Cf. Enquête, Déposition de M. Boutmy
saire vaille mieux que celle qui consiste à lui céder. Nous ne voulons pas que TEnseignemenl secondaire reçoive de FÉlat mission expresse de prêcher une certaine doctrine, quand bien même cette doctrine serait le rationalisme ou Tidéalisme. Nous ne pensons pas, avec M. A. Dupuy, que TUniversité soit « TÉtat enseignant », et que, TÉtat « étant, depuis 1789, identifié avec la société laïque », TUniversité doive être chargée officiellement « de faire de ses élèves de bons républicains* ». Nous n'acceptons même pas les idées plus modérées de M. Fouillée, qui, avec quelques atténuations, soutient au fond la même thèse et demande que, « à côté de la partie critique de la philosophie, on ne craigne pas d'ajouter une partie positive et constructrice, qui sera résolument idéaliste' ».
Enseigner dans nos lycées une philosophie d'État, si vague et générale qu'on la suppose, ce serait s'aliéner tous ceux qui ne la professent pas. Mais surtout — et cela est grave — ce serait en revenir à des pratiques discréditées par l'expérience et exclusives de la liberté. L'État ne saurait être juge des doctrines, parce que les doctrines, quand elles ne sont pas oppressives de la liberté, ne relèvent que de la conscience individuelle. Condorcet exprimait la vraie doctrine libérale quand il enfermait dans ces limites précises le devoir de l'État en matière d'éducation : le devoir de l'État, disait-il, « est d'armer contre l'erreur, qui est toujours un mal public, toute la force de la vérité; mais il n'a pas le droit de décider où réside la vérité, où se trouve l'er-