‹ L'enseignement pratique de l'hygiène à la Faculté de Médecine de Paris: Musée - Excursions - LaboratoireChapitre 4 sur 27 · CHAPITRE PREMIER GÉNÉRALITÉS. HISTORIQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER GÉNÉRALITÉS. HISTORIQUE

« De toutes les parties de la médecine, celle qui traite de « la conservation de la santé, qu'on nomme Hygieine ou « Dietetique, semble estre la plus belle, la plus recomman- « dable, et la plus nécessaire, aussi bien qu'elle est Ja plus « difficile pour la grande quantité des choses qui sont trai- « tées en icelle (1) ». Lorsque Gui-Patin écrivait ces lignes en 1632, l'importance de l'hygiène était déjà reconnue depuis longtemps, puisque dès 1468, la Faculté de Médecine avait pris un arrêté prescrivant la soutenance de thèses cardinales, et l’article 17 des statuts établissait que le sujet de cette thèse serait pris dans l'hygiène (2).

Depuis lors la science a marché à pas de géants, et l’hygiène s’est enrichie de toutes les découvertes, de tous les progrès, et est devenue une branche importante de nos connaissances.

Et cependant, il est des choses, nous dit Corlieu, que tout le monde croit savoir d’instinct, c’est-à-dire sans jamais les avoir apprises : la politique et l'hygiène sont de ce nombre. C'est que, comme nous l'explique Vallin (3), il y a deux sor-

1. Traité de la conservation de la santé, Gui-Patin, 1632. Voir thèse de Larrieu, 1889.

2. L'hygiène à la Faculté de Médecine de Paris, À. Gorlieu. Revue scientifique, 1881.

. 3. Revue d'hygiène, 1879.

Te

tes d'hygiène. L'une.est ce qu’on pourrait appeler l'hygiène vulgaire ; c’est un ensemble de notionsélémentaires d’anatomie et de physiologie, de généralités sur la structure du corps et le fonctionnement des organes ; on y joint quelques recommandations hygiéniques qui peuvent se résumer en ces sages préceptes: il ne faut pas s’exposer aux refroidissements.. Ne faites pas d’excés.. C’est cet ensemble de vérités incontestables que sous le nom d’hygiène on enseigne avec raison dans les écoles. Mais ce n’est pas plus l'hygiène que « la médecine des familles », que « les premiers soins à donner avant l’arrivée du médecin », ne constituent la pathologie ou la thérapeutique. Ce titre contribue même à la discréditer ; l'homme du monde quia du bon sens, de l’instruction, de la lecture, a bien vite approfondi cette soi-disant hygiène; il ne connaît que celle-là, et il acquiert sans peine la conviction qu'elle n’a pas plus pour lui de mystères.

Mais à côté de cette hygiène prétentieuse ou naïve et banale, il en est une autre véritablement scientifique, et qui est digne d’absorber l’activité de médecins sérieux.

Qu'est-ce donc alors que l’hygiène et que comprend-elle? « L’hygiène, écrit Bertin-Sans (1), s'intéresse à tout ce qui concerne la vie humaine dans son intensité comme dans sa quantité. Tout ce qui tend à augmenter le nombre, la puissance et le bien-être de l'humanité ; tout ce qui accroît sa valeur physique et sa portée morale ; tout ce qui développe

son activité somatique et son rayonnement intellectuel, et par le fait comme il y a solidarité entre les attributs et les différentes manifestations de la personne humaine, tout ce qui

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