‹ L'enseignement secondaire et la démocratieChapitre 44 sur 94 · Ibid.y p · texte numérisé non relu

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Toutes ces vues et bien d'autres encore — car le livre de Cournot abonde en aperçus ingénieux et pénétrants — procèdent d'un sens très net de la vraie originalité de réducation libérale. Toutefois il ne nous semble pas que Cournot ait assez songé à fonder en raison la préférence qu'il accorde à la pédagogie libérale, ni à appuyer sur des principes d'ordre rationnel le système d'éducation qu'il nous propose. D'une part, en effet, il se borne à nous dire que c'est son « opinion bien arrêtée » que l'éducation libérale doit être préférée à l'éducation utilitaire *. D'autre part, il avoue que le plan d'éducation libérale qu'il nous propose n'est pas celui qu'il conçoit comme le meilleur. Mais les tendances du temps, déclare- t-il, sont hostiles à l'établissement d'un système d'études libérales; il faut donc savoir a faire au siècle les concessions qu'il réclame^ ». La meilleure tactique est de sauver ce qui peut être sauvé des études libérales, et de restreindre ces études « dans des limites tracées par les conditions de l'époque, afin d'y laisser pénétrer... les autres objets d'études que l'opinion y appelle ^ ». Le plan d'études que Cournot nous propose est ainsi le produit d'une sorte de compromis entre les goûts libéraux de Cournot et les goûts utilitaires du siècle.

Aussi conçoit-on quelque inquiétude sur la valeur de ce système hybride, qui, pour se faire accepter, consent à admettre des éléments incompatibles avec son propre principe. On se demande s'il n'a pas dû se glisser beaucoup d'arbitraire dans le choix des exercices et des

1. Cournot, Des Imtilulions d'instruction publique en France, 1864, p. 47.

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