Descartes. Disc, de la M^th., vi" parlie
72 L'ENSEIGiNEMKNT INTEGRAL
Admirez comment I'objet de nos etudes se precise et se resserre : en nous les principes ou le possible ; hors de nous, le r6el qui le d^limite et le retrecit; dansle r6el, Futile qui seul nous imporle pour assurer, rdgler et embellir notre vie. Tout le reste est vanite, ostentation.
Fort de ces deux principes de Tegalite native des raisons et de I'inneild fonci^re des principes de la science, Descartes poursuit d'une ironie cruelle et vengeresse ces savants qui ne sont que des 6rudits, ces docteurs qui ne sont pas doctes, et dont Tesprit vdg^te ^touff^ sous i un fatras de grec et de latin. Aristocratic intellectuelle aux temps d'ignorance, pl^be deconsid^r^e des que Tastre de la science moderne s'est lev6. Descartes pousse m^me jusqu'a Tingratitude ce m6pris des connaissances qui gonflent Tesprit et le st6rilisent : il est bien persuade qu'il n'eut fait ni plus ni moins de d6couvertes dans la science, si son p^re ne lui eiit fait apprendre ni le grec ni le latin, ni ce laborieux cours d'etudes au bout duquel « on a coutume d'etre regu entre les doctes ». Quand vous saurez le latin vous serez tout juste aussi avancd que la lille de Ciceron en sortant de nourrice! Abondance de lectures, indigence d'esprit. Savoir universel, encyclopedique ignorance. « II n'est pas necessaire que Thonn^te homme ait lu lous les livres, ni qu'il ait appris avec soin tout ce qu'on enseigne dans les ^coles ; bien plus, ce serait un vice