‹ L'enseignement intégralChapitre 20 sur 90 · LES ID^ES DIRECTRICES DE L'^DUCATION CHEZ DESCARTES · texte numérisé non relu

LES ID^ES DIRECTRICES DE L'^DUCATION CHEZ DESCARTES

peu r6pondirent h cet appel et se mirent en route pour saluer, dans ces montagnes de la Boh^me ou Descartes fit ses premieres dccouvertes et d'oii s'felanga la pens6e frangaisc destin6ek conqu^rirTEurope, ces philosophes et ces math6maticiens de haute intelligence et de vaillant coeur, qui glorifiaient le plus grand des frangais par une initiative que la France trop oublieuse de ses gloires nationales negligeait de revendiquer ! A la gloire de Descartes, il ne manque rien, sinon Taur^ole dela popularity : le peuple ne sait pas qu'il est le grand lib6rateur de la pens^.e. D'Alibert connaissait bien le coeur de son ami : quand il lui fit h Paris de solennelles funerailles il voulut que le cortege ne se compos&t pas seulement de grands seigneurs dans leurs carrosses (( remplis de personnes de la premiere quality » et de savants rev^tus de leurs insignes, mais qu'il fiit honors (( d'un nombre tr^s grand de Pauvres, rev^tus de neuf au nom du d^funt, portant des torches et des flambeaux, » double symbole tres expressif, les habits neufs du progr^s materiel que Descartes demandait a la science, les torches et les flambeaux de cette lumi^re intellectuelle qu'il voulaitallumerdans les intelligences les plus humbles. Mais, puisquenous entronsdans Tall^gorie, voici qui est encore bien significatif. La d6pouille mortelle de Descartes, dans son triple cercueil, traversa sans encombre toute TEurope, « le Juthland, la basse Allemagne, la HoUande et la Flandre. » On redoutait

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les Anglais, ce qui lit ^viter la mer, « car si ce precieux ddp6t 6tait tombd entre les mains des Anglais, parmi lesquelsM. Descartes avait deja une infinite d'adorateurs, ils auraient refusd de le rendre,etlui auraient 6\ev6 un magnifique mausolc^e dans leur pays, sous pr6texle de dresser un temple a la Philosophic ». Mais arrives h PdronneenPicardie, ceux qui en avaientla garde furent bien embarrasses: « ils furent arr6tds par les douaniers comme introducteurs de quelque marchandise de contrebande. » Enfm, au moment oil le pan^gyriste de Descartes allait, a la fin de la c^r^monie des fundrailles, monter en chaire pour prononcer Toraison fun^bre, un ordre de la coiir arriva soudain: defense de faire en France le pan^gyrique de Descartes. Cette defense, il semblequ'ellene soitpas encore levee, puisque Paris n'a nir^par^ I'injustice ni relevd Tinjure en ^levant a Descartes un monument digne de lui, pas m6me une de ces maigres statues dont notre temps est si prodigue.

Dick frappe encore k la porte de la science, mais, sur Texemple de Descartes, il est devenu plus fier: il demande la science aTEtatnona unparticulier. II est aussi devenu plus puissant et son bulletin de vote en a fait notre maitre h tons. II ne demande pas mieux que de s'61ever au niveau intellectuel de sa propre souverainet^. Le renvoyer brutalement, on n'oserait; mais, puisqu'ii a passd r^ge de Tecole primaireetde Tenseignement prolessionnel, on nc sait trop qu'en faire et les uns le payent

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