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serf du prêtre ; donc vous étés ua ioipie ; cette conséquence suit d elle-même.
Enun mot, on n admet là comme religieux rien que ce qui porte l'empreinte de la.caste. Où ce sceau ne parait pas , tout sentiment est suspect, comme Tor qui ne porte pas la marque officielle. Je vois encore l'horreur qu inspira à TAssemblée constituante cette proposition si simple, et qui n est que le résunlé de toutes les révolutions religieuses modernes^ à savoir que clique homme doit tendre à être son prétE;e à lui-même. Le scandale fut infini j pourtant la Révolution était encore sur le seuil.
Une des choses qui m'ont le pins étonné, sitôt que j'ai commencé de réfléchir , a été de voir dans les esprits qui n'otat plus de religion positive, survivre la plupart des formes, des habitudes, des antipathies, des préjugés enracinés par vm dogme particulier. Ils ne croient plus et ils ont de la meilleure foi du monde tous les préjugés de la croyance qu'ils repoussent.
* Combien de voltairiens ont horreur de
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la réforme, du divorce, autant que le catholique le plus fervent! ils ressemblent à ces hommes , auxquels on a retranche im membre , ef qui continuent néanmoins de souffrir dans le membre qu'ils n ont plus.
Les plus violentes injures contre Luther, père de toute révolution , ont été proférées par des révolutionnaires qui devenaient Fécho de passions catholiques , dont ils n'avaient plus conscience.
L'habitude séculaire d'une réHgion d'état fait que', lorsque \ix liberté des cultes est proclamée, toutes les croyances reconnues tendent à devenir autant de religions d'état. IS eat-il pas manifeste que, dans les lois nouvelles , le catholicisme , le protestantisme , le judaïsme représentés dans les conseils, à l'exclusion de tout autre culte , deviennent autant de croyances officielles? Au lieu d'une doctrine infaillible, j'en rencontre trois. Reste à voir si la Uberté de conscience y a beaucoup gagné.
Quand une religion accoutumée à régner sans rivale est subitement obligée de
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descendre de cette suprématie, uoe pareille chute est immense. Mais elle ne s accomplit pas en un jour. Un clergé ne se résigne pas aisément à abdiquer une souveraineté absolue de dix-huit siècles. Dans Tespoir de la ressaisir, il consent d'abord à y int^* resser ses plus violents adversaires* Avant de s'abaisser à n'être qu une opinion puissante , lancienne religion convie celles qu'elle avait combattues précédemment, à partager avec elle son héritage officiel ; pour être sûre de conserver 1 autorité d'une religion d état, elle consent à en admettre plur sieurs.
D autre part , je ue sais quel esprit de parvenu se glisse, çà et là , dans les sectes nouvellement émancipées. Oubhant leqr longue humiliation , infatués et comme étourdis de se voir les égaux de leurs persécuteurs , il se trouve des hérétiques qui légitiment leur avènement officiel , en se hâtant de donner aussi quelque gage dmtolérance. Tel disciple de Calvin , affranchi, dont la doctrine est une.insur-
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rectioû permanente contre le pape, appuie la restauration du pape sur le libre examen dès baïonnettes et de la mitraille.
Cette époque d apostasie est doublement odieuse; mais elle ne lait que précéder celle où toutes les Religions qui ont prétendu aux prérogatives qu une seule possédait anciennement, s'annnlantét se reniant par leurs con<^èssions réciproques, se réduisent toutes ensemble à là condition d'un système ou d'une opinion.
Toutefois, avant d'en arriver là , de Iongués expériences sont encore nécessaires.
Comment , dans ces pays , faire admettre aisément que le cœur de l'homme puisse embrasser le ciel sans que ce soit ià Toeuvre exclusive du préire? Comment persuader qu en dehors des cuites reconnus, il puisse y avoir une pensée religieuse qui ne soit la propriété, le monopole d aucun d'eux? Dans les sociétés qui conservent encore un dernier débris du moule des anciennes castes sacerdotales , chaque homme est marqué dans le monde religieux suivant
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deux OU trois classifications auxquelles il ne lui est p^s permis d'échapper. Vous êtes catholique, c'est bien ; votre curé peut seul vous enseigner votre Dieu. Vous, protestant, vous appartenez au pasteur. Et vous, juif, allez à votre rabbin. Voilà toute la classification. Quant à celui q^ii ne veut se renfermer exclusivement ni dans Tune ni dans l'autre de ces spécifications, il est censé ne pas exister au point de vue religieux.
La société a fait trois cases; vous pouvez, dhoisir entre elles. Hors de là, il n'y a rien- Car, remarquez que j'ai bien la liberté de choisir l'une de ces religions , que chacune d'elles est considérée comme infaillible isolément , mais qu'il faut absolument me renfermer dans l'une ou dans l'autre. Si je m'élevais à une pensée qui les renfermât toutes trois, si j'inculquais dans le cœur de l'enfant une pensée assez grande, un idéal assez vaste pour les einbrasser toutes dans un principe commun d'adoration, ce serait là une abomination philosophique, un panihéisme infernal.
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Voilà donc trois vérités supi éities , également sacrées, également indiscutables, qui toutes portent également le sceau de rÉlat;jesuis condamnée accepter Tune d'elles à la condition de maudire les deux autres ; et si je veux les concilier dans le cœur de Tenfant , c'est , selon vous , une doctrine abominable. Avouez , du moins , que le résultat est étrange.
Il n'y a pas longtemps que je rencontrai un homme de bon.conseil, ancien officier de hussards, nouvellement versé dans la théologie, excellent libéral d'ailleurs et appuyant tout ce que réclame le bien de la religion.
Vous m'embarrassez , lui dis-je , en l'abordant ; je voudrais ne pas desobéir à la loi et surtout ne pas attaquer la religion.. Je ne .sais comment faire; éclairez- moi. — Voyons» me dit-il, et soyez bref. — Première question : Étant catholique , si je démontre que le protestantisme est une religion fausse , est-ce que j'attaque la religion? — Nullement, reprit-il. — Bien ! lui dis-je ; et ^i, étant protestant , je démontre
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que le catholicisme n'a pas la vraie foi ? — La chose est plus difficile. Nous vous Taccordons néanmoins, en prenant vos pré* cautions. — Â la bonne heure, lui dis^je; et si , étant juif, je démontre que le protestantisme et le catholicisme sont dans le feux ? — Cela fait question. Màh enfin à la rigueur cela pourrait encore passer.
— Sur ces réponses , reprenant courage, je poursuivis et je lui dis t Vraiment vous êtes plus libéraux que Ton ne pense. Puisque j'ai la faculté de repousèer chacune de ces églises eu particulier , il va de soi que rien ne m'empéchè de les combattre toutes trois ensemble.
— Arrêtez - vous , me dit-il , Vous ne le pouvez. — En sorte, lui répondis-je, que je peux bien répudier deux religions sur trois, mais je suis obligé à tout prix de me conformer dans renseignement à la troisième.
— Précisément, c'est cela. — Mais si je ne puis les réfuter toutes trois , sans doute il m'est permis de les réunir? — Oh! pour cela, impossible 1 Détrûmpe2-vous ; ce serait
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là une erreur capitale. C est ce que Ton appelle panthéisme. — Ainsi, lui dis«*je , d aprèâ la théologie de ces messieurs, je ûè puis ni les réfuter toutes, ni les con<:ilier toutes. — Non certaitiement, il faut choisir; dépêchez-vous. — Eh bien, je veuxsupposer que je m'appuie sur une autre religion. — De laquelle parlez-vous ?
s'écria-t-il avec étonnement* L*État n'en reconnaît que trois ou quatre au plus. — « Mais enfin si j'en invoquais une cinquième?
— Ce serait alors un club, puisqu'elle n est point salariée* ^-^ Le caractère qui dis^ tingue , seloa vous , une religion posi^ tiye, vraie, d'avec une religion fausse, c'est donc d'être salariée? — «- Apparemment. — Quoi ! ce culte intérieur, cette conscience du divin que je rencontre en moi sans consulter aucun prêtre? - — Alloue donc ! cela ne compte pas légalement, et ne peut en rien vous empêcher d'.putragef là religion. *— Une dernière question, lui dis-je. — *• Laquelle? — La voici : Pourrais-je au todins préférer hardiment,
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hautement la philosophie au Coran ? — ; Attendez , me dit-il , appliquons ici notre grand principe. — • Lequel, lui dis-je ? — Comment, reprit il, Tavez-vous déjà publié?
Le Coran est-il salarié , ou ne Test-il pas ? — Il Test, Un dis-je. — S^il est salarié, mon cher , il doit vous être sacré. — -Votrp théologie est bizarre, lui dis-je. — Elle est telle*, reprit-il, en terminant la conversation avec un peu d'humeur.
Voyez donc queldésordred'idées, quand vous voulez , sans ramener par le fer l'unité de croyance, détruire la liberté de discussion religieuse ! Il faut absolument que nous sachions ce que la société nou* velle entend par ces mots : Attaquer la religion.
Un homme enseigne publiquement, dans son catéchisme , que ses ancêtres ont fort bien fait de mettre le Christ en croix , qu'il faudrait recommencer aujourd'hui même s'il revenait sur la terre ; que les scènes du Calvaire et de la passion n'ont été que justice ; que le Christ est un faux prophète;
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qu il faut, comme tel, continuer à lapider sa mémoire, de générations en générations.
Cet homme n'attaque pas le christianisme^ car il est juif ; bien loin d'être réprimé, il est peut-être ministre.
Un autre professe publiquement aussi dans son catéchisme que Luther et Calvin ont été des hommes incomparables, pour avoir renversé la papauté dans la moitié de l'Europe; qu'il faut persévérer dans cette haine de l'église romaine; que, selon les paroles du premier réformateur, elle est Ja Babylone des prophètes. Cet homme n'attaque poiiit le catholicisme, car il est protestant; et il parle dans un temple devant des milliers d'auditeurs.
Il aura aussi sa part dans le pouvoir de l'État.
Un troisième parait ; il . professe , il enseigne publiquement, toujours dans son catéchisme, que le judaïsme est un déicide; le protestantisme , une religion menteuse, dévouée à l'enfer. Cet homme n'attaque ni le judaïsme, ni le protestjantisme, car il est
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catholique. Il ne parle guère que danâ qûà^ rante*huit mille chaires, !è même jour et à la même heure. C'est à lui qu'appartiendra là direction de rËtat.
Voyant cela , un quatrième personnage s6 présente modestement. Il répète en termes froids le jugemeiit qu*ii vient â*en<tendre proiféref avec priifilége îoïSeiel pè,t sfM trois prédécesseurs; ^'accepte; dit-iT^ toutes leurs conclusions ; puis s'inclinànt , ne pourrais-^je pas, ajoute-t-il, avoh* aussi ma part dailë FÊtat^ puijique je résume, en ausii bons termes que je le puis , ce qui est professé par les tmis dignitaires qui ont parlé avant moi ?*^ Qui étes-voust luiditoû* — Philosophe, répond-il. — C'eét autre chose, mon ami^ Tout ce que ces meâsietirâ ont dit les uns des autres est excellent et reUgieux dans leur bouche; passant dans la vôtre, cela devient crime , impiété. Vous outragée: la religion. Non seulement vous n aurez aucune dignité, mais vous irez ce soir coucher à la Conciergerie, — Veuillez Août m*expliquer cette antiiiomiô , diâait41
en se retirant à 9on gardien. Si j av^iç dit les mêmes choses comme sectaire, je serais à la tête de la patiQu, Je les ai dites cpmme philosophe, je sais ep prison. ~ Précisément, dit le gardien, voilà la porte, ^r- C'est dommage! dit le philosophe j je ne saurîii jamais quelle méthode ih eiQploient poiir découvrir si je parle comme philosophe ou comme sectaire. ^-^ Entrez tQUJonrs , dit le gardien; et il ferm^ la porte h trois verrous.
Que Ion uoe dise ouverteipent «i la liberté que la France avait au xv* siècle, la France l'a perdue au xix*, s'il est loisible de demander, comme le faisaient les Clémengis, les Gerson, la réformat,ion radicale de rÉglise; ou bien si toute controverse est close à ce sujet ; si chaque église est désormais sous le scellé officiel; si la discussion n'a.plus le droit d'y entrer.
Dans le mélange nouveau qui s'accomplit sous nos yeux, des sectes religie vises et des coteries politiques, nul ne sait plus où commence , où finit son droit de créature
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morale. Le domaine spirituel, agrandi du domaine de la police, où commence-t-il^ où finit-il? Que faire pour les séparer, pour les distinguer? Dans ce cbaôs où chaque théogonie est gardée par uii espion , que l'on me dise ce que j'ai le droit d'imaginer, de nier, d affirmer. De quelque côté de l'univers moral que je me tourne, je vois un infini sous la main de la police.
Tant que la foi est la règle des choses religieuses, chacun sait parfaitement ce qui est interdit ou loisible dans ces fi^atières; mais lorsque c'est la politique qui détermine la part de respect due aux croyances, la . plus grande incertitude ^'établit sur les limites de la liberté de discussion. Dans le temps où le catholicisme était seul la religion d*État, je savais positivement que le protestantisme et le judaïsme restaient abandonnés à la libre discussion philosophique. Mais aujourd'hui dites^moi^ de grâce, où finit, où s'arrête le droit?
Le catholicisme descend-il au rang de ces cultes qu'il était parfaitement loisible à
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