‹ L'enseignement obligatoire [microforme]Chapitre 18 sur 27 · EN PLEIN SOCIALISME · texte numérisé non relu

EN PLEIN SOCIALISME

Mais la pire des tyrannies socialistes est celle de l’enseignement obligatoire, celle qui ravit l’âme de l’enfant et détruit sa conscience, parce que la conscience de l’enfant n’est pas libre, et elle n’est en sûreté que dans la maison paternelle.

La malédiction du Christ pèse sur ceux qui scandalisent un de ces petits.

Rs

Du temps de Herbert Spencer il n’était pas question de la santé gratuite et obligatoire ; mais le temps a marché. On parle en Angleterre d’un ministère de la santé, et en Écosse on proteste violemment contre la réglementation contenue en germe dans ce ministère.

Pour moi, je n’y vois aucun mal en soi, et je prévois même que, bien ou mal, nous aurons la chose avant longtemps. Mais la santé ce n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan du bien que l’État peut entreprendre. Il n’est pas une organisation ou société de bienfaisance qui ne demande des lois pour l’aider à réaliser le bonheur de l’iumanité. Et cela ouvre des horizons illimités au fonctionnarisme. Après tout, nous sommes destinés à devenir les rouages d’une machine compliquée, dans laquelle nous n’aurons pas d’autre fonction que celle de subir la force qui nous fera mouvoir. La machine existe déjà ; il s’agit de la perfectionner, et tout le monde y travaille. On connait la page célèbre de Donoso Cortès qui montre la nécessité de la répression externe grandissant en raison inverse de l'influence religieuse.

Depuis Donoso Cortès, on a perfectionné l’outillage de la force. Après les armées permanentes, la gendarmerie, la centralisation administrative, nous allons à l’étatisme ; c’est nécessaire et fatal, puisque nous avons enlevé à l’initiative privée le stimu:ant et le lien de la charité.

La charité s’est refroidie dans le monde : la nébuleuse se contracte, le noyau central absorbe tout ; il suit son évolution naturelle, car le surnaturel en est sorti...

Nous n’enrayerons pas le mouvement qui nous emporte ; mais retardons, si nous le pouvons, son allure.

Le monde a mis du temps à s’organiser ; aujourd’hui son mouvement s'accélère, il va trop vite : l’organisation à outrance, voilà le principe dont l’exagération nous fera périr. Qui va piano va sano, disait la sagesse des nations. Mais qu'est devenue la sagesse des nations ?

Page 1