II. Spencer. V education, p
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reproche que faisait Mill k Coiute : Temploi des roots unit^, unification, systfeme, systdmatisation, I'irritait ; il y voyait une maladie de Tespril frangais, toujours pr6occup6 d'id^es g^n6rales, peut-Mre parce qu'il sent d'instinct que ce sont aussi les idees g^n6reuses. Mais la nature elle-m^me, qu'il faut sans cesseconsulter, proc^de toujours par syst^me et n'admet la vie que dans I'unite : une fleur, un arbre, ce sont des syst^mes et des theories en action. II faudrait done prouVer que le systeme et la th^orie sont fausses et les d^truire en les remplaQant. Le critique poursuit : « pensez-vous que nous aurions r^ussi, si au d6but nous avions propose aux cinq cent mille jeunes gens qui sont venus aux cours du soir, un programme de si longue haleine, si vaste a la fois et si arrete? Ne Teut-on pas jug6 trop elevd, trop pen accessible au savoir actuel des adolescents? N'eut-il pas 6cart6 les auditeurs par I'ambition de ses vues? » On ne saurait mieux dire; toute occasion de rendrepleine justice aces initiateursqui, pour id6e directrice ont eu surlout leur ardent d^vouement a la cause de rinstruction populaire, est la bienvenue. Maisce qui n'6tait pas possible hier est peut-6tre possible aujourd'hui et sera r^alis^ demain. On raconte d'un peintre c61^bre que, dans la fougue de Tinspiration, son crayon jetait sur le papier des lignes bizarres, bris6es, entrecoupdes, enchev^trees, lignes en zigzag, rectilignes, curvilignes, un fouillis de noir et de blanc oil Foeil se perdait, mais
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que tout a coup, quelques coups de crayons d6gageaient I'image confuse et le sens envelopp^ : des figures parfaitement netles et expressives sortaient du chaos et se d6tachaient avec unmerveilleax relief. Ainsi ont proc(5de nos devanciers : quelques coups de crayon qu'eux seuls peuvent donner, quelques grandes lignes generatrices des formes et des reliefs, et TcRuvre s'ach5ve et s'impose.
Voulez-vous une preuve experimentale de cette Evolution progressive de ^homog^ne a Thetdrog^ne ? II y a vingt ans, le fond de Fenseignement professionnel eiait encore uniformement la lecture et r^criture ; il y a dix ans, ces cours eldmentaires etaient presque partout supprimes. C'est que Tinstruction primaire s^etait, dans cet intervalle, elev^e et generalisee. J'ai entendu un orateur donner de cette evolutionune formule saisissante : « Nous ne sommes plus exposes, disait-il, k voir un homme de 2S ans monter sur Testrade et recevoir le compliment que je lui faisais alors ; je vous felicite, etant homme, de rdparer Finjure faite a Tenfant. » II y a plus: Tenseignement professionnel du Rh6ne crdait hier un cours de mathematiques specia/es\ Je ne blame ni n'approuve ; je constate que, d'apr^s les statuts, il fallait que ce cours flit demande par « au moins vingt el^ves ». Quelle
1. On ra'avertit que cette expression est prise dans un sens different de son deception ordinaire; il s'agit n^annioins d'un cnseignement th6orique des uialh^matiques.
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leQon de choses pour ceux qui croient impossible une s^rie de cours th^oriques ou certainement ne figureront pas les math6matiques sp^ciales! Soyons done plus confiants: a cheminer en plaine seulement, T^quipage suait, soufflait, 6lait rendu ; le voici lanc^ dans Ic chemin qui monte, sablonneux sans doute et malaisd, mais il est en haleine el, s'il a des obstacles a franchir, tous vont s'atteler au timon, ou pousser a la roue, sans compter la mouche du coche, qui excitera les courages. On indiquera aussi des routes plus aisles, des « routes royales », mais il ne faudra pas se laisser tenter par les raccourcis dans le genre de celui que nous montre du doigt notre critique. II nous propose et nous oppose, en effet, un autre programme ainsi r6sumd : « Sciences, arts, lettres, histoires des institutions, tout y est combing dans une habile mesure d'harmonie et d'dquilibre. » Tout! voila justement ce que je craignais: sept sciences fondamentales c'est trop, je le veux bien; mais toutes les sciences et tous les arts, sans compter les lettres, c'esl beaucoup trop peu !