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v. Baillet. Addition au chap, onzieme du seplieme livre

LES IDEES DIRECTHiCES DE L'^DUCATION CHEZ DESCARTES 87

versit6, puisqu'il n'est pas bachelier; ce n'est pas a TEnseignemenlprofessionnel, puisqu'il sail son metier. Voila une impasse de notre systeme national d'6ducation. Je ne vois qu'une r^ponse a iui faire si Ton veut parler avec sincerity et ne point le leurrer d'espdrances chim^riqiies : passez votre chemin, bonhomme, la r^publique n'a que faire d'un malh^maticien et d'un astronome sans dipl6mes; elle est,de ce c6t6, abondamment pourvue; au banquet de la science il n'y a pas place pour un convive de plus ; vous y seriez un intrus et un trouble-ffete.

II y aurait une rare m6connaissance des temps et des moeurs a pr^tendre qu'il n'en fiit pas de mfeme, et pis encore, au xvii® si^cle. II n'est pas permis d'oublier deux choses : un Descartes, m^me au grand si^cle, est une exception ;etrouvrier,le paysan,pourvu d'un education 6l6mentaire, une autre exception aussi rare peut-^tre que la premiere. Nousignoronstropn^anmoinsqu'ily eut au XVII® sidcle un enseignement sinon populaire, du moins public, qui n'avait rien d'oflBciel et qu'il n'est pas toujours ais6 de reconstituer, mais dont Tinfluence a 6t6 considerable. Descartes y prit une grande part. On pent dire que c'est par des cours autant que par ses livres qu'il r^pandit sa philosophic. La forme des cours publics duxvn® si^cle 6tait tr^s simple, tres naturelle et directement d^riv^e de cet esprit de politesse qui caract^risait Paris et la France. On se rassemblait chez un protecteur ou simplement chez un amateur de science ;

un coiirs dtait constitu^ et une petite academic se fondait. Tout le monde, il est vrai,n'^tait pas admis h ces reunions et, de cec6te, notre soci^te d^mocratique reprend 6vid(?mment ses avantages. Mais ce n'dtaient ni la naissance, ni le rang, ni la fortune qui en d6cidaient exclusivement ; pour faire partie d'un cenacle il suffisait d'avoir beaucoup de savoir-vivre et un pen de reputation, en un mot, d'etre classe sans conteste parmi les « honnetes gens ». Les savants de profession etaient m^me toieres plut6t que sollicites ; on avait horreur des pedants de robecourteetderobelonguequi,d'ailleurs,prenaientleur revanche dans d'autres cercles et devant un autre public. On observait naturellement les articles suivants des stastuts que Descartes devait un jour, en souvenir sans doute de ces reunions, proposer a la reine Christine quand elle voulut fonder une Academic: « Art. l®^Chacun de ceux qui seront rcQUs dans cette Asscmblee aura son tour, tant pour proposer la question que pour Texpliqucr. Et tons retiendront toujours le mfeme ordre entre cux, afin d'evitcr la confusion. — Art. 6. L'on s'ecoutera parler les uns les autres avec douceur et respect, sans faire paraitre jamais de mepris pour ce qui se dit dans TAsscmbiee. — Art. 7. L'on ne s'etudiera point 8i se contrcdire, mais seulement a rcchercher la verite^ » On priait done les personnes instruites de

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