L HISTOIRE
L'enseignement de l'histoire sainte et de l'histoire du pays, dans les écoles primaires, a pour objet d'apprendre nux enfants ce qu'il est utile de connaître comme chrétien et comme citoyen.
Mais pour arriver plm sûrement et plus rapidement au but que nous nous proposons,
sachons applanir les mille et une difficultés qui s'élèvent, comme un mur infranchissable, deArant l'intelligence encore craintive de la jeunesse commise à notre garde.
Présentons cet enseignement sous un jour riant, sous une forme convenable et appropriée à l'esprit de l'élève.
G-ardons-nous bien de le soumettre ou supplice affreux d'un par cœur non compris ; rappelons-nous qu'il faut comprendre avant d'apprendre-
La méthode maternelle, appelée aussi méthode naturelle, convient parfaitement à l'enseignement de l'histoire.
La méthode naturelle fut suivie par Socrate et Platon, 400 ans avant Jésus-Christ.
Et de nos jours, Pestalozzi, Froëbel, le P. G-irard et une foule d'autres éducateurs ont marché avec succès dans la même voie.
L'histoire enseignée d'après le mode d'interrogation et d'investigation sera intéressante, mais avant tout elle fournira à l'instituteur un moyen puissant de rendre attrayant l'enseignement de la langue maternelle, en augmentant le vocabulaire de l'élève.
Remarquez-le bien, d'après cette méthode d'interrogation et d'invention, l'esprit et toutes. les autres facultés des enfants sont mises en
-éveil'; leur vocabulaire s'enrichit de jour en jour grâce à la conversation animée que soutient le mode catéehistique.
Et si le maître a soin de faire récapituler à la.maison la leçon d'histoire, ne donne-t-il pas aux enfants un exercice d'invention et de composition ?
Voilà quelques moyens entre mille de rendre attrayant l'enseignement de la langue.
Faisons des vœux pour que ce système tout à la fois maternel et naturel, basé sur l'entendement et le raisonnement, s'introduise dans toute les écoles de notre province.
Soyons bien persuadés que nous ne resterons français qu'en cultivant avec soin la iangne de nos aïeux.
Ah ! cultivons-la avec orgueil, enseignonsla dans toute la plénitude de sa beauté, afin qu'elle ne dégénère point.
Et tant que le Canadien habitera les bords du Saint-Laurent, les échos du grand fleuve repercuteront avec éclat les accents joyeux et pleins d'harmonie de la belle langue de Bossuet,de Féne- Ion, de Bourdaloue de Chateaubriand, de Molière, de Racine, de Boileau, deVictor Hugo, de Lamartine et de tant d'autres génies qui ont illustré le nom français.
QUFSTIONS DIVERSES 189»
Nous ne savons pas ce que la Providence nous réserve.
Ayons confiance, car les destinéas de notre peuple sont entre les mains de deux pouvoirs qui ont donné plus d'une fois des marques d'un dévouement diclé par un amour éclairé.
L'avenir du peuple canadien est entre les mains de deux pouvoirs enseignants qui ont entre eux beaucoup de traits deressamblauce, le prêtre et V instituteur.
La mission de l'un est divine, celle de l'autre éminemment patriotique.
Le premier prépare les âmes pour le ciel, le second donne des citoyens honorables à la patrie.
Tant que notre peuple sera docile à ces deux voix sages et amies, il marchera dans la véritable voie.
Et dans un siècle, c'est là notre rêve, et il se réalisera, nous osons l'espérer, grâce à V apôtre et à Y éducateur, ces deux amis dévoués de notre jeunesse, la race canadienne-française pourra dire avec orgueil : Nous avons conservé intactes notre religion, .nos institutions, notre langue et nos lois.
de la rédaction
Eu enseignant la grammaire il faut surtout se proposer le développement intellectuel de l'élève.
Or, comme l'intelligence est précieuse en autant qu'elle est propre à produire quelque chose, il s'en suit donc que le maître doit surtout s'appliquer à accoutumer, dès le bas âge, les enfants à écrire convenablement. De petites leçons de rédaction, très simples, données régulièrement sur des sujets connus, habitueront les élèves à la phraséologie et partant à la composition.
Les exercices doivent être faits avec une grande simplicité. Le maître lit d'abord le sujet d'une courte lettre ou d'une narration proportionnée au degré d'avancement des enfants ; il en explique le sens des phrases et des mots, puis il en écrit le canevas au tableau noir. Alors les élèves, à l'aide de ce travail, refont eux-mêmes sur leur ardoise un petit travail de leur cru.
Après une correction, claire et indulgente du maître, les élèves copient avec fierté, sur un cahier de devoir, les premiers chef -fiT œuvres de leur
carrière littéraire.
Les premiers pas sont lents, bien souvent difficiles ; mais le maître ne doit pas se décourager, les résultats ne se feront pas longtemps attendre.
Voici quelques exemples concernant les exercices de rédaction dans les classes d'entants.
Le maître écrit au tableau noir les sujets suivants :
Quels sont les animaux qui marchent, qui volent,— qui nagent, — qui rampent?
Développement.
Le mouton, le chien, le lion marchent sur la terre. Pour cela Dieu leur a donné des jambes.
Les oiseaux volent. Les hirondelles, les alouettes, les grues se soutiennent longtemps dans l'air. Les poules, les dindons marchent mieux qu'ils ne volent.
Les poissons n'ont ni ailes ni jambes. Ils ne peuvent ni marcher ni voler, ils nagent. A l'aide de leurs nageoires, ils montent descendent à volonté dans l'eau.
Voici un ver de terre. Voyez comme il se tortille ? il n'a ni jambes, ni nageoires, ni ailes ; il se traîne, il rampe. Le limaçon rampe aussi'.
Il traine sa maison avec lui. L'huitre et d'autrès coquillages ne savent pas même remuer Ils restent toute leur vie où ils sont nés. C est la mer qui se charge de leur procurer la nourriture nécessaire.
Autres sujets :
lo Faire d'après nature on sur une image le portrait du cheval, du bœuf, du coq. 2o Décrire les divers bois employés dans la construction ei dans l'ameublement d'une maison.
AUTRE EXERCICICE \