CEUX QUI MÈNENT
Mais l’État, qui réclame le droit d'enseigner, qui est-il ? Louis XIV disait : ‘“ L'État, c’est moi.’ De nos jours, l'État, ce peut être moi, et ce peut être mon voisin. Mon voisin peut être la voix qui détermine la majorité dans le Parlement. L'État, c’est 2,000,000 de citoyens, plus un, imposant leur volonté à 2,000,000 d’autres citoyens, à qui il manque une voix pour être la majorité. L'État, ce n’est même pas cela, c’est peut-être une minorité active qui s’impose à une majorité inerte.
Un journal de cette ville disait ces jours derniers ces paroles que nous traduisons :
‘ Dans une élection chaudement contestée on peut réussir à faire voter ‘soixante pour cent des électeurs peut-être ; mais dans une élection où les ‘ chances sont toutes d’un côté, cette proportion tombe à moins de cin- ‘ quante pour cent, Ceux qui votent ordinairement sont : le partisan ‘‘ actif, le partisan mécontent, l’égofste qui travaille pour son intérêt per- ‘sonnel, et une petite proportion de citoyens consciencieux.”— (The Quebec Chronicle, 4 fév., 1919.)
Ce tableau est-il fidèle ?
Voilà ceux qui représentent l'opinion publique ! Heureusement qu'en pratique, les électeurs trouvent mieux que les députés qu'ils méritent !
Je ne nie pas que ce système de gouvernement en vaut un autre. Je dis cela seulement pour démontrer que la
majorité, c'est quelqu’un qui m’impose sa volonté sans avoir nécessairement raison.
Et s’il en est ainsi, je dis qu’il doit avoir au moins le droit de me l’imposer pour prétendre le faire.