THEORIE POSITIVISTE DE L'I^]DUCATION
pas seulement alors que la mati^re n'explique pas tout dans rhomme, et queerest rintelHgence qui, en grande partie du moins, rend raison de la mali^re ; comme Pascal, il mit aU'dessus de la mati^jre elle-m^me, qui est encore, a certains 6gards, comme le physique de Tesprit, ce qui en est par excellence le moral, les facultes morales proprementdites, les facultes affectives. Uhomme lui apparut comme devant s'expliquer par son coBur. L'intelligence est faite, dit-il alors, pour 6tre serve, le coeur pour 6tre le maitre. L'intelligence n'existe que pour servir aux fins de nos affections. Ces fins se r^sument en une chose, le bien, objet de Tamour. L'amour est le mol, le secret de la nature humaine. Ce n'est pas tout ; il est le secret du monde. » Je ne saisrien de plus noble et de plus r^confortant, surtout quand on a la memoire pleine de tant de diatribes haineuses d'adversaires qui ressemblentk des ennemis et de contradicteurs qui prennent le ton d'inquisiteurs, que cet impartial et Sclatant hommage d'un philosophe dont la doctrine est h Tautre p6le de la pens6e humaine. Cela console des mediocrit6s venimeuses et aboyantes, des ministres de HoUande accusant Descartes d'ath^isme, au moment oil il inventait de nouvelles preuves de Texistencede Dieu, de certains rh^teurs 6clectiques declarant materialisteet ath6e,dans leurs vaines declamations, le philosophe qui conclut qu'apr^s tout la mati^re est inconnaissable et que I'athee est le plus retrograde des
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th^ologiens. Malheureusement les haines n'ont pas d^sarm^. On enseigne encore que le positivisme est « une sorte d'antichristianisme », que c'est la son essence et sa raison d'etre, qu'il ne subsiste que comme centre de ralliement de tout ce qui est « contraire au spiritualisme, contraire a Dieu », bref, que Comte n'est pas un philosophe mais TAnt^christ, et que sa doctrine est « une hideuse caricature que Lucifer lui-m6me r^volt^ contre Dieu entreprend d'^tablir* ». Essayons toutefois, sans effroi mais aussi sans illusions, de suivre les Descartes et les Comte, de metlre au point leur oeuvre commune, de Tadapteraux exigences du temps present, bref, d'6difier avec les mat6riauxqu'ils nous fournissent, mais sur un plan nouveau, Tddifice satanique de Tenseignement integral.
1. R. P. Gruber, S. J. Auguste Comie, fondateur du positivisme. Preface de M. 0116 Laprune, pp. xv et 331.