‹ L'enseignement secondaire et la démocratieChapitre 47 sur 94 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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« L'éducation libérale, affîrme-t-il, ne peut pas être séparée de l'éducation chrétienne », et, ailleurs, « le christianisme est une armure pour la personnalité humaine * ». Ainsi, tandis que nous croyions avoir affaire à une doctrine philosophique, nous nous trouvons soudainement mis en face d'une doctrine théologique. Ce système qui se proposait de former des « intelligences libres » n'aboutit, en fait, qu'à tyranniser les esprits.

On devine quelles incertitudes et quelles faiblesses cette première inconséquence introduit dans tout le système. Quand Laprade en vient à établir les programmes et à choisir les méthodes d'enseignement, c'est par des raisons assez bizarres qu'il défend son choix, souvent excellent d'ailleurs et qui pouvait se justifier par de plus solides arguments. Si, par exemple, il préconise l'étude des langues anciennes, c'est surtout parce que « la Grèce a été chargée de préparer l'esprit humain à la doctrine chrétienne, de môme que Rome a été chargée de préparer l'Occident à la discipline, à l'autorité de l'Église ^ ». N'insistons pas davantage. Mais retenons de notre examçn cette idée que, si le livre de Laprade n'a fait qu'ajouter un brillant et inutile plaidoyer à tous ceux qui existaient déjà en faveur de l'éducation libérale, c'est parce que l'auteur n'a pas su s'attacher fermement au principe de sa doctrine.

Jules Simon est un esprit autrement souple et libre que Laprade. Les habitudes philosophiques de son esprit le rendaient capable de soutenir des discussions

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