‹ L'enseignement primaire [microforme]Chapitre 49 sur 69 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Enseignement de la langue maternelle : La lecture.—Les leçons dechoses—Lecons intuitives de grarmmaire.—Les dictées. — L’enscignement oral de la géographie et de l’histoire. —De la.

‘ rédaction.

Dans le chapitre qui précèäe nous nous sommes efforcés de démontrer combien il serait désirable et opportun de remplacer le défectueux système de l’enseignement de la langue par la grammaire, par l’enseignement de la grammaire par la langue.

Ce dernier mode n'a rien de mécanique, et par lui on ne se contente pas de nourrir l’esprit des enfants seulement de mots, on le vivifie par la pensée, tout en le développant et le fortifiant par des exercices d’intelligences convenables, souvent répétés.

Des écrivains de mérite ont consacré leur vie et leurs talents à étudier et à préconiser ce système si favorable à l'instruction, à l'éducation morale et intellectuelle entre les mains de l’éducateur qui sait s’en servir.

I] serait trop long d’énumérer tous les noms des pédagogues illustres qui ont écrit sur ce su-

jet. Qu'il suffise de nommer Pestalozzi, Cominius, Froebel, Girard, Braun, Rendu, Pape— ‘Carpentier, etc, etc

Ces noms offrent une garantie suffisante à tout instituteur qui désirerait entrer dans cette voie progressive de l'éducation, qui a non seulement pour but d'apprendre aux enfants à parler et écrire correctement, mais encore et avant tout -à penser.

Cet enseignement mérite d'autant plus d'attention de la part de l’instituteur, que la langue maternelle est la plus importante de toutes les matières qui composent un programme d’éducation.

En effet, l'homme doit tout à sa langue maternelle : c'est par elle que la bienfaisante lumière de la raison est arrrivée jusqu'à sa jeune intelligence encore enveloppée des ténèbres de l’enfance.

C’est à elle que le jeune homme est redeva- “ble de son avancement dans les sciences, les arts

et l’industrie,

C’est elle qui procure à l’homme ces pures jouissances, ces douces joies que l’on éprouve “autour du foyer parternel.

C’est elle qui fait connaitre à un peuple ses grandeurs et ses malheurs passés.

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… Elle est le porte-étendard de la foi dans les pays chrétiens.

C'est à sa faveur que les rayons de la lumière divine du Sauveur pénètrent chez tous les peuples de l’univers.

En un mot, c’est elle qui conduit l’homme vers Dieu, en lui apprenant à le connaître, à l'aimer et à le servir.

Ah! pour nous, Canadiens-français, cette belle langue que nous ont léguée nos pères est uü trésor d’un prix inestimable !

Nous l'avons conservée au prix de grands sacrifices.

Nos luttes glorieuses du passé nous sont une garantie pour l'avenir.

C’est grâce à l'attachement profond que le:

Canadien professe pour sa langue, que le souvenir de son ancienne mère-patrie, la France, est resté si profondément gravé dans son cœur tou-jours français !

Il y a ici plus qu’une question de pédago-.

gie, dit M. l'abbé Lagagé dans un de ses rapports à l'Honorable surintendant de l’Instruction publique :

“ Le patriotisme et la religion y trouvent aussi leur compte, Nous ne resterons Canadiens-

français qu’à une condition ; c'est de nous attacher fortement à la langue de nos pères. Si nous nous donnons la peine de la cultiver, si nous avons soin de la parler et de l'écrire correctement, dans nos écoles surtout, nous acquerrons par là plus d'autorité pour nous faire respecter nous-mêmes d’abord, et ensuite, pour faire respecter notre nationalité et notre foi.

‘Or, qui dit canadien, dit catholique ; pour nous, ces deux mots sont synonymes.

‘* C’est aussi ce qu'écrivait dernièrement un de nos journaliste ; ‘ On n’est qu’à moitié canadien quand on n’est pas catholique.”

Instituteurs, gravons profondément dans nos cœurs ces belles paroles, empreintes du patriotisme le plus pur, qu’écrivait il n'y a pas encore bien longtemps, le regretté M. Lagacé.

Dans le chapitre I du Livre Quatrième nous avons proposé non pas une inno-ation, mais un changement qui sans être nouveau, est cependant plein d’actualité.

Il est un principe fort sage et très accrédité, ‘“ qu'il faut toujours faire connaître les moyens d'appliquer le remède que l’on suggère, ” à cet effet, nous parlerons des moyens qu'il faut prendre pour rendre attrayant aux enfants l'enseignement de la langue maternelle.

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