‹ L'enseignement pratique de l'hygiène à la Faculté de Médecine de Paris: Musée - Excursions - LaboratoireChapitre 16 sur 27 · TEA · texte numérisé non relu

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6° Cilés insulubres.

La cité Jeanne-d’Are est située rue Jeanne-d’Arc dans le treizième arrondissement. L'air est excellent dans ce quartier, les rues sont larges et bien entretenues, et c’est en retrait sur ces belles voies que se trouvent ces affreux réduits qui avec ceux de la cité Dorée et de la cité des Kroumirs sont aussi dangereux et aussi nuisibles pour la santé morale que pour Ja santé publique.

La cité Jeanne-d’Arc comprend plusieurs bâtiments de cinq étages ; on y compte 4200 locations, et une population de

:2000 individus.

Le sol des passages est absolument dégradé ; on y trouve de place en place des excavations dans lesquelles les eaux ménagères croupissent et se putréfient. Les cages d’escaliers sont très sombres jusqu’au troisième étage et très malpropres.

L’infection part du rez-de-chaussée où s'ouvrent les caves, renfermant des appareils fillrants mal entretenus; ces appareils sont rarement vidés et débordent. L’infection se propage par les cabinets de chaque étage qui sont tous à trous béanés et dépourvus de portes.

Les couloirs desservant les logements sontsombres et empestés. Les logements sont sales ; chez les uns les panneaux des portes manquent ; dans d'autres on ne peut ouvrir les fenètres ; quelques-uns sont traversés par des tuyaux de descente dont les Joints ne sont pas cimentés.

Les cours et les passages reçoivent les ordures de tous les étages et sont de véritables égoûts à ciel ouvert.

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Le rez-de-chaussée est surtout occupé par des chiffonniers, qui pour tout meuble n’ont que les tas récoltés dans leurs pérégrinations : verres cassés, ferrailles, os, peaux de lapins, graisses. Notons qu'il y a en France 300.000 individus occupés à cette industrie ; à Paris il y en a 73.000, et il ne faut pas oublier qu’en principe il n’y a pas de petites industries, car la plupart de ces gens gagnent leur vie.

Le prix de ces logements est très élevé; il se paie à la semaine et d'avance. Il est impossible de comprendre comment on peut oser demander de tels loyers pour des cloaques et des masures bonnes tout au plus à abriter des animaux. Evidemment, pour que des ouvriers subissent ces taudis, il faut que la misère les accable, ou que le désordre les condamne à se courber devant toutes les exigences.

Depuis notre visite, le service d'inspection sanitaire a été réorganisé; il se compose de médecins et d'architectes dont les prescriptions sont notifiées par les commissaires de police qui sont chargés d’en constater l'exécution.

La cité Jeanne d’Arc, elle aussi, a été transformée. Une cité ouvrière modèle existe actuellement à l’emplacement de ce foyer d’épidémie, au grand bénéfice des usines des alentours.

Il serait à désirer que les sociétés philanthropiques élevassent beaucoup de semblables cités.

7° Exposition universelle.

De nombreuses excursions ont été faites à l’Exposition, mais la description détaillée de tout ce qui concernait l'hy-

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giène ne peut assurément entrer dans le plan de ce modeste travail. Des auteurs plus compétents ont déjà livré à la puplicité des écrits très intéressants rapportant méthodiquement ét en détail tout ce qui pouvait attirer l'attention de lhygiéniste. ù

Du reste, parcourir les galeries du palais de l'hygiène ou celles du génie sanitaire, équivaudrait à une promenade dans un musée d'hygiène, et comme nous avons déjà traité cette question, nous nous abstiendrons d'y revenir. De mème il nous serait assez difficile d'exposer à un point de vue hygiénique nos visites à la Tour Eiffel ou à l’histoire de l'habitation.

Mais il est une partie de l'Exposition dont nous croyons devoir parler: c'est le pavillon de la ville de Paris concernant le service municipal. M. Bechmann, ingénieur en chef des Ponts-et-Chaussées, directeur du service des eaux, en a exposé toutes les richesses devant la société de médecine publique. Nous ne craindrons pas de lui emprunter une bonne partie des faits que nous allons mettre sous les yeux du lecteur, qui sera ainsi dispensé de nous suivre dans le récit des excursions que nous avons faites dans les service dépendant de la ville : égoûts, réservoirs... etc.

Maison salubre et insalubre. — L'assainissement doit être surtout pratique dans les maisons particulières ; c'est là que tous les effors des hygiénistes doivent tendre à réaliser une transformation radicale. Or, après de longues et mémorables discussions, les règles sont maintenant posées et bien posées. Il reste à en faire sentir la nécessité, à en propager la connaissance, à en assurer l'application ; aussi le service municipal a voulu essayer de rendre palpable aux yeux de tous,

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