‹ L'enseignement secondaire et la démocratieChapitre 45 sur 94 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

matières dont Cournot accepte la suppression (le grec, la composition latine, les vers latins) et de ceux qu'il croit devoir laisser pénétrer dans le vieil Enseignement classique (langue allemande, histoire, sciences physiques et naturelles, philosophie, etc.). On se prend enfin à douter que la tactique que Cournot a cru devoir employer pour défendre la pédagogie libérale soit, comme il le pense, la meilleure. C'est une tactique de découragé, d'homme qui ne croit pas au succès. Tout imprégné de cette philosophie positiviste, qui saturait alors Tair ambiant, Cournot pense que l'évolution des sociétés se poursuit fatalement, « qu'il n'est donné à personne de pétrir ou de repétrir la société, pas plus en dictant des règlements d'éducation publique qu'en promulguant des constitutions politiques * » et « que les institutions d'éducation publique sont principalement déterminées par l'état de l'opinion et des mœurs, non l'état de l'opinion et des mœurs par la lente action des institutions d'éducation publique * ». S'il était naturel que Cournot mît peu d'acharnement à défendre un système qu'il croyait condamné et se contentât d'opposer une résistance résignée et passive à l'envahissement de l'utilitarisme, il est certain aussi que ce visible découragement d'un libéral qui s'avoue vaincu n'a pas dû médiocrement encourager la pédagogie utilitaire. Les représentants de cette dernière doctrine, en voyant leurs adversaires mollir, consentir des concessions inespérées, mettre, pour ainsi dire, leur drapeau en berne et abandonner leurs principes, devaient naturellement accroître

i. Cournot, Des Institutions (Tinstruction publique en Finance, I86i, p. 8.

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