I. L'affranchissement des petits Séminaires
II. La liberté de l'Enseis-nement privé, soit secondaire, soit prire, qui seule peut contrebalancer la mauvaise influence de 1 Enne ment public ;
III. La réforme de l'Enseignement public lui-même autant que e réforme est possible.
Or, sur ces trois points fondamentaux, qui résument tout, le veau projet de loi opère douze réformes principales :
!• Les ordonnances de 1828 sont abrogées (art. 85 du projet de Hiiiendé par la commission législative. — Rapport de M. Beugnot, 04)-lO2);
2* Le certificat d'études n'est plus exigé (art. 69) ;
:$' Les petits séminaires sont affranchis (art. 76);
'i* Les grades obligatoires pour tous ceux qui veulent enseigner l abandonnés (art. 66);
.*»• Les congrégations religieuses cessent d'être exclues du droit imun (art. 66, rapport p. 94, 95) ;
6" La liberté de V Enseignement charitable est proclamée pport, p. 58);
7'» 1^^ inamovibilité des maîtres d'école est abolie (art. 29) ;
H* Les écoles normales primaires disparaissent (art. 33, 34);
9« Le monopole de l'enseignement est renversé (art. 66) ;
10" La corporation, la hiérarchie universitaires sont ellestnes profondément modifiées et transformées (titre 1"') ;
11* La centralisation gouvernementale et administrative de ni ver si té disparait avec les comités cantonaux, avec les comités n'ondissement, avec les conseils académiques actuels, avec le ind conseil de l'Université, avec la hiérarchie des inspecteurs, lies ces institutions dont on avait tant à se plaindre sont supniées ou complètement changées (art. 7, 9, 10);
12° Enfin la société en péril et l'Etat menacé font appel à
itre les intransigeants du parti que les résultats obtenus ne satistaierit pas encore et qui eussent voulu pour l'Eglise le monopole iolu de renseignement :
[ Santi doute, on pouvait désirer que l'instruction publique fût
Nous avons mis trente ans a reconstituer sur d bases nouvelles l'œuvre d'enseignement primaire la nation brisée par cette loi néfaste ; en ce qui co cerne l'école primaire, la loi de 1850 n'est plus giw aujourd'hui qu'un souvenir ; mais la partie qui touc à l'enseignement secondaire subsiste encore, et chaq jour nous pouvons en voir les résultats.
Vous connaissez l'histoire de l'article 7, vous sai comment Jules Ferry voulut, après avoir réorgani l'enseignement primaire, réglementer l'enseignema secondaire libre, et le résultat négatif de sa tentati^ Souhaitons que les propositions de loi soumises I ce moment au Parlement, et qui tendent au mè^ but, aient un meilleur sort. L'œuvre même de défen républicaine, à laquelle doivent se consacrer, sa distinction de nuances, tous les républicains, légi merait à elle seule notre vœu.
Et maintenant, après avoir considéré tout le pro tiré par l'Eglise de la loi de 1850, c'est-à-dire de qu'on appelle la liberté de l'enseignement, voul^ vous vous demander quelle est la situation de Tens^ gnement laïque libre ? Mais où est-il, cet enseigtl ment?
En fait, le régime de la liberté de l'enseigneme a abouti à la constitution de deux enseignemei
entièrement et exclusivement confiée à l'Eglise; que, du moins, d| le conseil supérieur, il y eût douze ou quinze évéques au lieu trois ; que, dans les conseils départementaux, on ne comptât cpie i prêtres, des religieux ou des catholiques fidèles ; qu'en l'abseï absolue de tout grade, de tout brevet, de tout diplôme, un stage quelques semaines répondit aux conditions qu'exige la constituti pour la capacité et la moralité. Tout cela eut été peut-être parfn — si cela eut été possible ! »
Voir dans le n* du 20 nov. 1880 du même journal un article VAmi de la religion du 13 nov. 1849 sur le même sujet.
mix : l'enseignement donné par l'Etat et celui de ;^lîse. A renseignement laïque libre, l'existence impossible. Il a bien, en théorie, le droit d'exismais les conditions mêmes de la vie font défaut. &t sur quoi avaient compté les auteurs de la loi L850- Qu'est-ce, dès lors, qu'une liberté dont l'ue n'est possible qu'à quelques-uns ? En somme oi de 1850 a créé deux monopoles, celui de l'Etat celui de l'Eglise, avec cette différence que le 3nd a sa pleine indépendance. A cet égard, les positions des directeurs d'établissements congrégates qui ont comparu devant la commission d'en- (te de la Chambre sont des plus instructives. >e réclamer constamment de la liberté, repousser tes les charges que son exercice comporte, telle la tactique cléricale en matière d'enseignement, dielet a montré, 'dans un de ses livres, toute l'ha- 5té <}UÎ, dès le dix-septième siècle, caractérisait en ffenre les jésuites, prêchant un libre arbitre théoue et se réservant de diriger cette liberté incomde, de la fairo^ tourner en pratique au profit de itorîté- « Avec le mot de libre arbitre, dit-il, ils ;amotent Jésus, sauf k escamoter, avec le mot de us, la liberté qu'ils mettaient en avant. »
3'est à Michelet encore quç je demanderai le derr mot :
K Qui devons-nous accuser dans K situation actuelle ? rivait-il, en 1845, dans la préface de son livre sur Prêtre j la Femme et la Famille?
« N'accusons pas les jésuites qui foat leur métier jésuites; « Non, c'est plutôt nous que nous devons accuser.
« Si les morts reviennent en plein jour, si * revenants gothiques hantent nos rues au grand soi c'est que les vivants ont laissé faiblir en eux l'esj de vie. Déposés par l'histoire à côté des morts p anciens, dûment inhumés et bénis selon les ri funéraires, comment reparaissent-ils ?... Leur 1 seule est un grand signe, un grave avertissement,
« Cela a été permis, hommes du temps, pour v< rappeler à vous-mêmes, à ce que vous devez être. Si l'avenir, qui est en vous, se révélait dans sa lumiè qui donc détournerait les yeux vers l'ombre et la i^ qui s'en va ?
« A vous de trouver l'avenir, à vous de le faire
Nous vous demandons de confirmer l'œuvre congrès de Rennes , en adoptant à votre tour le v suivant :
« Le XIX® Congrès national de la Ligue françai de l'Enseignement, réuni à Toulouse, affirmant nouveau les sentiments qui ont été ceux du XVli Congrès , à Rennes , fait appel à l'activité de proj gande des sociétés fédérées pour parer aux grai| atteintes portées à l'union morale et sociale de France par l'enseignement secondaire congréganis et signale à l'attention du gouvernement le daiig de recruter ses fonctionnaires parmi les jeunes ge qui ne sortent pas des établissements de l'Etat (1 .
(1) Ce vœu, adopté à l'unanimité dans la séance du 2 novemil Ta été de nouveau dans la séance du 4, avec cette inodificatid « par renseignement congréganistc à tous ses degrés. »
îoMMAiRE. — Le projet du gouvernement et les )positions de la loi Levraud et Rabier à la ambre. — Le rapport de M. Aynard. — Un icours de M. d'Haussonville. — Les, deux jeusses : MM. Ribot, Cousin. — L'État et les ictionnaires. — La lutte de l'Eglise contre Jniversité. — M. Ribot et le mal présent. — icessité d'une loi. — Une statistique. — Les agrégations non autorisées. — Vœux émis ns le pays. — Le vœu de là Ligue (1).
Le XIX® Congrès national de la Ligue française de Inseignement, réuni à Toulouse les 2, 3 et 4 nombre dernier, a adopté, à l'unanimité de ses mêmes, le vœu suivant, qu'avait déjà émis, également à tnanimîté, le Congrès de Rennes en 1898: « Le Congrès fait appel h l'activité de propagande s sociétés fédérées pour parer aux graves atteintes »rtées à l'union morale et sociale de la France par enseignement congréganiste à tous ses degrés, et
[1/ Rapport présenté ou congrès de Paris, le 9 juillet 1900.
signale à Tattention du gouvernement le dangei recruter ses fonctiontiaîres parmi les jeunes gens ne sortent pas des établissements de l'Etat. »
La seconde partie de ce vœu a reçu un comn cément de satisfaction. Moins de quinze jours a] le congrès, le 14 novembre, le gouvernement d^ sait sur le bureau de la Chambre un projet de tendant à exiger des aspirants aux fonctions pu ques pour lesquelles sont requises les études se< daires ou supérieures et des aspirants aux gra écoles du gouvernement, un stage de trois ans les lycées et collèges de l'Université (1).
(1) Voici le texte de ce projet de loi déposé le 14 noTembre sur le bureau de la Chambre des députés :
(( Messieurs^
(( Il doit y avoir entre l'Etat et ses collaborateurs une coiximu de sentiments et de vues sur les principes fondamentaux société et sur les institutions politiques qui règlent les rap entre cette société et l'Etat.
(( Le désaccord sur ce point serait de nature, à certaines heii à mettre en péril la paix publique et à compromettre les int< supérieurs du pays.
« Le gouvernement a donc le devoir de demander un conc loyal et dévoué aux fonctionnaires et à tous ceux qui, à un di quelconque, peuvent être les dépositaires de la puissance publij
« Le gouvernement estime qu'il se procurera ces g^arantie^ imposant un stage dans les lycées ou collèges de l'Etat aux rants aux fonctions publiques auxquelles conduisent les études s daires et supérieures, ainsi qu'aux candidats aux examens et cours d'admission aux écoles du gouvernement établies poul recrutement des services publics. I
« Cette mesure ne porte atteinte à aucune de nos libertés. £Ui rétablit ni le régime du certificat d'études, ni l'autorisation p| lable. Les familles gardent la faculté de confier l'éducation de 1^ enfants à des maîtres de leur choix. Elles sauront seulement pour les fonctions et emplois recrutés par l'Etat et rétribués lui, les candidats devront fournir la référence de trois années sées dans un établissement universitaire.
(( Le gouvernement est seul responsable de ses collaborât^ devant le pays. Nul saurait lui contester le droit d'exig-er de collaborateurs les garanties qu'il croit indispensables pour la bo administration des affaires publiques.
« Nous vous proposons d admettre au stage scolaire les élèves
Deux, propositions de loi, inspirées des mêmes ^timents que notre vœu et le projet du gouvernejnt, avaient été précédemment. soumises àlaCham- B : l'une, par M. Rabier, ayant pour but le*rétassement du monopole universitaire, l'autre par , Levraud et interdisant renseignement à tous les îinbres des congrégations religieuses.
Renvoyés à la commission de renseignement, ces ux propositions et le projet du gouvernement ont B Tobjet de deux rapports défavorables de M. Aynard. ors M. Rabier déposa, le 14 juin dernier, une mvelle proposition tendant h interdire Tenseigneent aux membres des congrégations non autorisées. ir 323 voix contre 133, l'urgence a été déclarée, et proposition renvoyée à la commission des assoations qui a décidé de l'incorporer dans le projet
ablissements libres d'instruction secondaire dont le directeur t le personnel appartiendront à des associations, si ces associations Il été constituées conformément aux lois qui régissent la matière. %r ces mots « conformément aux lois qui régissent la matière », ms entendons nous en référer à la loi du 15 mars 1850 et au projet t loi sur le contrat d'association déposé par le gouyernement.