‹ L'enseignement secondaire et la démocratieChapitre 4 sur 94 · X AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

X AVANT-PROPOS

Contre cette afflrmation, notre travail tout entier proteste. Non, les institutions pédagogiques ne doivent pas développer également toutes les tendances, tous les instincts d'une société, mais elles doivent comprimer les mauvais et favoriser les bons. Non, la tâche de l'enseignement n'est pas de perpétuer le présent, mais de préparer l'avenir; son but n'est pas de consacrer les gestes actuels, mais d'inspirer les actes futurs. C'est pourquoi l'enseignement d'une nation et d'un temps doit être donné au nom d'un principe, d'une idée. Son organisation doit-être, non pas abandonnée au désordre et à la confusion du réel, mais réglée d'en haut par un idéal moral et social.

L'idéal démocratique de liberté et de justice est, nous semble-t-il, le plus haut qu'ait encore conçu l'humanité. En même temps qu'il marque une conquête décisive de la conscience humaine, il résume en lui le meilleur des expériences morales antérieures. Il n'est plus permis, il n'est plus possible à qui l'a entrevu d'y renoncer. C'est donc à lui que nous demandons d'inspirer et de régler notre Enseignement secondaire.

Faire de libres esprits et des cœurs justes, tel est le but que nous assignons à l'Enseignement secondaire. Tout ce qui peut susciter l'élan des intelli- •^ences vers les hautes idées, développer le goût de

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