Cf. A. Dupuy, VÉtat et VUniversité, p
2. Cf. Fouillée, L* Enseignement au point de vue national, p. 333.
reur* ». Et il disait encore, avec plus de précision : « Le but de réducation ne peut plus être de consacrer les opinions établies, mais, au contraire, de les soumettre à Texamen libre de générations successives, toujours de plus en plus éclairées* ».
Maintenons donc, contre les timorés et contre les imprudents, le droit du maître — puisque aussi bien ce droit est une conséquence du principe libéral — à enseigner la doctrine qu'après de mûres réflexions il a reconnue vraie.
Pourtant d'autres objections encore, — plus sérieuses celles-là et dont quelques-unes ne laissent pas d'être assez troublantes, — sont élevées contre la liberté de l'enseignement telle que nous venons de la définir. D'abord, objecte-t-on, proclamer pour chaque maître le droit d'enseigner librement, c'est-à-dire d'enseigner ce qu'il veut, c'est proclamer son droit à la tyrannie sur des consciences. — A quoi nous répondrons simplement qu'en demandant pour le maître le droit d'enseigner en toute liberté ce qu'il pense, nous n'oublions pas que ce droit a une limite, qui est le droit pour les élèves de penser librement. Étroitement fidèles au principe libéral, nous déclarons expressément la liberté des élèves limitative de celle du maître ; et nous tirons de là cette conséquence pratique que le maître, ayant pour premier devoir d'apprendre à ses élèves à penser par eux-mêmes, doit, non pas imposer, mais seulement exposer ses idées, non pas catéchiser, mais discuter.