‹ L'enseignement obligatoire [microforme]Chapitre 15 sur 27 · ON NE VEUT PAS · texte numérisé non relu

ON NE VEUT PAS

Chaque fois qu’on s'éloigne de la vérité et de la nature, la vérité et la nature se vengent ; elles se vengent parfois par les conséquences les plus inattendues.

Sans doute, on ne veut pas, par l'instruction obligatoire, détourner l’homme des travaux de la terre. Le travail manuel est le sort commun de tous les hommes à qui il a été dit : “ Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front, ” travail sain, qui n’inspire ni l’orgueil ni la révolte, qui n’avilit personne et qui laisse l’homme en face de la nature et de Dieu.

On ne veut pas détourner l’homme des travaux de la terre. On ne veut pas forcer tous les enfants à suivre un

cours d'instruction secondaire. À Dieu ne plaise qu’on pousse maintcuant à l'encombrement des professions libérales ! Ces études que l’on trouve trop longues, peu pratiques, et qui déclassent ceux qui n’en ont pas suffisamment profité !

On ne veut pas sans doute détourner de la terre vers les collèges commerciaux tant de jeunes gens que fascine la vie des grandes villes et qui, ayant appris à tenir des livres, cherchent des livres à tenir dans les maisons de commerce. Non, le nombre est déjà trop grand de ceux qui s’éloignent de la campagne pour vivre de leur écriture.

On ne veut pas non plus, je suppose, arracher à la terre pour les jeter dans les usines, tant de bras vigoureux qui pourraient tenir la charrue. Ceux-là non plus, ne faites rien pour les déraciner : laissez l’école technique aux enfants des villes.

Si encore on pouvait espérer conduire jusqu’à l’école d’agriculture le fils du cultivateur ! Mais je laisse aux experts de dire si même l’enseignement agricole n’est pas le privilège d’une élite destinée à agir par l’exemple et l’ému!. ", plutôt

que le partage irréalisable de tous les enfants dei agne. Je doute que tous les esprits soient ouverts à la | 4 enricole.

Mais prenez garde que des lois coercitives n’apporteut un trouble trop profond dans la population la plus paisible du pays.

On s’est plaint du défaut de fréquentation des écoles de campagne. Si cela est prouvé, je serais le premier à le déplorer. Malgré cela, le peuple de nos campagnes est enccre ce qu’il y a de plus heureux dans notre pays, sans excepter les gens instruits ; et l’on pourrait se demander si la menace contenue dans l’instruction obligatoire ne compense pas le bonheur qu’elle pourrait procurer à quelques récalcitrants.

Encore une fois, ne troublez pas l’ordre de la nsture : cela produit d’étranges résultats.

er op

PR

Page 1