DOMINATION FRANÇAISE
Les Récollets et les Jésuites, collèges des Jésuites — Les Sulpiciena et origine du professorat laïque — Petit Séminaire de Québec et école Saint- Joachim. — Retour des Récollets. — Opinion de Garneau sur l'Etat de l'Education dans les premiers temps de la colonie. — Réfutation de ses opinions quant au rôle du clergé à l'égard de l'éducation.
Les Récollets furent les premiers instituteurs du Canada.
Le 26 avril 16 L5, les Pères Denis Jamay, Jean Dolbeau, Joseph Le Caron et le Frère Pacifique Dupleseis arrivèrent à Québec, et deux mois après, le 16 juin, le Père Dolbeau disait la messe dans la première chapelle de la ville de Champlain. (1)
Dès 1616 le Frère Pacifique Duplessis faisait l'école aux petits sauvages à Trois-Rivières. Il
(l) Chauv au.
leur enseignait la lecture, l'écriture et le catéchisme. En 1618, le Père Le Caron rendait les mêmes services à Tadoussac.
Il est plus que probable que les Pères fixés à Québec se livrèrent aussi à l'enseignement.
Aussi c'est à bon droit que les Récollets sont appelés les premiers instituteurs de la Nouvelle - France.
Néanmoins, pour être juste, il faut dire que M. Fléché, prêtre du diocèse de Langres et les RR. PP. Biard et Massé, Jésuites, arrivés à Port- Royal le premier en 1610, les seconds en 1611, furent les premiers évangélisateurs de l'Acadie.
Plus tard, en 1625, les Récollets appelèrent les Jésuites à leurs secours ; mais en 1629 les deux compagnies durent retourner en France par suite de la prise de Québec par les Kertk.
De 16 15 à 1629 ces bons religieux dirigèrent la plupart des écoles primaires avec un zèle et un succès qui leur ont mérité la reconnaissance de la colonie.
Les membres de la Compagnie de Jésus arrivèrent de nouveau à Québec en 1632.
En avril de la même année le Père Lejeune écrivait : " Je suis devenu régent au Canada ; ij'avais l'autre jour un petit sauvage d'un côté, et
un petit nègre de l'autre auxquels j'apprenais à connaître les lettres. (1) Après tant d'années de régence, me voilà enfin retourné à l'A, B, C ; mais avec un contentement et une satisfaction si grande, que je n'eusse pas voulu échanger mes. deux écoliers pour le plus bel auditoire de France."
L'année suivante le même Père disait ; " J'étais, l'an passé, maître de deux écoliers ; je suis devenu riche, j'en ai maintenant plus de
vingt mes écoliers me viennent trouver
d'une demi-lieu de loin, pour apprendre ce qui
leur est nouveau Nous finissons par le Paler
noster que j'ai composé quasi en rimes dans leur
langage, et que je leur fait chanter C'est un
plaisir de les entendre chanter dans les bois ce qu'ils ont appris ailleurs."
Ainsi les Fères Jésuites donnèrent d'abord une instruction tout élémentaire.
En 1635 le collège des Jésuites fut établi. On y reçut'des élèves l'année suivante.
Ce collège fut près d'un siècle et demi le foyer des lettres et des sciences. De 1*759 à 1872, il servit d'abord de palais de justice et ensuite de casernes militaires. Néanmoins jusqu'en 177t>
(1) Ce petit nègre avait é*é laissé par les Anglala.
les R. P. Jésuites y tinrent une école dans les quelques appartements qu'on avait laissés à leur disposition. La vie leur étant rendue alors trop pénible, ces bons religieux se consacrèrent de nouveau à l'enseignement primaire.
De 1641 à 1657, l'instruction primaire fut donnée par les R. P. Jésuites, les Révérendes Dames Ursulines, établies à Québec en 1641, par quelques laïques parcourant les campagnes, et par les bonnes mères de familles canadiennes formées chez les Ursulines ou chez les Dames de la Congrégation.