»t ooQtrt tHe, par esit* inriqui

raison que TÉgiise est un système mm^aaf^ <^M|M» f t cfiiê toutts les forcés «fui bii aant dModées» de quelque oèté qu'etlest avHiMMit, Mni, par la nature des* cbittes» dirigées ceatre le principe de^la démoeralia.

li'Égliee a toujours eu plu8(£fltinoi«iMiit que les ialquea le sentiment éèlatré de cette incompatibilité. En 1790, rAssemUée cesstituante crut rendre un ^nd service au has^dergé en lui rendant le syettoe éieetif . Qui se révolta le premier contre ce bienfett? Qoî se jeta^ daiîs la {guerre civile» plutôt que de faire alliance, dans l'Église primitive, avec la démocratie? Le bas-clergé.

U sentit très bien que ce prétendu bienfait étliit sa ruine.

Que devenait celle aiHorité mystérieust qui du fiiiiaï descmsdait sor son front» et tenait les inteUigsiiaces eourtitas autour de lui? L'Assemblée constituante lui pinpo* sait 4ê cbanper ce droit éÎYiii Matra une iiularilé que riiacuii |M4ifiil dise»ter« a<r»

6ti 1LL0S1OK5.

ccfpter ou refbser; et cet affran^hissraiiem des fidèles, on l'appelait raffiBnchissemeot du prêtre.

Il est évident que tout était renversé dans cette idée, que le sacerdoce catholique ne pouvait s^ prêter, sans renoncer à ee qui fait sQp lien avec tous les sacerdoces et particulièrement avec les castes antiques. Lia constitution civile ôtait à la prêtrise le sceau du droit divin. Le Représentant de Dieu n'était plus que le frère et 1 égal dés autres hommes. Qudie cdste accepta jamais un parta(j[e semblable? C'est là ce que le prêtre comprit en 1790 : il Ib compren* dra toujours.

L'erreur de l'Assemblée constituante venait de cette idée fausse, que porter la démocratie dans l'Église, c'est Tafiranchir.

n aurait fallu conclure tout l'opposé, c'està-dire que démocratiser le bas-clergé, c'est l'exproprier spirituellement sans nulle compensation pour lui.

La Constituante renversait lé> catbolicisme sans y penser. Ce n'est poiint ainsi

(|ue se consumaient ces grands changements. Aucun Dieu jusqu ici n a été enlevé à rhomme par surprise.

YeuiUez y songer; ceux qui auraient le plus à perdre dans une organisation dé* mocratiqua de FÉglise , sont précisément les membres du ba&-clergé. Supprimez la domination absolue quHls exercent spiritueUement sur le peuple, que leur restet-il? &,. par rélection, le prêtre devient dépendant de ceux qu il gouverne aujonrdliui, qu a-t-il à^^ner dans ce renversement ?

Que parler - vous du droit d'élection en échange de votre servage spirituel!

Le prêtre de Grégoire VII est roi absolu; il tient dans ses . mains la conscience des peuples; il k^:goja]y6rii0 comme Dieu gouverne la terre , c est-à^dire , sans avoir besoin. d'elle* A cet homme qui marche sur le frontde sec sujets , vous offririez d Qtre nommé, c'est-à-dire jugé par ceux qui aujourd'hui oscaoït à peine dénouer les cordons de ses souliers. Etrange moyen d'aiffranchir

nu souverain aibsoln qaeée hii proposer i|e se remettre à )a discrétion de eeox dunt il dispose ! Le prêtre qni pMterait le principe ^énoerâtiqoe dans son église risquerait fert d^étre à la fois hérétique et dupe; il . changerait une domination absolue coBti^ uiiesujétitHi certaine. Après tout, nul d'entre eux ne s y trenipe. Ohaeun est maître de tout; qu'a-t*il à fiiire de la liberté?

Impossible de faire pasàér le prêtre isatbolique par les transformations qu'ont subies les autres pouvoirs. Une peut devenir le ministre constitutionnel du dogme , ni abdiquer le gouvernement plein et enuer de vôtre oonsci^Kse^ On comprend jusqu^à un certain point Tiiiâeninité promise aux anciens éléments de la société ; le prêtre est le seul qui nt puisse entrer dan» une composition de ce g^nre^ Lé mtnener à Téglisê primitive , o'ési le dépouiller de la toute^puissanee que dix-huit tièeles ont mise dans ses mains. Loi proposer de par* tager avec vous le gouvemesient de vous-

uitaMB, c est lui propMtfr d'ahriiqiMr pour

être libre.

Voyex doD6» de grâce, oêH eadbaineflaent. On croit RVvoîr afïatm c^u'à des heiBiDes ; c'est d'un esprit q»'il • agit. Le pape pèse sur les évéques, les éYèfMssur le bas-c]ergé, le bas-clergé sur le peuple.

Quel est TauBeau de celte chaîne <fui con- 'sentira à se rompre le prenuer?

A qui proposerez^vous de renoncer à }a dSmination? Et n'est-il pas insensé d'espérer que l'espri^prétre se déponlilera luiméme de sa plénitude d'autorité ?

Ce qui vous trompe, est de voir ïa hiérarchie ecclésiastique peser de tout son poids sur le prêtre; vous croyais qu il en est accablé. Nullement. Considérez donc combien il se déchargé aisément de ce fardeau sur le peuple des fidèles. JËscIave de ses supérieurs, il rè^ne sur la conscience de ses inférieurs ; la' volupté de cette domination absolue rachète pour lui au centuple son eervage volontaire. Si veus expropriez le prêtre de sa souveraineté spirituellei que

6^ ILLtJSlOiMS.

Im dùûBetmvbus en compensatièii de tout un monde d'orgueil?

Vous êtes serfs d'esprit et i^u$ prâendez vous racb^er du droit divin. Voyons!

Combien me payeres^vous votre servage?

A combien Testimez^vous? Il s'agit d'un

Si la sociëté moderne n'a rien à donner au prêtre en compensation de son autorité absolue, il ne peut rien céder sans tout perdre à la £^8. Il esit, il «era ta demiire raison de Fandennesociëté. .Vous le verrez debout tant quil restera un vestige dU' passé. Rente, capital, projeté», état^ pour^ «raient disparaître cent feîside TEinrope avant que le prêtre eût fait une seule concession.

Reconnaissez donc ce principe plu&édatant que le jour : si Huterveinûon du principe sacerdotal dans les institutions laïques •en détruit la liberté, dVuti^ part, l'intervention du principe démocratique dans l'Église détruit la souveraineté du prêtre ou plutôt le prêtre lui-même ; en sorte que ces

dmstx sociétés, reccléswstique et la civile, ae peuvent se pénétrer ni échanger leurs principes , sans ruiner mutuelieinent la liberté par le prêtre, le prêtre par la liberté. Tant i) est vrai que ces deax mondes sont dirigé» par des principes contraires^ incom* patibles et que Ton est certain de se tromper quand on veut appliquer à Fun ce qurappartient à lautre.

Dnù naisseàt d'eHeSrméroes les conséquences ^uivmteà : quil im|^que contradiction d-attendre qu'une i^yolution religieuse se fasee dans TÉgli^e par Tinitiative du clergé inférieur, puisque cette révolution n'aurait d'autre effet que de l'exproprier spirituellement;

Que tout espoir de voir le catholicisme de nos jours se démocratiser lui-même est une chimère qui répugne à la nature des choses;

Que cette idée , fausse en soi, sera mor* telle à quiconque Tembr^ssera , croyant ou philosophe, prêtre ou laïque ;

Que toutes les forces qu'une démocratie

préeera, par fêam JUfwion et c» ginm» à mK oftate 9aoBvdbtale» toAuticrQiil eottlra la dé* oiQcratie;

Que si la seoiété pQ)»lM}tt« adoplail k principe de la aoeiëlé eocMsiattîqiia et reciproquemeat y il s'ensaivrail que > la Ubeirié détruisant VÉglisa et VÉglisa la liberté , le FetuUat aérait la diasolutîoa el la mort ra* dicalede la société tantcivilequetelif^Cifte >

Que la séparation absolue do domaine ecclésiastique et du dooiaio^ civil qui, dans les temps précédeols , était une garantie de liberté» est devenue uM condiiion de ¥16 et de salut.

%m itéÊÈgÈÊftm itibtmu

l)«a« hê pays o$i d^^uk «Uic 4uiiit ^telea te espriii |M>rteat le «amu <l'iio« cMte teeerdotaie» il «rrivi» Bëceftsaîrealieut qu 4tai ««ooMUuixie à rt^rdfir le principe neli- ^WL 0^mmM le JaoAopole eu prêtre. Lui eeul f>es««M6 la spurce des pensées saci^ées ; lui seul peut enseigner Dieu à Thomme.

Rien ne paraît extraordinaire comme Tidée que le vrai souffle de Dieu se trouve en debars <les ^ises. Vo>osiie voulez pas être

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