‹ L'enseignement primaire dans les pays civilisesChapitre 158 sur 219 · MINIMUM DU TEMPS · texte numérisé non relu

MINIMUM DU TEMPS

.0 Cincinnati. .7 Baltimore.

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Saint Louis.

Cincinnati.

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New York.

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3 Denver.

7 Détroit.

0 Bo.ston.

0 Boston.

0 Boston.

a) Y compris la lecture, l'écriture, la grammaire, etc.

b) L'allemand est étudié par la moitié des élèves.

8° Livres de classe et emploi du temps. — Les livres de classe sont fournis gratuitement aux enfants pauvres ; aucun livre de classe ne doit avoir un caractère confessionnel : deux règles qui sont appliquées dans presque tous les États. La fourniture et la publication des livres de classe sont réglées différemment suivant les États. Dans la Nouvelle- Angleterre (Massachusetts, etc.) c'est le Town board qui détermine les livres à employer, et traite avec les éditeurs ; il les fournit gratuitement à tous les élèves : « Le système présent est la seule bonne solution du problème », dit le surintendant du Maine. Dans d'autres États, c'est le District board (Illinois, Arkansas, Colorado, Ohio, etc.) qui règle la matière -, dans d'autres, le County board (Maryland, Georgia, etc.) ou le County superintendent (Kentucky, Idaho, etc.); dans d'autres le State board (Wsishingioriy Galifornia, Minnesota, Indiana). Il n'y a qu'un petit nombre d'États où les livres soient d'une manière générale donnés gratuitement à tous les élèves ; ce sont surtout ceux de la Nouvelle-AngleteiTe. Dans le New York, quelques towns, cités ou districts pratiquent cette gratuité. Dans le Rhode Island et la Pennsylvanie, la gratuité est de règle générale. Elle existe aussi, au moins partiellement, dans le Michigan, le Wisconsin et le Colorado. Dans les autres États, les livres sont vendus ou loués aux élèves.

Les livres de classe ne préoccupent pas les pédagogues américains seulement au point de vue de la gratuité, ou de l'autorité qui les prescrit, mais aussi au point de vue de l'usage que les maîtres en font. La question des manuels a partout un intérêt pédagogique, parce qu'on ne peut s'en passer, et parce que, d'autre part, la plupart des maîtres ont une tendance à en abuser. En Amérique, les maîtres, en général, sont jeunes ; ils ont de l'énergie et de la bonne volonté, mais une science et une expérience insuffisantes ; ils sont exposés par le système électif à de fréquents changements, et, dans les campagnes, la durée de l'année scolaire est très courte : autant de raisons qui les portent à abuser du manuel, en faisant apprendre par cœur un Text book et en partageant avec leurs élèves l'illusion que la matière est sue et comprise quand le livre est récité jusqu'à la dernière page.

Le plan d'études contribue à développer cette tendance. Dans les campagnes, l'unique classe d'une école ungraded que tient l'instituteur comprend trois ou quatre divisions *, pendant que le maître fait réciter l'une, les autres ne peuvent être occupées qu'à apprendre ou à écrire un devoir.

Même dans les villes, une classe comprend souvent plus d'une division. Gomme la durée de chaque classe n'est que de trois heures, qu'une partie est employée le matin à la lecture de la Bible et quelquefois à de courtes récitations d'apparat dans VAssembly hallj que les changements d'exercice et les repos occasionnent des pertes de temps, le maître est toujours pressé, et la récitation est un moyen pins expéditif que l'explication orale. Les pédagogues s'effoi'cent de réagir contre cette routine, et les bons maîtres, comme partout, savent mêler à propos les deux méthodes. « Au lieu de demander à l'élève de répéter comme un perroquet les mots de son livre, une bonne école exige de lui qu'il rende les idées du livre dans son propre langage », dit M. T. W. Harris qui, cependant, n'est pas un adversaire du Text book '.

9° Organisation pédagogique de quelques États. — L'organisation administrative diffère suivant les États, qui sont maîtres de gouverner leurs écoles comme ils l'entendent. Pour comprendre cette organisation, il faut pénétrer jusque dans le détail. Je me bornerai à citer six exemples : le Massachusetts et le Rhode Island dans la Nouvelle- Angleterre, où l'enseignement a été organisé de bonne heure ; l'IUinois et le Missouri, situés sur les deux rives du Mississipi dans la région centrale -, la Géorgie dans le sud ; la Californie dans l'ouest ^

Massachusetts. — J'ai fait connaître, dans la partie historique de ce travail, les origines des écoles dans le Massachusetts, qui a donné un des premiers l'exemple d'un système pédagogique régulier. A la suite de la loi de 1789, qui obligeait les towns à entretenir des écoles, il fut décidé par d'autres lois que les towns pourraient être divisés en School districts ; ces districts furent érigés en corporations, une école de grammaire dut être fondée par deux cents familles (au lieu de cent), des peines furent édictées contre les towns qui négligeraient d'accomplir ce devoir. Dès 1834, il avait été interdit aux enfants de moins de quinze ans de travailler dans les manufactures, s'ils n'avaient pas été à l'école pendant trois mois au moins l'année précédente.

Le School fund a été créé en 1834 par un acte de la législature prescrivant que la moitié de toute somme qui proviendrait de la vente des terres dans l'État du Maine ou de réclamations de l'État

1. Statistics of public lihraries, Bureau of éducation, Circulât n» 7, l89'î, p. 7.

2. Un recueil général des lois sur les écoles dans chaque État se trouve dans le rapport du Commissaire de l'éducation pour 1885-1886.

du Massachusetts contre le gouvernement des États-Unis pour service militaire, qui ne serait pas employée autrement, servirait à constituer un fonds permanent destiné à aider et à encourager les écoles publiques, et que ce fonds ne dépasserait pas 1 million de dollars. En 1854, une loi attribua au fonds permanent les parts de l'État dans la Western Railroad Corporation et porta le fonds à 1500 000 dollars.

Le State board of éducation avait été créé en 1837. Horace Mann en était le secrétaire, et c'est grâce à lui que la législature adopta une organisation uniforme pour toutes les écoles. En 1839, deux écoles normales furent fondées, l'une à Lexington, l'autre à Barre. En 1849, la législature, considérant que le nombre des illettrés augmentait par l'immigration, vota une loi rendant l'instruction obligatoire (1852). La constitution de 1857 déclara incapables d'être électeurs ou éligibles les personnes qui ne pourraient pas lire la constitution en anglais et écrire leur nom , à moins qu'elles ne fussent empêchées par une infirmité physique ; elle déclara aussi que les taxes levées pour les écoles ne pourraient jamais être affectées à une secte religieuse pour l'entretien de ses écoles.

Le Massachusetts possède un State board of éducation et un Secretary of the board. Le State board (composé du gouverneur, du lieutenant-gouverneur et de huit personnes nommées pour huit ans par le gouverneur avec l'assentiment du conseil) est chargé, entre autres fonctions, de recevoir les dons pour les écoles, de déterminer la tenue des registres des écoles, de dresser des statistiques, de publier des rapports annuels, de répartir le revenu du School fund. Depuis quelques années, ces revenus sont attribués exclusivement aux towns dont la propriété n'a pas une valeur supérieure à 3 millions de dollars et en proportion inverse de la valeur de cette propriété : l'État vient ainsi en aide aux faibles.

Le secrétaire du Board exerce le pouvoir exécutif; il visite les écoles, reçoit et distribue les documents, organise les congi-ès d'instituteurs, prépare les statistiques générales et publie un rapport annuel.

L'administration directe des écoles appartient aux towns, c'està-dire aux communes. Tout town peut, en assemblée générale, décréter l'imposition des taxes que les citoyens jugent nécessaires pour l'entretien des écoles ; ces taxes sont levées comme les autres taxes locales.

Tout town élit au scrutin, en assemblée générale, le School committee, qui a la direction de tout ce qui concerne les écoles'. Les membres sont nommés pour trois ans, et le comité est renouvelé par tiers chaque année.

Le School committee examine les instituteurs, leur délivre des diplômes -, seul il a, d'après la loi, le pouvoir de les nommer et de fixer leur traitement, comme de les destituer. Il fixe les programmes et désigne les Text bocks. Depuis 1884, ces Text books, ainsi que le papier, etc., sont donnés gratuitement aux élèves.

Tous les ans le School committee nomme un Superintendent ofschools; toute city doit en avoir un *, tout toivn peut en avoir un ; et, comme je Tai dit, plusiem\s towns peuvent s'unir en district pour avoir un même surintendant.

Chaque town doit entretenir à ses frais, au moins pendant huit ou dix mois par an, une ou plusieurs écoles où l'on enseigne l'orthographe, la lecture, l'écriture, la grammaire anglaise, la géographie, l'arithmétique, le dessin, l'histoire des États-Unis et la bonne tenue. Le School committee peut ajouter à ces facultés l'algèbre, la musique vocale, l'agriculture, la couture, la physiologie, l'hygiène, le maniement des outils (cette dernière matière depuis 1884).

Le School committee est chargé de la statistique annuelle. Tous les ans il est tenu de rédiger un rapport, qu'il peut faire imprimer, sans toutefois y être obligé. Si les rapports sont trouvés inexacts, le secrétaire du State boarcl of éducation peut diminuer ou retrancher la part accordée au town sur le School fund. Si, d'autre part, les instituteurs ne tiennent pas bien leur registre et ne fournissent pas les copies demandées, ils subissent une retenue sur leur traitement.

On s'est aperçu que l'organisation par town produisait un morcellement contraire aux intérêts pédagogiques. Le groupement des towns en districts a été autorisé, et il fait des progrès ; 163 toivns sont organisés ainsi aujourd'hui, et, sans perdre entièrement leur autonomie, ont diminué leurs frais d'administration et profitent de l'expérience des surintendants de district.

Les instituteurs forment depuis 1847 des sociétés, Teacher's Institutesj que le State board subventionne quand le nombre des instituteurs est de 50 au moins : ces instituts sont au nombre de plus de 250.

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