‹ L'enseignement primaire [microforme]Chapitre 26 sur 69 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

Historique de l'ecole normale Laval

“ Rendre le peuple meilleur, ”

18957 à 1888 | CHAPITRE 1 | |

inauguration d*+ l’école.—Biographie des Principaux qui ont présidé au fonctionnement de cette institution.—Tableaux démontrant le résultat de l’école normale Laval au point de vue pratique de l'enseignement.—Méthode suivie dans ce tte maison.

-avait lieu au château St-Louis, (1) sous la présidence de IHonorable P. J. O. Chauveau, alors surintendant de l'éducation. ne

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Le 12 mai 1857, une bien grande solennité |

() Le Château St-Louis dont S. de Chimplain avait jeté les ‘fondements en 1620, devint la proie des flammi:s le 23 janvier Fit) 1834, L’incendie épargna cependant un corps de logis construit RENE par ordre du général Haïdimand, en 1784, comme a:p-ndice à as: d'ancien Château, et aprelé encore Château St-Louis.

Mgr C. F. Baillargeon, coadjuteur de l’Archevêque de Québec, accompagné d’un nom-.

breux clergé (1). Son Honneur le maire de la ville et tous les membres du conseil, M. F. X. Garneau, notre historien national, alors greffier de la cité de Québec, Son Honneur le juge Caron et un grand nombre de dames s'étaient fait un devoir d'assister à l'inauguration d'une institution qui devait rendre d'immenses services :

l'école normale Laval, (2)

(1) Sir Edmund Head, alors Gouverneur Général du Canada, avait adressé une lettre à M. Chauveau, dans laquelle il lui expri-

mait le regret de ne pouvoir se trouver présent à cette réuuion, Voici cette lettre :

Horez Du GOUVERNEMENT,

Toronto, 22 avril 1857.

Monsieur,

Eu accusant réception d2 votre lettre du 18 courant, je vous prie d'agréer l'expression de mon regret, de ce qu’il me sera impossible de présider à l'ouverture de l'école normale de Québec, le 12 mai prochaia.

1} est pic buble que la sessicn de la législatute durera au-delà de ce terme, Dans tous les cas, vu l'incertitude. .,,.,,..., LE UUNS

Agréez, Monsieur, l'assurance, .,,etc.

Votre, etc, Epuux2 Hein,

(2) Près de trente ans d'une existence glorieuse et féconde en résultats utiles lui ont conquis le droit de cité dans notre pays ; elle est désormais à l'abri des fluctuations presque toujours désastreuses de l’inexpérience et procède avec une sécurité qui, en s'appuyant sur les traditions du passé, lui permet d'envisager l'a venir avec confiance. Le but à atteindre, les programmes à suivre,

Des discours éloquents et patriotiques furent prononcés pas l’hon. M. Chauveau, Mgr de Tloa, M. le Dr Morin, maire de la cité de Québec, M. l'abbé floran, p:incipal de l’école, MM. Toussaint, de Fenouillet, Doyle et Devisme (1).

En vertu de l'acte 14 et 15 Victoria, ch. 97, passé en 1851 et am2ndé en 1856 (2), la province de Québec fut dotée de trois écoles normales :

(3). Laval, Jacques-Cartier et McGill, tels sont les noms qui furent donnés à ces maisons d'éducations (4).

la méthode d'enseignement, le mécanisme de son cours d'études, tout est si bien consacrà par l'usage, que, pour avoir des succès satisfaisants, il lui suffit de ne pas s'écarter de la route suivie jus. qu'ici. Sans doute elle n'est pas arrivée à la perfection ; comme toutes les maisons d'éducation éeile uspire à quelque chose de mieux encore ; aussi empresse-t-elle de mettre à profit tout ce qui peut être utile à ses futurs institnteurs. Toutefois elle a lien d'être fière des résultats qu'elle obtient chaque année au triple point de vue, religieux, intellectuel et moral, résultats qui lui concilient les sympathies et la bienveillance du public.

R£v. L. N. Beaix, Ptre.

(Rapport adressé à l'honorable Surintendant de l'{nstruction pabliqu: pour l'année 1887.)

(1) Pour ces discours, voir le 4 Journal de l’Instructien publique ”, vol. 1, année 1857.

(2) Le premier de ces actes fut propo‘é par l'honorable Lafontaine, et le second par l'honorable G. E. Curvier.

(3) L'une des écoles normales de filles est dirigée par le Principal de l’école normale Laval : elle est sous la sirveillance immédiate des Dames Ursulines. L'autre est sous la direction du Principal de l'école normale MeGill:

(4) Les écoles normales Jacques-Cartier èt MeGill, avaient

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Les écoles Jacques-Cartier et Laval ont été créées pour répondre aux besoins de la population catholique de la province de Québec. L'école McGill fut établie pour ‘ répondre aux besoins des populations protestantes, dissidentes ou appartenant aux dénominations religieuses non catholiques romaines du Bas-Canada.”’ (1)

L'idée d'établir des écoles normales, dans notre pays, remonte assez loin. Le troisième rapport du comité d'éducation de l’Assemblée Législative du Bas-Canada, en date du 25 janvier 1886, centenait les remarques suivantes : ‘“ Si les progrès de l'éducation n’ont pas été aussi grands et en raison des encouragements généreux donnés par la Légi-lature, cela est dû plutôt au manque de maîtres et d’instituteurs été inaugurées à Montréal, le 3 mars de la mème année, A l'inauguration de l’école normale Jacques-Cartier, Mgr Bourget figurait au premicr raug. La vénérable prélat re prononça fortement en faveur des écoles normales Voici un extrait du discours qu'il fit à cet occasion : “Je ne m'attendais pas à parler devant une réunion aussi imposante, Je suis pourtant heureux de le faire parce que je trouve l'occasion de témoigner de ma sympathie pour une institution patriotique qui offre les plu: sûres garanties à la religion, en se plaçant dès son origine sous «à garde, ,,.,,,,,.,,

parfaitement appréciée de tous ceux qui m'écoutent,”

(1) Règlement général pour l'établissement des écoles nor males dans le Bas-Canada—M, Chauveau.

suffisamment qualifiés que faute de disposition de la part du peuple...…......,......C'est pourquoi votre comité recommande instamment à votre Honorable Chambre la nécessité de pourvoir Sans délai à l'établissement d'écoles normales d'où l’on puisse tirer des maîtres suffisamment qualifiés, tant pour les écoles élémentaires que pour les écoles supérieures. Dans cette vue, votre comité soumet à la considération de votre Honorable Chambre un projet de loi pour l'établissement d'écoles normales dans les villes de Québec et de Montréal où les maîtres des écoles modèles et élémentaires des campagnes pourront se qualifier pour l'instruction des enfants qui seront confiés à leurs soins.” Ce projet de loi fut soumis aux deux Chambres de la Législature et adopté sans opposition. C’est l'acte 6, Guillaume 1V, Chapitre 12, passé en la session du parlement 1835-36. Cette loi pourvoyait à l’enseignement normal pour les deux sexes.

On voulait faire venir de l'Europe des professeurs dist’ngués qui fussent chargés de la tenue de ces écoles. Malheureusement pour ces institutions, les troubles politiques de 1337-38 vinrent entraver ces bons desirs et retarder la fondation durable d'un cours normal.

En 1851, M. J. B. Meilleur, surintendant de l'éducation, fit des efforts pour établir d’autres écoles normales sur des bases permanentes L'acte 14et 15 Victoria, chapitre 97, passé en certe méme année, établissant ces écoles, fut modifié par le gouvernèment d'alors, et ce n’est qu'en 1857 qu'elles furent établies sur des bases larges et solides.

Le Révérend Edouard-Jean Horan, ancien directeur du séminaire de Québec et secrétaire de l’Université Laval, fut le premier Principal de l’école normale Laval. Une année s'était à peine écoulée que cette institution perdait son directeur. Celui qui l'avait organisée était appelé par N.S$. P. le Pape à l’évêché de Kingston. Le 28 avril 1858, M. de Fenouillet, au nom des professeurs. et M. J. B. Cloutier, au nom des élèves, lui firent de touchants adieux. Homme instruit, protesseur distingué, Mgr Horan mérite une place d'honneur dans l’histoire de l'éducation de notre jeune pays.

On conçoit facilement que le bon fonctionnement d’une institution naissante ne s'obtient pas en quelques semaines, ni en quelques mois.

Monseigneur de Kingston n'ayant été que très peu de temps directeur de l’école normale Laval

laissait, à son départ, l’organisation de cette maison encore bien incomplète.

Monsieur l'abbé Jean Langevin, ancien professeur de mathématiques au séminaire de Québec, et successivement curé de Sainte-Claire et de Beauport, remplaça Mgr Horan. L'école normale ne pouvait assurément tomber en meilleures mains. Intelligence d'élite fortifiée par de profondes études, travailleur infatigable, esprit éminemment méthodique, rien ne lui manquait pour remplir avec honneur et distinction le poste important qui lui était confié. De plus, son séjour à la campagne, où il s'était activement occupé des questions scolaires, l'avait initié à tous les détails de l’enseignement pratique. Avec cet esprit d'ensemble et de détails qui le caractérise, aidé de vastes connaissances pédagogiques, il déploya tout son zèle, toute son énergie à asseoir le nouvel établissement sur des bases solides et durables. Son premier soin fut de rédiger un programme des matières classiques à enseigner dans les écoles élémentaires et modèles, et un tableau dela distribution du temps. Ce tableau est encore en usage dans un grand nombre de nos écoles. Cet ami dévoué de la cause de l'éducation écrivit un livre qui a rendu d'immenses services à la classe ensei-

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gnante. Le Traité de Pédagogie de Mgr de Rimouski est connu de tous ceux qui, de prèsou de loin, s'occupent de l’art si difficile d’instruire la jeunesse. L'éloge de cet ouvrage n'est

plus à faire. Mgr Langevin est aussi l’auteur

de deux ouvrages très utiles, l’un intitulé:

Réponse au programme de pédagogie et d'agri:

culture pour les aspirants au brevet de capacité, et l'autre: l'Histoire du Canada en tableaux.

Mgr Jean Langevin fut appelé au nouvel évêché de Rimouski le 1er mai 1867.

MM. les abbés Chandonnet et Lagacé, hommes également distingués dans les sciences et dans les lettres, remplacèrent successivement Myr Langevin.

M. Lagacé avait été successivement supérieur du collège Ste-Anne, curé de Ste-Claire, et vicaire à Notre-Dame de Québec, quand il fut nommé en 1871, Principal de l’école normale Laval. M.Lagacé était bien l’homme qualifié sous tous les rapports pour remplir cette sainte et importante mission. Doué des plus belles qualités du cœur et de l’esprit, possédant un jugement sûr et une grande douceur de caractère,excessivement poli et délicat, il savait commander sans froisser, user même d'une juste sévérité sans diminuer la vénération

dont le personnel de l’école l’a entouré jusqu'à sa mort. Il était observateur à un très haut degré. Aussi, dès son arrivée à l’école normale, il comprit, en voyant à l'œuvre les hommes du métier, que malgré ses fortes études et ses connaissances, il n'était pas encore maître de la méthode. Il se livra à un travail sérieux et acquit en peu de temps une véritable supériorité. L'abbé Pierre Lagacé a été certainement l’un de nos plus grands pédagogistes canadiens. La routine était son grand ennemi. Il s’eftorça, non sans succès, de convaincre les instituteurs et les institutrices de notre province qu'il était temps de donner ua enseignement plus rationnel et plus expérimental Une branche très importante, la lecture à haute voix, laissait à désirer dans la plupart de nos écoles Son oreille délicate et ses goûts artistiques étaient à chaque instant choqués par la lecture monotone, le ton chantard, la prononciation défectueuse des élèves. Il résolut d'opposer une digue au terrible courant qui menaçait d’entraîner dans sa course désastreuse ce que nous avons de plus cher, après la religion, notre belle langue française. Il passa en Europe en 1873, et étudia sous les grands maîtres. À son retour il introduisit la méthode phonique à l’école modèle

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