Dict. encyclop. des sciences médicales. Art. hygiène
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touche à l’homme de près ou de loin, tombe ainsi dans le domaine de l'hygiène, et s’y rattache soil comme but, soit au moins comme moyen.
L'art de l’hygiéniste s'appuie par conséquent sur l’ensemble des connaissances humaines ét toutes les sciences sans exception deviennent à des degrés divers ses tributaires : celles qui envisagent directement l'organisme de l’homme, le milieu physique dans lequel il est plongé ou la constitution de son support terrestre; celles qui embrassent les trois règnes de la nature, auxquels il emprunte les matériaux de son alimentation, et toutes sortes de ressources pour sa protection immédiate ; les notions relatives à la salubrité de ses habitations, à la sécurité de ses œuvres, à l'assainissement de ses villes et de ses campagnes, au logement, au transport, à la direction et à l’entretien de ses armées de terre et de mer; les études qui concernent son origine, la formation de ses races, la comparaison de ses divers types, la distribution géographique de ses maladies, les statistiques relatives à sa naissance, à sa mortalité, à la durée de sa vie, à ses chances morbides, aux différentes éventualités de ses manières d’ être, aux influences multiples de ses diverses professions ; les sciences morales qui font ressortir les relations intimes de son fonctionnement corporel avec l’évolution de ses idées, de ses volontés, de ses passions ; les sciences sociales qui envisagent ses conditions d'existence collective, son développement progressif à travers les âges comme sa répartition actuelle à la surface du globe, et jusqu'à ces problèmes complexes si étroitement liés à son avancement physique et moral, de l’organisation industrielle et commerciale, de la production et de la consommation, des régimes administratifs et de
l'intervention gouvernementale ; toutes les branches, en un mot, du savoir et de la recherche intellectuelle: la biologie et l'anthropologie, la physique, la chimie, la cosmographie et la météréologie, l’histoire naturelle dans chacune de ses divisions, botanique, zoologie, géologie et minéralogie ; l'architecture, la mécanique, le génie civil ou militaire ; l'éthnographie et la démographie ; la psychologie et la morale; l’histoire et la géographie; l’agriculture, l'industrie et le commerce ; les économies sociale, politique et législative ; l'administration intérieure des Etats et leurs rapports interpationaux, servent d’immense laboratoire à son activité et constituent à bon droit son domaine propre ».
Avec un programme aussi vaste, quel est celui qui peut se flatter d’être au courant de toutes les questions que comporte l'hygiène ? Et quels sont les moyens mis à la disposition des personnes désireuses de se perlectionner dans cette science ? Or, il faut bien le dire, l’enseignement à la Faculté de Médecine de Paris, est resté complétement théorique.
C’est ce que montrait si bien M. le D° A. J. Martin dans un mémoire lu à la Société de Médecine publique en 1884. « Pour ce qui est de l'enseignement pratique il n’en est aucun vestige. Et cependant l'enseignement pratique est organisé de telle sorte aujourd’hui à la Faculté de Médecine de Paris, pour les diverses branches des sciences médicales, que le médecin qui veut devenir un anatomiste, un anatomopathologiste, un physiologiste, même un histologiste, ou qui désire poursuivre ses études vers la chimie biologique, la physique médicale, y trouve tous les éléments dont il peut avoir besoin. Il peut s’y livrer à des recherches personnelles sous la conduite de maîtres éminents. N'y a-t-il donc pas intérêt
à permettre à ceux qui ont la légitime ambition d'approfondir l'hygiène, de poursuivre également leurs études dans ce sens. N'y a-t-il pas intérêt à pouvoir indiquer à tous les futurs médecins, grâce à cet enseignement, les notions pratiques qui leur sont indispensables pour surveiller et conseiller tout au moins en connaissance de cause, l'hygiène publique, dans les pays où ils doivent exercer » ?
Et, en effet, voilà un siècle que l'hygiène est officiellement représentée à la Faculté de Médecine de Paris et jusqu’alors l’enseignement est resté purement théorique.
Rappelons les professeurs qui ont occupé cette chaire, en nous appuyant sur les recherches si intéressantes de M. le D' Corlieu (1). La chaire d'hygiène fut créée en 1794, et eut pour premier titulaire Hallé, qui l'occupa jusqu’en 1822.
Les trois titulaires suivant n’ont laissé aucune trace sérieuse : :
Bertin, de 1822 à 1827. Andral, de 1828 à 1830. Desgenettes de 1850 à 1857.
La chaire fut mise pour la première fois au concours, et le vainqueur fut Royer-Collard, qui l’occupa de 1838 à 1850.
Il mit tous ses efforts à trouver une classification qui mettrait un peu d’ordre dans ce chaos, mais il ne sortait toujours pas des circumfusa, ingesta, etc...
Enfin à la suite du deuxième et dernier concours de la Faculté, Bouchardat occupa sa chaire de 1852 à 1886, et fut celui dont le passage a laissé les traces les plus durables. Il basa l'hygiène sur l’éuiologie, mais durant un enseignement de trente années, il n’a rien innové et rien modifié à son
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| — premier programme. Pendant ce temps l'étranger nous dépassail.
En Angleterre (1), dès 1832, à l'issue de l'épidémie de choléra, les médecins sanitaires étaient organisés. Actuellement les médecins, les ingénieurs, les architectes, etc., qui aspirent au titre de surveillant sanitaire, sont astreints à un examen spécial dit de « médecine d'état ». Les candidats trouvent dans les Instituts, et au sein de sociétés particulières, telles que la société des ingénieurs sanitaires municipaux, l'instruction assez complète qui est exigée pour les examens (2).
Mais bientôt l'Allemagne dépassa l’Angleterre, en donnant une meilleure direction à son enseignement, et le caractère dont elle a revêtu celui-ci donne une autorité qui s'affirme chaque jour par des résullats de plus en plus fructueux pour la santé publique. L’essor si considérable donné à cet enseignement est principalement dû à M. le professeur Pettenkofer: la création de son Institut d'hygiène à l’Université de Munich a donné à cette science d’application une base expérimentale.
Lui-même a raconté au dernier congrès international d'hygiène, tenu à Vienne en 1887, comment il estparvenu à créer cet enseignement en 1865 lorsqu'il fit à la Faculté de Munich la-proposition de diviser la médecine publique en médecine légale et médecine sanitaire, et de faire de l'hy-
1. L'enseignement actuel de l'hygiène dans les facultés de médecine en Europe. Læœwenthal, thèse de 1887.
2, Voir: Aj. Martin. L'enseignement de l'hygiène. Rev. d'hyg., 1884 (Conditions el questions de l’exœamen).
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