CHAPITRE II
Témoignage de reconnaissance à l’ho1orable P. J. O. Chauveau et à Nos SS, les évèqu:s, fondateurs des écoies normales, — fl Principe des écoles normales d'accord avec uu passage de la FU} bulle Zmmortale Dei de Léon XITT-Hommage à Son Eminence le cardinal Taschereau, l'honorable G. Ouimet, Mgr. Langevin et l'honorable M. Chauveau, protecteurs des écoles normales. |
À l'honorable P. J. O. Chauveau revient en en grande partie l'honneur et le mérite de l’établis- al
sement des trois grandes institutions—Laval, b.]
Jacques-Cartier et MceGill—qui ont rendu de si
grands servic2s à la cause de l'instruction dans
notre province et qui, dans l’avenir, continueront à porter haut et ferme le drapeau de l’éducation chrétienne, l'étendard du vrai progrès, de ce progrès intellectuel si bien défini par notre grand Pontife Léon XIII, dans son Encyclique Aeterni Palris. Ce progrès comporte et nécessite l’enseignement des sciences profanes sous l’éride de la Sainte Eglise. C2: progrès en élevant le niveau intellectuel des populations le met en état de distinguer le vrai du faux, le bien du mal, de combattre avec plus d'énergie, en se servant de leurs propres armes,—les sciences profanes,— ces milliers de sectes dont les efforts
tendent à tout obscurcir, à tout renverser, à tout détruire, et de se guider sûrement elles-mêmes dans les sentiers de la justice.
Les évêques, la grande masse du clergé, la plupart des journaux et des hommes marquants de l’époque applaudirent au projet patriotique de M. Chauveau et le secondèrent dans toute la mesure de leurs forces. Ces esprits clairvoyants, soucieux de notre avenir national, avaient compris l'urgence d'établissements destinés à former des maîtres véritablement capables. Alors, comme aujourd'hui, on était convaincu qu'on ne pourrait avoir des éducateurs vraiment à la hauteur de leur position qu’en prenant un soin particulier de leur ‘ormation. Les jeunes gens qui se destinent au barreau, au notariat ou à la médecine vont puiser leur science dans les Universités. S'il est nécessaire de former les jeunes gens qui se destinent aux professions libérales—et personne ne le conteste—combien n'est-il pas plus important de préparer ceux à qui l'enfance et la jeunesse seront confiées. Quand un père et une mère ont un enfant malade, avec quel soin ne choisissent-ils pas le médecin ? Cependant, ce n'est que le corps que cet homm: da l’art aura à soirner. À furtiori quand il s'agit de la partie in'ellec:uelle, si délicate, si
difficile à développer sûrement ; de ce cœur, de cette volonté qu'il importe tant de diriger vers le bien, avec combien de prudence ce père ne doit-il pas agir ?
L'art d’instruire est difficile. Les personnes qui entrent dans la carrière de l’enseignement ont besoin d'une préparation toute spéciale, d’une direction sage, d’études sérieuses.Comment se prépareront-elles ? par qui seront-elles guidées ? vers quel but se dirigeront leurs études, si des hommes capables et expérimentés ne sont pas près d'elles pour les préparer, les guider et les conduire ? Dans les écoles normales, sous la direction de prêtres éclairés, de maîtres versés dans la vraie pédagogie, ces personnes recevront une éducation chrétienne, une instruction solide et des connaissances pédagogiques suffisantes. Dans ces maisons bénies le caractère du futur instituteur acquerra la virilité nécessaire à sa profession.
Le principe des écoles normales du Bas- Canada est en tout point d'accord avec le passage suivant de la bulle Zmmortale Dei, de Léon XIII, sur la constitution chrétienne des Etats. Indiquant aux catholiques leurs devoirs civils, le souverain Pontife les exhorte ‘ à s'appliquer ‘ surtout à faire en sorte que l'autorité publique
“ pourvoie à l'éducation religieuse et morale dè- ‘“ ]a jeunesse, comme il convient à des chrétiens ; “ de là surtout dépend le salut de la société”? C'est bien cela n'est-ce pas ? Léon XIII dit : “ Faites en sorte que l'autorité publique pourvoie à l'éducation de la jeunesse. ” Eh bien ! notre gouvernement soutient de ses deniers des écoles destinées à former des hommes et des femmes qui iront répandre dans nos campagnes les lumières bienfaisantes d’une éducation religieuse et morale. Prétendre le contraire, ce serait faire à nos vénérés pasteurs une injure gratuite qui révolterait tous les hommes éclairés de notre beau et cher pays. (1)
Notre système d'éducation a été l’objet d’un examen sérieux de la part des autorités romaines.
(1) C'est en 1851 que les Pères du 1er concile par le décret XV reconnaisraient l'utilité de ces écoles, et le gouvernement voyant que personne ne songeait à les établir, s’en est occupé en 1856 ; il les a ouvertes en 1857, avec le concours de NN. SS. les évêques. de Québec et de Montréal.
L'A8gé H. A. VERREAT,
Les écoles normales, telles que orgarisées aujourd’hui, avec nn corps enseignant mixte (prêtres et laïques), présentent un excelient système d'organisation.
Il serat difficile d'obtenir mieux avec l'élément religieux seu lement, vu qu’elles offrent toutes les garanties désirables au point de vue religieux, et qu’elles ont en outre l'avantage d’avoir desprofesseurs permanents.
L'Asi. P. Lagacé,.
L'extrait suivant d’une lettre de Son Eminence le cardinal Taschereau à l'honorable Premier Ministre de la province de Québec, en date du 10 septembre 1886, résume clairement l’appréciation de nos lois d'éducation : ‘ Je saisis cette ‘ occasion pour dire de nouveau combien notre système d'éducation a été admiré à Rome par les hauts personnages à qui j'en ai fait connaître les grandes lignes pendant mon séjour dans la Ville Eternelle, en 1881. Piusieurs m'ont dit qu’il serait à souhaiter qu: dans le monde entier les droits de l'Eglise, de l'Etat
et de la famille fussent aussi bien respectés ‘ que dans notre province. Is ont aussi exprimé leur étonnement, quand je leur ai dit qu'il y avait des catholiques qui voudraient mettre l'État hors de l'École et qui traitaient de maçon-
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niques nos lois d'éducation. ” Aussi la classe enseignante a-t-elle applaudi de tout cœur à l'honneur que Léon XIII a conféré à notre digne et dévoué Surintendant, l'honorable Gédéon Ouimet, en le créant Commandeur de l'Ordre de St-Grégoire Le Grand. Comment ne pas reconnaître en cette grande distinction la consé-
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