DE 1870 à
L'école normale Laval a donné des diplômes à 187 élèves-maîtres. (Ce nombre comprend les élèves qui sont sortis immédiatement après l'obtention du dipiôme pour école élémentaire. Sur les 187 diplômés, 4 sont morts avant d’avoir pu satisfaire à la loi, 16 étaient encore à l’école normale en 1884. Au moins 110 se sont livrés à l’enseignement. Ils ont presque tous enseigné trois ans ou plus. Voici quelques raisons qui ont empêché les autres élèves de se livrer à l’enseignement : la mort, la maladie, le manque d'écoles. À la connaissance des autorités, aucun élève diplômé n'a refu<é une école qui donnait un salaire raisonnable. Il y a parmi ces éléves 8 prêtres qui tous, moins un, ont enseigné les trois ans prescrits, soit en faisant leur grand séminaire, soit comme laïques, 8 notaires, 4 médecins, 5 avocats. Sept de ceux qui sont entrés dans les professions libérales ont enseigné ; et sur ces sept, cinq, au moins trois ans. Pour résumer : 187 diplômés, 4 morts avant d'avoir
(1) Souvenir décennal
pu satisfaire à la loi, 16 encore à l’école. Donc la proportion est 53; c’est-à-dire les 3 environ des diplômés ont enseigné.
I] reste donc acquis que les deux tiers et plus des élèves sortis de l’école normale Laval ont enseigné le temps voulu par la loi. C’est un résultat des plus satisfaisants. Les écoles normales de Belgique et de France atteignent raren nt cette proportion.
En 1867, 48 maîtres diplômés à l’école normale Laval étaient dans l’enseignement. En 1884, il y en avait au moins 60, sans compter ceux qui sont allés exercer leur profession aux Etats-Unis, à Ontario et au Manitoba.
En 1888 nous en trouvons au moins 90. (1)
Ainsi, il y a un mouvement progressif, constant. À mesure que notre agriculture se perfectionnera, que nos industries se développeront, que nos ressources naturelles seront exploitées, le besoin de l'instruction se fera de plus en plas sentir. Les populations ayant plus de ressources pourront mieux payer les instituteurs et lesinstitutrices. Alors plus de personne: réellement capables entreront résolument dans une carrière qui leur offrira quelques avantages,
(1) Le nombre des élèves-maitresses diplômées à l'école normale Laval qui se sont livrées à l'enseignement est environ le triple de celui des élèves-m'itres,
Depuis 1884, l’école normale Laval a fourni 6 prêtres, dont trois Docteurs en Théologie qui ont été successivement professeurs au Grand Séminaire de Québec, 7 ecclésiastiques. De 1857 à 1887, un nombre relativement considérable des élèves-maîtresses sont entrées comme religieuses dans nos couvents. Dans ces saintes retraites, ces pieuses filles mettent en pratique les leçons de saine pédagogie qu'elles ont reçues durant leur cour normal.
Le premier Rédemptoriste canadien, le KR, P.
Grravel, a été formé à l’école normale Laval. Cet ordre renferme encore dans son sein un ancien élève de cette institution, le KR. P. Savard. Plusieurs inspecteurs d'école sont aussi d'anciens élèves de l’école normale Laval.
L'année 1857 restera à jamais mémorable dans les fastes de l’histoire pédagogique du Bas- Canada.A cette époque s'ouvre une ère de progrès véritable. C’est tout une révolution. Nul ne peut le nier. Il y a un quart de siècle, les hommes qui ne savaient pas même signer leur nom n’etaient pas rares. Aujourd'hui, parmi notre jeune génération, tous à peu près savent lire, écrire et calculer suffisamment pour les besoins