‹ L'enseignement primaire [microforme]Chapitre 14 sur 69 · PREMIER MOUVEMENT · texte numérisé non relu

PREMIER MOUVEMENT

Dès 1787, le gouvernement sentit combien les ressources de l'éducation étaient insuffsantes. Lord Dorchester charge un comité de faire une enquête et manifeste l'intention de remédier au mal. Ce n’est que deux ans plus tard que ce comité fait rapport. Il recommande la fonda-

tion d’un collège universitaire avec un recteur et quatre professeurs, d’une école élémentaire gratuite dans chaque paroisse et village, et dans chaque comté, l'établissement d’une école également gratuite d’un degré supérieur, où l’on enseignerait la tenue ces livres, la grammaire, le mesurage, la navigation, l’arpentage et les mathématiques appliquées. La théologie ne devait pas être enseignée dans le collège universitaire. Par son représentant, le roi devait être visiteur. Les évèques catholiques et protestants, les juges et vingt autres directeurs, moitié catholiques et moitié protestants, nommés par le gouvernement, devaient former le bureau de direction. 1l est proposé qu’une partie des biens des Jésuites soit affectée à l'entretien de cette université. Pour les écoles de paroisse et de comté, la législature (la promulgation de la constitution n’eut lieu que deux ans après, en 1791) devrait être appelée à se prononcer sur une loi imposant à chaque paroisse des contributions directes. Il n’était nullement question de la direction de l’ensemble des écoles communes.

Mais une phrase au sujet de l’université indiquait clairement l'esprit dans lequel on désirait qu'elle fût conduite. La charte devait

pourvoir à ce que l'Université ne fût point

perverlie de manière À se préler aux vues particulières d'aucune secte.

Ce fut là la pierre d’achoppement de tout le système et de celui qu'on parvint à établir plus tard sous le nom d'Znstitulion Royale, dit M, Chauveau. L'évêque de Québ:c fut consulté ainsi que plusieurs autres personnes. Mgr. Hubert se prononça d’abord contre l'opportunité d'établir une université, et ré‘lama les biens des Jésuites pour l'Eglise. Puis parlant de la questiou relisieuse il dit : ‘“ On a annoncé d'avance une union qui protègerait le Cutholique et le Protestant. Voilà des termes bien vagues. Quels moyens prendrait-on pour réaliser cette union si nécessaire ? En préposant à l’université, dira quelqu'un, des hommes sans préjugés. Mais ceci ne fait qu’accroitre la difficulté, loin de la résoudre. Car, qu'est-ce que l’on appelle des hommes sans préjugés ? Suivant la force de l'expression, ce devrait être des hommes ni follement prévenus en faveur de leur nation, ni témérairement zélés pour inspirer les principes de leur communion aux jeunes gens qui n’en auraient pas été imbus ms... Mais aussi, d’un autre côté, ce devraient être des hommes honnêtes... ,,,,..... au lieu que, dans le langage des écrivains modernes, un homme sans préjugés est un homme

opposé à tout principe de religion, qui, prétendant se conduire par la seule loi naturelle, devient bientôt sans mœurs...

Des hommes de ce caractère (et notre siècle en abonde, pour le malheur et la révolulion des états) ne conviendraient nullement à l'établissement proposé. ”

Les autres réponses de cet évêque contiennent des renseignements importants. On y lit qu'à cette époque il y avait au moins 25 à 80 personnes sachant lire et écrire dans chaque paroisse, et que la plupart des gros villages avaient des instituteurs. Mgr Hubert cite ceux de Terrebonne, l'Assomption, Boucherville, La: prairie et de la rivière Duchesne.

Alors comme aujourd'hui, la pauvreté des habitants, les grandes distances qui séparaient les habitations les unes des autres, et d’autres causes qui existent encore en grand nombre, empêchaient l'instruction de se répandre. Ainsi, les démarches faites sous lord Dorchester n'’eurent aucun résultat immédiat.

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