LES LEÇONS DE CHOSES
Les principes des leçons de choses sont ceux mêmes des opérations de l'entendement humain.
Et, dit Mme Pape-Carpentier :
" La méthode suit dans ses opérations la même marche que l'esprit dans ses perceptions.
" La méthode naturelle (1) n'exige des maîtres qu'une application sincère de l'esprit et l'observation des faits journaliers. Elle part de ce principe évident, que l'enfant ne prend connaissance de ce qui l'entoure qu'au moyeu de ses sens. Que les sens sont les portes, les fenêtres, les ouvertures par lesquelles les notions du monde visible pénètrent dans son cerveau, pour fournir à son esprit la substance de ses idées.
" Elle s'applique d'abord à exercer les sens, à en cultiver les aptitudes respectives ; à en surveiller l'action régulière, afin qu'ils puissent recevoir d'une manière exacte les impressions du dehors, et les transmettre sans erreur à l'intelligence intérieure, à la reine captive qui devra s'en nourrir ou s'en empoisonner !
" Enfin, elle enveloppe ses divers enseignements intellectuels, moraux, et même religieux, sous celte forme aimable et familière qui a reçu le nom de leçons de choses.
" Ce que le petit enfant perçoit tout d'abord dans les objets, c'est la couleur. Il la perçoit par l'effet d'une simple et passive sensation produite
(1) C'est ainsi que Min 3 Pape-Cavpentier appelle la méthode des leçons de choses.
sur son œil sans aucun concours de sa part, et,, on peut le dire, à la manière des animaux. (1)
" Pais il remarque la, forme ; c'est le travail du souvenir et de la comparaison qui commence.
'• Puis la réflexion de l'enfant se déveleppant peu à peu, il cherche à devenir Y usage de l'objet soumis à son étude. Le petit philosophe veu déjà trouver la raison des choses.
" Puis le sens scientifique s'éveille, et il veut connaître la matière dont l'objet est formé.
" Puis cette âme naïve, s'éveillant à son isu, remonte à la, provenance, à la cause première. C'est là que le maître vigilant attend son élève, pour éveiller en lui le plus fécond des sentiments le sentiment religieux ! "
Ainsi parlait Mme Tape-Carpentier, il y a quelque vingt ans.
En voilà assez pour prouver toute l'importance de cet enseignement s»i conforme aux besoins de l'esprit des enfants, puisqu'il dévoloppe et forme tout à la fois leur intelligence et leur cœur,
(l)Mme Pape— Carpentier est dans Teneur. La sensation est fortuitement passive el partiellement active.
Cependant, nous ne pouvons quitter ce chapitre des leçons de choses, sans remercier, au nom de l'enfance, le rédacteur de \Enseignemant primaire qui a su combler une immense lacune et rendre un véritable service à la jeunesse en publiant un excellent recueuil de cesprécieuses leçons.