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conçoive différemment l'idéal de Tesprit bien fait, et qu'ainsi, bien loin d'être « harmonieusement formé », Tesprit des élèves, soumis à vingt régimes divers et contradictoires, ne soit que désordre, confusion et discordance. Il fallait commencer par une définition nette et précise de « Tesprit bien fait ». L'absence d'une telle définition se fait sentir à chaque page des Instructions et y crée l'incertitude, l'imprécision la plus regrettable.
Prenons un exemple. Les Instructions nous affirment que la philosophie est « un moyen de culture intellectuelle ayant sa valeur propre et son efficacité originale », parce qu'elle exerce et développe des facultés nécessaires à un esprit bien fait, à savoir « l'esprit d'analyse, l'esprit d'examen, l'abstraction et la généralisation, le raisonnement, en un mot, toutes les facultés discursives, mais appliquées aux faits moraux qui ne tombent pas sous les sens et qui ne sont pas pesés dans des balances matérielles * ». Mais ce que l'on ne nous dit pas, c'est pour combien ces « facultés discursives appliquées aux faits moraux » doivent entrer dans la « formation harmonieuse de l'esprit ». Bien plus, on ne nous prouve même pas qu'elles soient nécessaires. Est-ce là cependant une de ces vérités évidentes, un de ces axiomes qui s'imposent à la raison? Ne pourrait-on pas soutenir que ces facultés discursives, « l'esprit d'analyse, Tesprit d'examen », — sans parler de leurs effets sur la volonté et la sensibilité — paralysent la fermeté et la décision de l'intelligence, énervent l'esprit d'invention et d'initiative? C'est une thèse qui a été souvent