La première loi qui prescrit cotte élection date de
Tout enfant de huit à quatorze ans doit suivre l'école au moins pendant trente semaines par an.
Les écoles privées ne sont autorisées qu'autant que l'instruction y est au moins égale à celle des Common schools et que l'enseignement des matières obligatoires du programme s'y fait en anglais.
Les industriels et commerçants ne peuvent pas employer, sinon pendant le temps des vacances, d'enfants au-dessous de quatorze ans qui ne sauraient pas lire et écrire en anglais (loi de 1883), à moins qu'ils ne suivent les cours d'une école du jour ou du soir ou qu'ils n'aient une autorisation spéciale du School committee.
Tout town renfermant plus de 500 familles doit entretenir une High school, dont les cours sont ouverts pendant dix mois et comprennent, outre les matières ci-dessus, l'histoire générale, la tenue des livres, l'arpentage, la géométrie, l'histoire naturelle, la chimie, la botanique, la constitution du Massachusetts et des États-Unis, et le latin. Dans les villes de plus de 4000 habitants, on doit ajouter à ces matières le grec, le français, l'astronomie, la géologie, la rhétorique, la logique, les sciences morales et l'économie politique.
Les towns de 1 000 habitants et au-dessus doivent entretenir des écoles du soir pour les personnes âgées de plus de douze ans.
Toute ville de 5 000 habitants et au-dessus doit avoir une High school du soir.
Les towns de moins de 500 familles peuvent, sans y être obligés, s'associer pour entretenir une High school.
Les villes de 50000 habitants et au-dessus doivent avoir une école de dessin industriel.
Rhode Island. — Dans le Rhode Island, on sait qu'il existait une école à Newport en 1640, et qu'en 1663 cent acres de teiTe et cent acres de prairies ont été donnés pour subvenir aux dépenses d'une école à Providence. En 1682, les citoyens de Bristol votèrent que les pères de famille devaient payer 3 pence par semaine pour l'instruction de leurs enfants, et que la ville donnerait la somme nécessaire pour compléter un traitement de 24 livres par an. Vers 1773, il existait une école fondée pour instruire les nègres. Néanmoins, durant la période coloniale, il n'y a guère eu dans le Rhode Island que de petites écoles où l'enseignement était très restreint et dont on s'occupait peu. Ce n'est qu'en 1800, sous l'influence de John Howland, que fut votée la loi qui obligeait tout toivn à entretenir à ses frais une école gratuite pour apprendre la lecture, l'écri-
ture, rarithmétique aux enfants et jeunes gens âgés de 6 à 20 ans, et qui concédait aux toivns 20 p. 100 sur les taxes de TÉtat, jusqu'à concurrence de 6 000 dollars, pour cet objet, en stipulant que le droit de prélèvement serait retiré à ceux qui manqueraient à ce devoir. Cette loi resta sans effet et fut même abrogée en 1803. Providence seule, grâce au zèle de J. Howland, conserva un système d'écoles qu'adoptèrent ensuite Newport et quelques autres villes. Ce n'est qu'en 1828 que fut votée la loi qui autorisa définitivement les toions à créer des comités scolaires, à lever des taxes pour l'entretien des écoles, à employer pour le même objet les droits sur les loteries jusqu'à concurrence de 10000 dollars; cette loi, plusieurs fois modifiée, a été le commencement d'un systènie régulier. En 1832, dans le premier document qui donne un état statistique de toutes les écoles du Rhode Island, on trouve qu'il y avait alors, d'une part, 323 écoles publiques, 465 maîtres (dont 147 institutrices), 17 034 élèves, une dépense de 21000 dollars; d'autre part, 118 écoles libres avec 3 403 élèves, coûtant 81000 dollars; et que les classes ne duraient guère que trois mois dans les écoles publiques.
L'état des écoles était considéré comme bien moins bon dans le Rhode Island qu'au Massachusetts, lorsque Henry Barnard, nommé agent en 1843, fit voter la loi de 1845, qui créa un commissaire des écoles publiques, organisa les districts scolaires, régla les pouvoirs des trustées et les examens. Henry Barnard a eu le mérite de renouveler les écoles du Rhode Island, de faire construire des bâtiments appropriés, d'introduire en plus grand nombre les femmes comme institutrices, et, par ses circulaires et son journal, de former une école de pédagogie. Le juge Potte, successeur de Barnard, interdit tout caractère confessionnel dans les écoles publiques, permettant seulement, sans l'ordonner, la lecture de la Bible, et créa la première école normale du Rhode Island (1850, Normal department dans Brown university; 1852, école normale privée à Providence ; 1854, école normale d'État). En 1870 a été créé le State hoard of éducation.
Dans le Rhode Island, il y a aujourd'hui trois degrés de pouvoirs scolaires : l'État, le town ou la city^ le School district.
Le premier est représenté par le State hoard of éducation^ composé de six membres élus pour trois ans par le peuple, et, en outre, du gouverneur et du lieutenant-gouverneur. Ce Board a le droit d'obliger les towns et cities à entretenir des écoles ; il répartit chaque
année les subventions aux écoles, aide les bibliothèques publiques, entretient les écoles normales. Le Commis s ioner of public schools, qui est le secrétaire du Board et possède le pouvoir exécutif, inspecte les écoles, organise les Teacher's institutes, etc., et fait tous les ans un rapport au Board. L'école normale est placée sous sa surveillance.
Le second degré est représenté par le School committee de chaque town ou city, qui nomme le surintendant, détermine les circonscriptions des districts scolaires, rédige les programmes, délivre les diplômes, désigne les Text books, nomme et révoque les instituteurs. Le Super intendent of schools est l'agent exécutif du comité.
Le School district, qui est une subdivision du town ou de la city, ou, d'autres fois, une réunion de plusieurs petits towns, peut lever des taxes pour les besoins de l'enseignement; son rôle se borne d'ordinaire à l'administration de son école. Les district trustées, élus pour un an, forment un corps qui, dans chaque district, inspecte les écoles, administre les finances, est chargé du ou des bâtiments. Depuis quelques années, plusieurs grandes villes ont substitué le système du district à celui du town'^.
Les communautés rurales n'ont que des écoles non graduées (ungraded) ; il yen avait 261 en 1892, Les villes et bourgs ont des écoles graduées, c'est-à-dire des Kindergàrlen (12 en 1893), des écoles primaires et des écoles de grammaire souvent réunies sous la même direction (831 en 1893), des High schools (13 en 1893). Il faudrait, pour avoir la liste complète des établissements publics d'instruction, ajouter l'école normale et les écoles spéciales.
Illinois. — La première loi relative aux écoles dans l'Illinois date de 1823 ; elle a été très peu appliquée. En 1840, on comptait déjà dans l'État 1 241 écoles et 34800 élèves. Lorsque l'Illinois fut érigé en État en 1818, une section par iot(;n5/i2|p fut réservée pour constituer le fonds des écoles, et ce fonds fut augmenté plus tard de 3 p. 100 sur les ventes de terres publiques. En 1854 fut créé l'emploi de surintendant de l'éducation ; puis l'année suivante ceux de commissaire des écoles dans chaque comté et un bureau d'éducation dans chaque township. A la même époque il fut décidé que les écoles qui seraient ouvertes pendant six mois au moins à tous les enfants, participeraient seules à la répartition des subventions d'État.
1. Voir Thirty third annual Report of tlie Board of éducation ofRhode Island, 1892,
En 1872 a été organisé le système qui est encore à peu près en vigueur aujourd'hui.
L'Illinoie possède un State board of éducation et un Superintendent of public insti'uction qui est élu pour quatre ans par les citoyens. Le Board a la haute surveillance des écoles, fait les règlements, juge en appel, délivre des diplômes, répartit les revenus du School fund entre les comtés et les townships. Il va des surintendants de comtés élus pour quatre ans, des bureaux de trustées, des écoles de township, des bureaux de directeurs des écoles du district. Ce sont les directeurs qui lèvent les taxes, inspectent, font les règlements et les font exécuter'.
On comptait, eu 1890, 1 163 440 habitants âgés de 6 à 21 ans; 778 319 enfants étaient inscrits dans les écoles, sur lesquels 538 310 étaient présents en classe. Il y avait 11 511 districts scolaires (dont 32 n'avaient par encore d'école). Le nombre des bâtiments d'école, sans compter les 230 construits dans l'année et sans compter les High schoolsj était de 12 252, contenant 12 259 écoles dans lesquelles 23 164 maîtres ou maîtresses donnaient l'enseignement '. Parmi ces écoles, le plus grand nombre (10 735) étaient des ungraded schools, lesquelles n'ont qu'un maître. Il y avait, en outre, 998 écoles privées donnant l'instruction à 105 232 élèves.
Le surintendant de comté, entre autres fonctions que lui assigne la loi, examine les instituteurs et leur délivre des diplômes \ il inspecte les écoles et doit, par tous les moyens, améliorer les méthodes d'enseignement et l'état des écoles du comté.
Le Superintende7it of schools d'une city exerce dans son ressort à peu près les mêmes fonctions que celui du comté.
En 1889, une assemblée des surintendants des comtés et des cités a rédigé un programme d'études qui a été déjà adopté par environ 8 000 écoles.
Chaque township est obligé, par les lois de 1867, 1874 et 1889, d'entretenir une High school, ce qui assure aux enfants de la campagne le moyen de développer leur intelligence aussi bien que ceux de la ville.
En 1892, l'IUinois a voté l'obligation scolaire, qui avait été repoussée par le Sénat il y a une vingtaine d'années.
J . Voir le dix-huitième rapport biennal du surintendant.
2, Le traitement moyen par mois des instituteurs était de 54 1/2 dollars, celui des institutrices de 44 1/2 dollars.
Tout instituteur doit être pourvu d'un certificat, certificat du second degré valable pour un an, certificat du premier degré valable pour deux ans. Le surintendant peut renouveler sans examen le certificat, et peut aussi l'annuler pour cause de démérite.
Il y a dans l'Illinois plusieurs écoles normales où sont préparés les instituteurs. La plus ancienne, Slate Normal university, a été fondée en 1859.
Missouri. — Le premier établissement d'instruction publique au Missouri, l'Académie de la ville de Geneviève, a été créé en 1808 ; dans la charte de fondation, il est dit que les administrateurs doivent veiller de tout temps à ce que le français et l'anglais soient enseignés dans cette Académie et que, dès que les ressources le permettront, on y pourvoira à l'instruction des filles. En 1812, lorsque le territoire du Missouri fut organisé, le Congrès fédéral décida que la seizième section de chaque lownship (ou une autre section équivalente, si celle-ci était déjà aliénée) serait employée par les habitants de ce township pour le service de leurs écoles; cependant, la législature du Territoire ne prit alors aucune mesure générale pour organiser l'instruction. En 1817, une loi concéda à un comité de cinq personnes quatre acres de terre pour établir une école à Jackson, et une autre constitua à Saint-Louis un Board of éducation. En 1820, lorsque le Missouri fut érigé en État, l'éducation fut un des objets dont se préoccupa la Constitution -, et la législature chargea (1820) la cour de comté de nommer dans chaque comté un comité de commissaires pour veiller à la conservation des terres formant le fonds des écoles, puis (1822j de nommer dans chaque township deux commissaires qui devaient établir un nombre d'écoles suffisant pour donner l'instruction, quand le permettraient les ressources provenant du fonds de terres ; deux ans après (1824), elle constitua tout township en district scolaire avec pouvoir de créer un Board de cinq trustées qui nommerait les instituteurs, administrerait les écoles et lèverait les taxes nécessaires. Cette dernière loi a été revisée et complétée par une autre loi de 1835 ayant pour objet de « créer dans l'État un système d'éducation par les écoles primaires publiques aussi uniforme que possible ». Les administrateurs du School district, au nombre de trois trustées élus tous les ans, devaient faire un rapport à la cour du comté, et les cours de comté devaient, à leur tour, faire tous les deux ans un rapport au State hoard of éducation. Après la guerre, la Constitution de 1865, puis celle de 1876 réorganisèrent le State
board of éducation^ prescrivirent rétablissement d'écoles gratuites pour toutes les personnes âgées de cinq à vingt et un ans, autorisèrent l'ouverture d'écoles spéciales pour les gens de couleur, et réglèrent l'emploi du fonds permanent des écoles.
La surveillance générale de l'instruction appartient au State board of éducation, composé du secrétaire d'État, de l'attorney général et du State super intendent, dont la fonction a été instituée en 1866. Ce dernier est élu pour quatre ans ; il inspecte, il répartit les revenus du fonds permanent, il dresse et publie les statistiques, il peut obliger tous les fonctionnaires des établissements d'instruction à lui fournir les renseignements dont il a besoin, et exiger l'ouverture d'écoles pour les gens de couleur quand ces fonctionnaires n'en ont pas établi. Dans chaque canton est un County commissioner, élu pour deux ans ; il délivre, après examen, les diplômes aux instituteurs et inspecte les écoles. Dans chaque district sont trois District directors, élus pour trois ans, un chaque année ; ils inspectent les écoles, nomment les instituteurs, achètent le matériel, font les règlements, lèvent les taxes. En général, chaque école est administrée par un Board of éducation, composé de six membres élus et renouvelé tous les ans par tiers.
Aujourd'hui, le budget des recettes des écoles publiques consiste en fonds permanents, composés de quatre fonds, dont le capital est inaliénable et dont les intérêts seuls sont dépensés annuellement, et en fonds non permanents, qui sont fournis par les taxes locales.
La concession de terres faite en 1812 avait doté les écoles du Missouri de 1 208 000 acres (483 200 hectares). Une loi de 1820 chargea les cours de comté de veiller à la conservation de ces terres et de les louer sans en permettre l'aliénation ; une autre de 1822 chargea les cours de comté de nommer deux commissaires par township pour les administrer. Une loi de 1831 ayant autorisé la vente avec l'assentiment des trois quarts des habitants du township^ il y a eu pendant soixante ans beaucoup d'aliénations inconsidérées et de gaspillage. L'ordre a été rétabli récemment. Ce fonds, administré par la cour de comté, avait en 1892 une valeur de 3 370000 dollars et, placé principalement en première hypothèque, rapportait 233 682 dollars : c'est le township fund.
Le fonds de comté (county fund) provient du don des terres marécageuses ou exposées à l'inondation qui a été fait par le gouvernement national à l'État du Missouri et dont la superficie est de 4 millions d'acres. Ces terres, administrées aussi par les cours de
comté, ont été souvent aliénées frauduleusement à vil prix. Les fonds de comté, dont la valeur est aujourd'hui de 3 788 000 dollars, produisent un revenu, résultant aussi de prêts hypothécaires, de 320 000 dollars, qui sont distribués au mois d'août aux districts de chaque comté, proportionnellement au nombre de leurs élèves.
Le fonds d'État (Stale fund) provient du don des sources salines que le gouvernement fédéral a fait à l'État du Missouri et que celui-ci a afTecté, avec d'autres sources, au service des écoles ; il s'élève aujourd'hui à 3 141 000 dollars.
Le total du capital des fonds permanents est de 11 1/2 millions de dollars (59,8 millions de francs), et leur revenu est de 900000 dollars (4 1/2 millions de francs), qui sont répartis proportionnellement au nombre des habitants d'âge scolaire.
Les fonds locaux (local funds) proviennent des taxes levées sur les habitants. Ces taxes ont été jusqu'en 1875 imposées par le Board of éducation sans limite fixe, au moins en ce qui concernait les dépenses de construction. La Constitution de 1875 a posé des limites en décidant que le taux serait de 50 cents par 100 dollars de valeurs taxées et pourrait, par un vote spécial des contribuables du district, être porté jusqu'à 65 dans les campagnes et jusqu'à 100 dans les districts urbains. Le Board du toivnship peut être autorisé par un vote à faire des emprunts pour construction d'écoles. Les taxes (auxquelles, dit un rapport officiel, on n'aurait pas eu à recourir si les fonds permanents n'avaient pas été longtemps gaspillés) sont la principale ressource du budget; elles ont fourni 5 700000 dollars (29 1/2 millions de francs) en 1891-1892.
En 1821, une loi avait autorisé la création d'une école par toicn- ^hip ; plus tard, le Towiiship board avait été autorisé à diviser la circonscription en un ou plusieurs sous-districts ; puis, en 1874, les sous -districts ont été érigés en districts indépendants.
Avant 1853, l'inspection locale appartenait au Toivnship board et de 1853 à 1865 au Super intendent. Cette dernière institution, de- Tenue impopulaire, a été remplacée en 1874 par celle d'un County commissioner. Une commission spéciale, State school book commission, formée de quatre personnes nommées par le gouverneur et le surintendant des écoles de l'État, désigne les livres de classe et en fixe même le prix.
Le nombre des districts d'école dépasse 8 000. Celui des écoles primaires, en 1888-1889, était de 9178 pour les blancs et de 509
pour les enfants de couleur, avec 672000 places. Le nombre des instituteurs était de 6195; celui des institutrices de 7 439. Les Teachers Institutes étaient en progrès. Le nombre des enfants et jeunes gens de six à vingt ans était de 865000; 611541, dont 32 178 de couleur, étaient inscrits dans les écoles ; la fréquentation était en moyenne de soixante-six jours seulement par élève. Le surintendant s'applaudissait cependant des améliorations obtenues, et espérait que toutes les écoles auraient bientôt assez de ressources, grâce à une taxe nouvelle, pour rester ouvertes au moins pendant six mois ; il y a encore des districts où l'année scolaire ne dure que quatre mois.
Dans son rapport de 1889, le surintendant se plaignait vivement que, dans plusieurs écoles, par suite du vote des habitants, l'instruction fût donnée en allemand et, quoiqu'on l'eût prévenu qu'il était impolitique de soulever cette question, il dénonçait un abus qui séparait ainsi des enfants de la communauté américaine et les livrait à la tyrannie des opinions et des partis introduits aux États-Unis par certains émigrants. Il se plaignait aussi que, dans plusieurs écoles publiques, on enseignât le catéchisme, contrairement à la Constitution, qui proscrit les écoles confessionnelles.
Il signalait l'insuffisance de beaucoup d'écoles rurales, quoique les nouvelles constructions fussent en généralplus grandes et mieux aménagées que les anciennes.
Il y avait 130 High schools, dont 27, situées dans des cités et villes, avaient quatre années de cours ; 38 en avaient trois et 65 deux. La plupart se trouvaient dans des conditions convenables, quoique plusieurs ne comptassent que trois ou quatre élèves dans le cours supérieur.
Le Missouri possède depuis 1876 des écoles normales d'État; elles sont aujourd'hui au nombre de quatre. Ces écoles ont été fondées en commun et sont administrées sous la surveillance de l'État et de quelques comtés ou districts; elles délivrent des diplômes de premier et de second degré (elementary and advanced degree) ; le premier, après deux ans d'£tudes, conférant le droit d'enseigner pendant deux ans ; le second, conférant le droit d'enseigner pendant toute la vie. Il y a aussi, depuis 1868, dans l'Université de l'État du Missouri, un Normal department. Ces établissements ne fournissent encore que la moindre partie des instituteurs.
Géorgie. — La première Constitution de l'État de Géorgie (1777)
porte qu'il sera établi dans chaque comté des écoles entretenues avec les deniers publics et, en 1783, chaque comté fut doté de 1000 acres, afin de pourvoir à ce service. Mais, malgré quelques efforts faits en 1845 et en 1856, il n'y avait pas encore en 1866 d'organisation commune aux 1 752 écoles publiques qui existaient alors et qui ne comptaient que 56 087 élèves, et on avait recensé 20 illettrés pour 100 habitants en 1850 et 18 p. 100 en 1860. La Constitution de 1868 a créé cette organisation, institué un State school commissioner, qui est nommé par le gouverneur avec l'assentiment du Sénat, et dont les fonctions ont la même durée que celle du gouverneur. Le système fonctionna d'abord mal, et les écoles, où 43000 blancs et 6600 noirs avaient été inscrits, durent être fermées en 1872. Elles ont été rouvertes l'année suivante, après le vote d'une nouvelle loi organique. Plusieurs modifications ont été apportées à cette loi, les dernières en 1887.
Il y a un State board of éducation, composé du gouverneur, de l'attorney général et du commissaire d'État des écoles ; ce Board fait les règlements et juge en appel les différends scolaires -, le gouverneur préside. Le State school commissioner, nommé pour deux ans par le gouverneur, avec confirmation par le Sénat, est secrétaire du Board et exerce le pouvoir exécutif; il visite les comtés, inspecte les écoles, répartit tous les ans les revenus du fonds commun entre les comtés, proportionnellement à la population d'âge scolaire ; il présente tous les ans à l'assemblée générale un rapport détaillé sur les écoles ; il organise dans chaque comté des conférences d'instituteurs {Teachers Instîtutes)^ une pour les blancs, une pour les gens de couleur ; les instituteurs sont tenus, sous peine d'amende, d'assister aux réunions.
Chaque comté constitue un district scolaire {School district — il y en a 133), administré par un County board of éducation de cinq membres, élus pour quatre ans par le grand jury. Aucune personne intéressée dans la vente des livi'es classiques ne peut être membre d'un Board. Le County school commissioner est nommé par le Board et en est le secrétaire. Le County board administre les fonds, bâtit et répare les écoles, nomme les instituteurs, juge les différends, avec appel au State board, prescrit les livres de classe, sans pouvoir exclure la Bible de la liste et sans pouvoir introduire un livre ayant un caractère confessionnel ; il crée, quand il y a lieu, des classes du soir. Il peut diviser le comté en sous-districts scolaires (subschool districts), dont chacun doit avoir au moins une
école pour les blancs et une pour les noirs ', et qui est administré par trois school trustées, nommés par le County hoard.
Le County school commis s ioner délivre, après examen, les licences d'enseigner pour un, deux, trois ans, lesquelles ne sont valables que pour le comté, à moins d'être spécialement visées par le commissaire d'un autre comté. Les candidats qui ont passé un très bon examen peuvent être signalés au commissaire de l'État, qui leur délivre une licence valable pour toute leur vie et dans l'État entier. Toute licence peut être retirée pour cause d'immoralité ou d'incompétence. Aucun maître ou maîtresse ne peut exercer dans une école publique sans licence. Le conmaissaire du comté inspecte toutes les écoles au moins une fois par an ; il fournit le matériel scolaire. A la fin de l'année scolaire, tous les instituteurs doivent envoyer un rapport détaillé au commissaire du comté. Les instituteurs forment des instituts de comté. L'école doit être ouverte au moins durant trois mois chaque année ; tout comté qui manque à celte obligation n'est pas compris dans la répartition du fonds commun des écoles. Depuis deux ans, le commissaire de l'État a prolongé jusqu'à cinq mois la durée de l'école, et, pour faire droit aux réclamations des parents des districts ruraux qui disaient ne pouvoir se passer si longtemps du travail de leurs enfants, on a divisé les cinq mois en deux périodes de cinquante jours.
Une loi de 1891 a créé à Rock Collège, Atliens, une école normale d'État annexée à l'université d'État.
Indépendamment de l'organisation générale {public school system)j il y a une cinquantaine de lieux, comtés, cités ou villes, qui ont une organisation spéciale (local System). Les écoles du local System participent aux subventions du fonds d'État.
Le School fundy c'est-à-dire la somme payée chaque année, y compris les dépenses du département de l'éducation, s'est élevé de 268000 dollars en 1873 à 956000 en 1892. Il s'est alimenté parla taxe sur les liqueurs, sur les spectacles, la moitié du revenu de la rente d'État, un prélèvement sur la taxe de la propriété, etc.
Le nombre des écoles était de 7 022 (4 624 pour les blancs,
1. « No teacher receiving or teaching while and colored pupils in the same school sliall be allowed any compensation at ail out of the common school fund. »
a — The children of the wliite and colored races shall not be taught logether in any common or public school of this State ». {Common school laws of the Slale of Georgia, sect. 21 et 36. j
2398 pour les nègres), et le nombre des maîtres de 7 420, en 1891. Elles sont gratuites.
Les enfants de couleur doivent avoir des écoles distinctes.
Sur environ 600000 enfants d'âge scolaire, 360000, dont 219000 blancs et 141000 enfants de couleur, étaient inscrits dans les écoles en 1891 (non compris celles des villes ayant une organisation spéciale); soit, sur 100 enfants, 65 inscrits et 37 en moyenne fréquentant pendant 100 jours; mais, comme les enfants ne restent pas à l'école pendant toute la durée de l'âge scolaire, il y en a beaucoup plus de 37 sur 100 qui ont reçu de l'instruction. D'ailleurs, avec les écoles des villes sur lesquelles le commissaire n'a pas de renseignements précis, la fréquentation s'élève à environ 47 p. 100 de la population d'âge scolaire. Le commissaire d'État, M. Bradwell, a confiance dans l'avenir : « En 1900, il faudra qu'il ne reste pas d'illettrés en Géorgie », a-t-il dit dans son deraier rapport.
L'orthographe, la lecture, l'écriture, la géographie, la grammaire anglaise, l'arithmétique, sont les matières du programme; mais la gi-ammaire et la géographie ne sont enseignées qu'à une minorité d'élèves, et le commissaire désire que l'on puisse introduire l'étude de la Constitution et l'histoire des États-Unis.
Le fonds Peabody (Peabody educational fund) a créé des bourses pour des jeunes gens qui veulent suivre les cours du Peabody Normal Collège à Nashville, et qui se destinent à devenir instituteurs ; la Géorgie dispose de 32 de ces bourses. Le même fonds subventionne les Teachers Institutes.
Californie. — En 1849, le Congrès national donna au nouvel État de Californie 500000 acres de terres (200000 hectares) pour ses améliorations intérieures, et, au mois de décembre de la même année, la première école fut ouverte à San Francisco. En 1850, la Constitution créa un surintendant de l'éducation, et donna à la législature les pouvoirs nécessaires pour organiser l'instruction. La législature vota sur cette matière une première loi en 1850, une seconde en 1853, une troisième en 1855, une autre en 1866 qui établit la gratuité complète ; une autre en 1868, dllQ Revis ed school law, qui, légèrement modifiée depuis, est encore en vigueur. En 1862 a été créée, à San Francisco, l'école normale de l'État.
Le surintendant est élu par le peuple pour quatre ans ; il peut être réélu; mais, en 1893, il n'y avait que deux surintendants qui eussent obtenu cette faveur.
Le State board of éducation est composé du gouverneur, du surintendant de l'État et de six surintendants de comté; il prescrit les livres de classe, qui doivent être les mêmes pour toutes les écoles, il fixe les programmes, fait les règlements et délivre les diplômes à vie. D'autres diplômes, d'une durée limitée, sont délivrés par des bureaux d'examen de comté ou de ville.
11 y a dans chaque comté un County superintendent élu aussi, dont le traitement varie de 200 dollars (comté de Mono) à 4 500 (comté d'Alameda), et est le plus souvent de 1500 à 2000 dollars, somme relativement faible dans un pays où la vie est chère. Le surintendant de l'État se plaignait récemment, dans un de ses rapports, de cette faiblesse qui oblige des surintendants de comté à prendre en même temps des fonctions de professeur, et les empêche d'exercer convenablement leur surveillance.
Au-dessous des comtés, les districts scolaires sont administrés par un board de trois trustées, par un board et un surintendant dans les cités (au nombre de 21 en 1892). La direction immédiate des écoles publiques appartient aux School districts, dont le nombre augmente et était de 3025 en 1892, et aux boards des cités. Les surintendants de comté n'exercent le plus souvent qu'une surveillance nominale.
La loi a déclaré l'instruction primaire obligatoire de huit à quatorze ans, mais" elle n'a pas de sanction pénale.
La durée de l'année scolaire doit être d'au moins six mois et est en réalité d'environ huit. A San Francisco elle est régulièrement de dix, mais il y a des comtés où, faute de ressources sufiisantes ' , l'école n'est ouverte que pendant six mois et demi à sept mois*. Les enfants et jeunes gens des deux sexes de cinq à vingt et un ans y sont admis gTatuitement. Les classes ne doivent pas durer plus de six heures par jour et, pour les enfants de moins de huit ans, plus de quatre heures. Une loi de 1885 a décidé que les livres de classe seraient les mêmes pour toutes les écoles publiques, et qu'ils seraient tous édités par l'État sons la surveillance du State board of éducation. Le surintendant de l'instruction publique se plaint de cette attribution à un corps qu'il ne croit pas suffisamment compétent.
1. Le salaire payé par mois en 1892 était, en moyenne, de 83 dollars pour les instituteurs et de 06 pour les institutrices. Il s'élevait à 125 et 77,42 à San Francisco, mais il n'était que de 71 et 62 1/2 dans le comté de Mariposa.
2. Voir State of California {Fifteenth blennial Report of the Superintendent of public instruction).
Le programme fixé par le State board comprend : la lecture, Técritm-e, l'épellation, rarithmé tique, la grammaire, la géographie, l'histoire des États-Unis, la physiologie, l'histoire naturelle, le dessin, la musique; mais, comme il n'y a pas de sanction pénale, ce programme est peu suivi, et chaque ville fait le sien. A San Francisco on enseigne l'allemand et le français.
Les ressources des écoles sont fournies par le revenu du fonds d'État {State school fund), qui est de 3 464000 dollars (1526000 en obligations d'État et 1938000 en obligations de comté), les taxes sur les chemins de fer, les taxes sur les habitants, comprenant une taxe d'État, une taxe de comté, etc.
Tout individu mâle de vingt et un à soixante ans, qui n'est ni pauvre ni idiot, doit payer pour les écoles une taxe individuelle de 2 dollars au moins. Les recettes de 1892 ont été de 5 417 000 dollars (28 millions de francs).
La Californie comptait 2178 écoles primaires, 1 880 écoles de grammaire, 62 écoles supérieure s, ou High schools (ces dernières ayant 6021 élèves), les unes appartenant à des villes et les autres à des comtés ou à des unions de comtés.
Le nombre des habitants d'âge scolaire (5 à 17 ans) était de 294000^ en 1892; 238 000 (122000 garçons et 116000 filles) étaient inscrits dans les écoles publiques, sur lesquels 67 p. 100 étaient présents. Il y avait en outre 21000 élèves dans les écoles primaires privées.
Résumé et résultats. — Les États-Unis sont aujourd'hui dans le monde le pays où l'instruction primaire a reçu son plus ample développement, c'est-à-dire où il y a le plus d'élèves inscrits et où l'on dépense le plus pour eux. A cause de leur nombreuse population et de la disposition générale de cette population à envoyer ses enfants à l'école, ils comptaient, en 1892-1893, environ 14500000 élèves inscrits dans les écoles primaires publiques ou privées : aucun pays n'en compte autant. Les écoles publiques ont, dans la plupart des États, une période d'âge scolaire dépassant celle des pays d'Europe qui sont les premiers sous ce rapport. Elles comptent environ 237 000 maisons d'écoles publiques, où 388 000 maîtres donnent l'enseignement : aucun autre pays n'en a autant. En 1893-1894, ils ont dépensé 170 millions de dollars, soit 884 millions de francs : aucun autre pays n'en