‹ L'enseignement secondaire et la RépubliqueChapitre 9 sur 15 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

mission du Sénat sur le stage scolaire, l'égalité des ti universitaires des professeurs et l'inspection, mais se ] nonça contre le monopole universitaire et, dans ces condit et ces réserves faites, ne s'opposa pas à l'adoption de la tion de M. Brisson, et un discours hostile de M. AynardJ deuxième partie de la motion, ainsi conçue :

« La Chambre adhérant au principe de la propos!^

faite au Sénat et déjà favorablement accueillie par c assemblée pour l'abrogation de la loi Falloux. » fut adoptée par 266 voix contre 242.

Dans la première partie, la Chambre manifestait sa sym thie aux instituteurs et institutrices.

L'ensemble fut adopté ensuite par 282 voix contre 239.

OMMxiRE. — Nécessité de sauvegarder l'union •aie et sociale du pays. — L'esprit laïque )rès Guizot. — Appel à l'initiative privée. — deux, enseignements. — Le droit de l'Etat et fonctionnaires. — Le parti clérical et la liberté l'enseignement. — « Nous voulons qu'elle ae... » — La loi Falloux, ses conséquences:

X monopoles. — Le danger (1).

•e XVIII® Congrès national de la Ligue de TEnpement, réuni Tan dernier à Rennes, a adopté à animité le vœu suivant :

Le Congrès fait appel à l'activité de propagande sociétés fédérées pour parer aux graves atteintes tées à l'union morale et sociale de la France par seignement secondaire congréganiste, et signale attention du gouvernement le danger de recruter fonctionnaires parmi les jeunes gens qui ne «nt pas des établissements de l'Etat. »

Rapport présenté au congrès de Toulouse, le 2 novembre 1899«

Ce vœu, nous vous demandons de l'adopter votre tour.

Les événements qui se sont déroulés en Fran< depuis un an, loin d'affaiblir les sentiments qui ne animaient au Congrès de Rennes, n'ont pu, au c traire, que nous fortifier dans la pensée qu'il urgence à déployer tout le zèle et toute l'activ] possibles pour sauvegarder l'union morale et socil de notre pays, gravement compromise, et qu] double devoir s'impose ainsi au gouvernement de République et à l'initiative de tous ceux d'entre citoyens qui ont mis leur foi en l'avenir dans la foi des institutions républicaines et le développement l'esprit démocratique et laïque.

L'esprit laïque, M. Guizot, au cours d'une discl sion sur la question même qui nous occupe, celle l'enseignement secondaire, rappelait, en 1844, à Chambre des pairs, toutes les conquêtes dont ne lui sommes redevables. Il disait :

« Nous sommes chargés, au nom de la société,! nom du pays, de défendre trois grands intérêts fi damentaux de notre temps :

« D'abord la liberté de la pensée et de la coi cience, qui est la première de nos libertés, celle a^ laquelle nous avons conquis toutes les autres. Il f bien le dire, la liberté de la pensée et de la coi cience, ce ne sont pas les influences religieuses l'ont' conquise au profit du monde : ce sont influences civiles, des idées civiles, des pouvo civils. C'est au nom de la société civile que la libe de la pensée et de la conscience a été introdu| ^ans le monde ; ce sont des idées laïques, des pd

rs laïques qui ont fait par le monde cette grande icjuête. Eux seuls peuvent la garder, comme eux ils ont pu la conquérir.

c L'Etat est laïque et doit rester laïque pour le

ut de toutes les libertés que nous avons conquises, ndépendance et la souveraineté de l'Etat est le ïmîer principe de notre droit public. C'est là le ncipe que nous sommes essentiellement chargés défendre et de maintenir... la sécularisation génée des pouvoirs, le caractère laïque de l'Etat. » Iules Ferry, lors de la discussion de la loi qui iblit l'obligation et la laïcité de l'enseignement, ait, à la tribune de la Chambre des députés, ces rôles du ministre de la monarchie de juillet ; il ; opposait à une déclaration célèbre de l'évêque Malines, revendiquant pour l'Eglise le droit de àintenir sous sa « puissance » les écoles populaires, il ajoutait :

« Ces conquêtes, qui ont été faites par des pouîrs laïques et civils, les pouvoirs laïques et civils iils peuvent les garder, et nous ne les donnerons mais à garder aux pouvoirs ecclésiastiques. » On ne peut mettre plus en relief la différence des ux conceptions de l'ordre social, leur antagonisme solu, et ne vous semble-t-il pas que, depuis quelles années, nous assistons à un retour d'offensive i cléricalisme pour s'emparer précisément de cette irde de nos . libertés que nous ne saurions, sans urîr à une étrange duperie, sans un véritable landon de nous-mêmes, lui confier ?

Vous connaissez les statistiques qui ont été puiées sur les populations respectives des lycées et

^î^prits i>. Et à Tappui de cette appréciation M. A

fcairvi nous cite le cas de ce candidat congre ganLs

au bucvalauréat qui, à cette question : « Y a-t-îl di

lui Révolution un bon et grand citoyen dont voi

^uis^siez me parler ? » répond : « Oui, monsieur, il

Marat ! » et sur une objection du professeur : « .Vi

^ottsi^ur, je ne croyais pas vous déplaire! (1).

.» Conférence faite à la Sorbonne, le 15 avril 1899, sur r£.^*

^^ftt secondaire et la République. Brochure de 36 p., au >m

^ \^ Li^ue de rEnseignement. M. Aulard ajoute : « Ces csp:

^^ ** » làcKé de rendre inertes, on tâche aussi d'y insuffler

/^y^ ^^ ou le mépris des lois laïques, de la Révolution franra

^^^ ^^ ^^ ^t,^^^ contemporaine, si propre à former des citoyens, q

j j^^ ^ ^^ ^^^ d« Buonaparte fut le lieutenant-général de Louis XViU-

*"^ ^ -É ^ ^ plus habilement, par omissions, par mutilations. Il rctr

r ^ *" ^^istoire contemporaine ce ^ui lui déplaît, et il ne mt'.

v^ ^^ '0^'^% ^lOfi ce Ç[ui lui plaît. Ainsi, j'ai peut-être eu la main lu

^^^j^^^r^"^ niais je n'ai pas encore rencontré un seul candidat c

*,^*^ i^^v^"^^^ "^ qui sût bien ce que c'est que la Déclaration des Droit

? , ^ ^>'^^^^^^ ^ connût les grandes fondations de la Convention ; pas

^ ,»»-*^ ^%^ ^ "^V é^^* d'exposer aucun des bienfaits de la Révolution frj

^ ^*^-x^ ^4^^ batailles, des échafauds, des prêtres persécutés. <

-^r^t^ 1L^ ^<i déchaînés, voilà ce qu'on leur montre, et on leur cac 5- »«>^ w\^>^ ^eDdent les fureurs des Vendéens, celles des prèH

.^ , tIT^^a celles des royalistes de toutes couleurs. Une soci u*- ;^^%»î^»^ g'elo^ les principes de 89, une démocratie dirigée par j-r^'^^i^^i/^^ 20 raison et de l'histoire, voilà un état de choses quii i.-^T.^c*^««^i^^«ii ces pieux démagrogrues, qu'abomination et désolatK

y^^ O^ > A^^Q anti-laïque, anti-républicaine, était confiée au seo

^^jgjsi>* ^, tt'^în.tJ*'*® extérieur, où des concessions étaient faites a

^ ^ s*^^ ^j/jCtrines, aux doctrines républicaines , et . qui dov

*\Lj^t^ (^9 ' ^ ^épouses du candidat au baccalauréat, et d'ailloi

^* *^^1^^ '0*^® qu'on loua Marat pour me plaire. 11 paraît qu a

^^<L<^^ * ^V'j^alisme étrange se révèle plus clairement, et (j(

<îous comprenons d'autre sorte la soumission et î délité que les fonctionnaires doivent à la Répu- [{ue. Il ne nous suflit pas qu'on ait la haine dans coeur et des paroles flatteuses sur les lèvres. A la publique démocratique et laïque nous croyons mement qu'il faut, si l'on veut qu'elle soit bien vie, des fonctionnaires nourris de l'esprit laïque, c'est pourquoi nous demandons que quiconque >îre aux fonctions publiques ait fait ses études is les établissements de l'Etat (1).

S' est-ce pas le droit de l'Etat de choisir ses foncnnaires, de leur imposer telles conditions qu'il

onses, celles selon la bonne doctrine et celles selon la mauvaise. ;>-ce ik dire que le républicanisme militant des professeurs de ulté exig'e des candidats une sorte d'orthodoxie historique et i tique ? C'est tout le contraire. Il n'y a pas d'exemple d'une uvai^e note donnée au baccalauréat, en histoire contemporaine, me réponse contraire au sentiment politique du professeur, qui g'arde bien de faire expier à un enfant les fautes et les erreurs ses maîtres. Pourquoi donc les jésuites dressent-ils les enfants îes inutiles hypocrisies? Uniquement pour les habituer à obéir, à er et à plaire : c'est là, je le répète, le but de leur pédagogie, c Voilà ce que j'ai vu par le baccalauréat. »

1) Quelques jours après le congrès de Toulouse, le 15 novembre >9, M. Leygnes, ministre de l'instruction publique, présidant à ris le banquet annuel de l'Association générale des membres de Presse de l'Enseignement, disait : « La Ligue de l'Enseignement montré à' Toulouse qu'elle savait préciser son but et sa ligne de nduite et qu'elle savait par quels moyens elle voulait réaliser ses ojets- Elle a fait porter son effort sur un petit nombre d'idées lires ; elle m'a transmis ses vœux et je les ai si bien compris que les ai réalisés par un projet de loi qui a été déposé hier sur le roau de la Chambre.

«En émettant ses vœux, la Ligue allait au-devant de ma propre nsée et des désirs du gouvernement. Elle disait : il faut que le uvernement demande à ceux qui veulent le servir et qui viennent I offrir le concours de leur activité et de leur intelligence, des iranties de loyalisme et de fidélité. C'est la chose la plus simple ( monde. En effet, on ne taxera jamais un gouvernement de secrisine et d'intolérance, lorsqu'il dira aux Français : toutes les irrières vous sont ouvertes ; mais l'Etat a le droit de vous demanîr <|uelques garanties lorsque vous vous présentez ù lui. C'est tout t que nous voulons faire ; rien de plus, rien de moins. »

8 l'ensbignement secondaire

juge nécessaires à la bonne marche de ses service d'exiger d'eux telles ou telles garanties ? La déclan tion des droits de l'homme proclame l'admis sibiii de tous les citoyens aux emplois. Quand la ConsI tuante a promulgué ce principe de notre droit p blic, elle entendait abolir toutes les distinctions < race, de religion, de naissance qui, sous Tancii régime, excluaient des catégories entières de citoyei des fonctions publiques, leur opposant des barrièn infranchissables. Rien de semblable avec Tobllgatia pour tout aspirant à un emploi ou à une fonction i l'Etat d'avoir fait ses études dans un établissemei universitaire. Les lycées et collèges sont égalemeJ ouverts à tous les enfants de France, quelles qi soient les opinions politiques et religieuses et condition sociale des parents. Vous désirez que voti fils soit, ou puisse être, un jour fonctionnaire : confie] le à l'Université, qui lui donnera cette éducatia laïque et nationale, en harmonie avec notre tempi et sans laquelle l'aspirant aux fonctions publique ne saurait offrir à l'Etat, qui doit le payer, la pre mière des garanties. Que si, au contraire, votij attachement aux principes d'un autre âge, à dei idées, à des sentiments qui sont en contradictioi absolue avec le principe de la société laïque, de s souveraineté, si votre hostilité ii tout ce qui constitu l'esprit moderne et la démocratie sont telles qu vous ne puissiez vous résoudre à remettre le soi] d'instruire votre enfant à ceux-là mêmes qui en on reçu la charge de la nation et, pleins de foi en II puissance de la raison cultivée, se donnent pour bq le développement de toutes les facultés de l'individi^

•rs confiez-le à qui bon vous semblera ; votre fils »a agriculteur, industriel, commerçant, artiste, ;érateur ; il déploiera son activité dans toutes les ^ectîons laissées à sa libre initiative, et peut-être itribuera-t-il, lui aussi, à la force et à la grandeur

la patrie. Mais il ne sera pas fonctionnaire. Il y ra un. peu plus d'harmonie dans le corps administîf, les droits de TEtat et la liberté de chacun 'ont sauvegardés. ,

Bt qu'on ne dise pas qu'ainsi nous attentons à la erté de l'enseignement. Cette liberté, on en parle aucoup, et certes nous sommes trop foncièrement »éraux pour jamais vouloir enlever à ce pays une «rté qui lui a été une fois accordée. Nous croyons [a puissance féconde de la liberté. Mais la liberté l'enseignement existe-t-elle véritablement pour AS, ou la loi de 1850, dont les républicains n'ont nais cessé de combattre et les dispositions et les Bultats, n'a-t-elle donné cette liberté qu'à un parti, parti clérical, à l'Eglise et à l'Eglise seule ? C'est

qu'un bref historique de la question va nous per- Bttre de vérifier.

Comment était constituée l'Université impériale î Napoléon P'', vous le savez : c'était le monopole I l'enseignement réservé à l'Université. Exception était même pas faite pour les petits séminaires, mt le nombre ne devait pas excéder un par dio- 86 (1), qui ne pouvaient recevoir que des élèves

destinant à l'état ecclésiastique et étaient obligés

[1) Le territoire actuel de la France comprenait alors 50 diocèses or 86 départements.

>SEIGK£MEVT «£CnnUU

némes tlèret saim I« c( rill énuocipf ie eetit tutelle i lits séminaires, il întrodait eo II î rrnirerEÏté, nuis il mainties ^essivement en i81S et lS2il. rea ription de l'Empire, il astre:r.i :alaurêal à la prodaction d'un i'« pi 'ils ont fait nnp aDDêe de rhi lêe de philosophie dans un cuit al, ou dans un établissement ou

autorisé. L'Eglise, on peut laÎD sur l'Université. Cela lits séminaires reçoivent des i\f les jésuites reparaissent, et biei érîcal est tel que le gouvernem

rendre les fameuses ordonnao

les collèges des jésuites. Des ra enseigner dans un établissfi»

lîversité ou dans un petit r, par écrit, qu'il n'appartiea> ] 1 non autorisée, béralîsme triomphe dans Ir i'< e alors fait une évolution conu )us avons assisté récemmei e qu'au nom du principe d'aul

obtenir de la monarchie légi a monarchie nouvelle au no t, qui, déjà par la loi de ["n »ns l'école, en inscrivant au p res de l'enseignement liiii onnant place au curé dar nce de commune et d'ami

it et en admettant la concurrence des écoles

., c'est-à-dîre congréganistes (1), est prêt, en

à faire les même concessions dans Tordre de

dgnement secondaire (2). Mais l'ambition du

Ce précédent ne pouvait manquer d'être invoqué par un 3 comme Montalembert, qui croyait n'avoir rien obtenu tant estait quelque chose à g>agner. Le chef des néo-catholiques it d'ailleurs, avec tous ses amis, que l'avantage de pouvoir tper à l'enseignement primaire, bien que fort appréciable,

en somme que peu de chose sous un régime où la foule çnit pas de droits politiques et où les riches étaient seuls irs. Sous la monarchie de juillet, ce n'étaient pas les proie- , c'étaient les bourgeois, les électeurs, qu'il fallait tenir pour l'£tat dans sa main. Or, les bourgeois étaient élevés dans les es. Il fallait donc, à tout prix, que les prêtres devinssent leurs îs, et la question de l'enseignement secondaire avait aux yeux srg'é une bien autre importance que celle de l'enseignement lire )>. Debidour, Histoire des rapports de l'Eglise et de l'Etat ance, de 1789 à iSlO, p. 435. Excellents chapitres dans ce livre 18 luttes de l'Eglise et de l'Etat sous la monarchie de juillet • la loi Falloux.

Quatre projets de loi furent présentés par Guizot ou sous son

ration, de 1836 à 1847. Tous faisaient à l'Eglise, qui ne les

- a pas suffisantes, de notables concessions et échouèrent devant

ossibilité de concilier les prétentions de l'Eglise et les droits

Stat maintenus par le parti libéral.

premier, déposé en 1836 par Guizot, alors ministre de l'insion publique, autorisait l'ouverture d'établissements libres teignement secondaire sous certaines conditions de grades et loralité, mais sans distinction de personnes et sans exiger ni g'ement ni déclaration. Deux amendements introduits par la nbre des députés exiçèrent le serment politique et lu déclaraécrite de n appartenir à aucune congrégation non autorisée, gouvernement laissa tomber le projet.

ï second, présenté par Villemain en 1841, fut retiré par le goulement, sans avoir été discuté, devant les protestations des (ues, qui trouvaient insuffisantes les concessions faites ù l'Eglise epoussaient la surveillance et la juridiction de l'Etat sur l'en- .mement libi^e.

n troisième projet, déposé par Villemain en 1844 & la Chambre pairs, n'exigeait, pour l'ouverture d'une institution ou d'une sion, que le diplôme de bachelier, un certificat de moralité et brevet de capacité et accordait le plein exercice, c'est-à-dire la pense de conduire leurs élèves aux cours des collèges royaux et itorisation de les présenter directement au baccalauréat, aux blissements dont les professeurs auraient les mêmes grades que IX des collèges. Amendé dans un sens encore plus favorable à glise par la Chambre des pairs, il fut l'objet, à la Chambre des 3utés, du célèbre rapport de Thiers, qui, en plus des conditions

parti prêtre grandit, avec ses exigences, à mesi qu'il se croit près de toucher au but, et bientôt j n'est plus seulement le droit à la concurrence auqj il prétend, mais à la ruine de l'Université et à^ main mise complète, absolue, du clergé sur l'ens] gnement. i

« Les catholiques, disait en décembre 1843, plus célèbre polémiste du parti, Louis Yeuillot, da une lettre adressée à M. Villemain, alors minist de l'instruction publique, continueront d'admettr^ l'égalité civile les autres religions, mais en les ^ gardant toujours de l'œil dont ils regardent tot^ erreur, mais en les jugeant toujours du haut de i vérité de leur Seigneur Jésus-Christ ; ils continueroj enfin de professer qu'eux et leurs enfants, et 1 enfants de leurs enfants, jusqu'à la fin des siècle doivent vivre et mourir dans le sein de cette Eglii véritable et divine, la très sainte Eglise catholiquj

de prades, de moralité, de capacité, exigea la déclaration de n'appl tenir à aucune congrégation non autorisée et maintint la jaridictîi des conseils de l'Université à laquelle la Chambre des pairs av^ substitué celle des tribunaux. Le gouvernement alors se refusa la mise à l'ordre du jour et annonça l'élaboration d'un nouvel projet (février 1846).

Ce quatrième projet, préparé par Salvandy, fut déposé le 12 avi 1847. Tentative nouvelle ae transaction entre les prétentions ( l'Eglise et les droits de l'Etat, il ne réussit qu'à soulever une noi velle explosion de colère du parti prêtre et se heurta, à la Ghambi des députés, à l'esprit qui avait inspiré le rapport de Thiers et q dicta un autre rapport dans le même sens. Le projet n'avait pi encore été discuté quand la révolution de février renversa la m narchie.

Ainsi, quatre fois en onze ans, le j^ouvernement essaya de doniM satisfaction à l'Eglise, et quatre fois il échoua, parce que d'ui part, si conciliant qu'il voulût se montrer, il ne pouvait abandoniM complètement les droits de l'Etat et que constamment la Chambi des députés se refusa à le suivre sur le terrain des concessions o il s'engageait, et que d'autre part, à moins d'une complète abdid tion des droits de l'Etat» il ne put jamais rien offrir à l'Eglise (ji répondit ù ses prétentions.

:>stoHquey romaine, hors de laquelle il n'y a point salut ni pour l'homme ni pour la société ; et par iséquent ils continueront de vouloir invincible- ;nt pour elle, non pas seulement la vie, mais la p^ale condition de la vie : la liberté, c'est-à-dire onneur et la primautéy car, étant libre, elle est Iftey et vous le savez bien.

« Nous voulons qu'elle règne,., (1) »

De l'archevêque de Paris au dernier des abbés lémistes, tous tiennent le même langage ; tous ^endîquent pour le prêtre, comme une prérogative son sacerdoce, le droit absolu et exclusif d'enseiler. Les plus modérés concèdent seulement à l'Etat i vague droit de surveillance. Et la lutte devient as vive, plus ardente qu'elle n'a jamais été. >ininent la bourgeoisie qui gouverne pourrait-elle en accorder à de pareils adversaires ? Mais voici (48 ; soudain la même bourgeoisie, voltairienne la dlle, prend peur, et quand les élections de 1849 it envoyé à la Législative une majorité réactionlire et monarchiste, TEglise sent le moment venu ', saisit l'occasion. M. de Falloux, ministre deLouisapoléon, prépare la loi qui porte son nom (2). A

(1) Liberté d'enseignement, lettre h M» Villemaîn, ministre de Vin»' \u:tion publique f 1 Droch., 1843.

(2) Voir H. de Lacombe, les Débats de la commission de 18^9^ iris, Téqui, édit. 1899.

La loi de 1833 avait déclaré la liberté de renseignement primaire, i soumettant les instituteurs publics ou privés aux mêmes condi- »n8 de brevet et à la même inspection. La loi du 15 mars 1850 «firma cette liberté, avec cette clause de faveur spéciale pour l'enseilement congréganiste que le brevet de capacité pouvait être ippléé par le titre de ministre d'un culte reconnu par l'Etat ou par I stag'e de trois ans dans une école publique ou libre, aucune condion n étant d'ailleurs exigée pour ce stage. Bans les écoles de

quoi bon alors se gêner ? Le rapporteur de la I M. Beugnot, plaide l'inutilité du brevet de capac^ pour les congréganistes, à qui cela peut inspirer é pensées mauvaises, comme celle de s'émanciper | d'embrasser la profession d'instituteurs laïque! quant à ceux-ci, si, par suite des dispositions dé^ vorables de la loi, leur nombre diminue, eh hU les congréganistes çpnt là (1). A la tribune, M. Parisj

filles, la lettre d'obédience admise par une ordonnance de 1836. sans qu'elle constituât un titre donnant droit, pour la direction j écoles élémentaires, était assimilée au brevet de capacité poun institutrices appartenant à des congrégations enseignantes et reo^ nues par l'Etat. De plus, le curé avait un droit personnel d'ins^M tion aans l'école.

A la liberté de l'enseignement primaire, la loi de 1850 ajouta liberté de l'enseignement seconoaire, avec un régime analog-ue faveur pour l'enseic'nement libre. Seul dans sa maison, le direct^ d'un établissement libre était astreint à un stage préalable de d ans soit comme professeur, soit comme surveillant, dans un établ sèment public ou libre, et à la production d'un certificat de cai cité délivré par une commission où le ministre du culte prof^ par le candidat était appelé avec voix délibérative. Quant à l'insp^ tion des écoles libres, elle ne portait que sur la moralité, l'hygi« et la salubrité ; elle ne pouvait porter sur renseignement que {xn vérifier s'il n'était pas contraire à la constitution et aux lois.

(1) « Le brevet de capacité, inutile pour constater l'aptitude d membres des congrégations religieuses, n'est pas à leur égard !>a inconvénients. A la suite d'examens publics, et quand il sont mui d'un titre délivré par l'autorité civile, les religieux contractent à habitudes d'indépendance contraires ù leurs vœux, ht qui en o conduit plusieurs à quitter leurs congrégations pour embrasser

Î)rofession d'instituteurs laïques. L'Etat ne doit pas relâcher 1 iens qui font la force de ces instituts, dont l'un, entre autres, exis en France depuis soixante-dix ans et rend à l'enseignement pop laire des services sur lesquels il est superflu de s'étendre.

« ...Si la profession d'instituteur devait être dédaignée, il o aurait pas lieu de vous en alarmer; l'appel de la patrie scri entendu par les instituts religieux, dont l'unique mission est de U mer pour l'enfance des instituteurs qui rapportent sur elle leii pensées, leurs affections, leur vie entière. Les vides faits dans corps des instituteurs primaires, par le calcul de l'égoïsme, seroie comblés par le dévouement.

<( ...L'erreur capitale de la loi de 1833 fut d'imposer à l'institut^i primaire un sort misérable, et en même temps d'exiger de lui 1 connaissances variées, brillantes, assurément très inutiles à. la (oa tion qu'il doit remplir... On a fondé à grands frais, non [^

que de Langres, traite TUniversité de foyer d'imralité, d'athéisme, d'incrédulité, d'esprit anarchi- 5 et révolutionnaire, et regrette que le projet de ne l'ébranlé pas davantage.

Har, et retenez-le bien, le parti clérical ne fut bord pas satisfait de la loi. Toute l'organisation Lversîtaîre était brisée, le monopole détruit, l'in- ■ence du clergé dans les conseils de l'instruction blique reconnue ; les congrégations obtenaient le >ît d'enseigner avec d'amples privilèges, la surveilice de l'Etat était réduite à une surveillance d'ordre blicy c'est-à-dire à rien, et à la veille de la discusn de la loi, en décembre 1849, M. Dupanloup, lit-être, en tous cas quelques-uiis de ceux qui avaient is part à l'élaboration du projet croyaient devoir re imprimer et adresser à tous les évèques de ance un mémoire explicatif où, énumérant les mo-

anie la raison l'indiquait, loin du tumulte des villes, mais dans

chefs-lieux de soixante-dix-huit départements, des écoles norles primaires. Des établissements de ce genre existent, dit-on, Allemag'ne où ils ont réussi ; on en conclut qu'ils réussiraient en ince. Le programme de l'enseie'nement primaire ayant amplifié,

études ont pris dans ces écoles des accroissements exagérés et ks but. Croirait-on qu'on y enseigne les logarithmes, l'algèbre, la ponoiiiétric,la cosmographie dans ses théories astronomiques, et on y donne, non pas des notions élémentaires, mais des cours com- »ts de géométrie, de physique, de chimie et de mécanique ?... lant à l'instruction morale et religieuse et à la pédagogie, qui rraient être la base des études, leur enseignement y languit, *lfi*i par la faute des directeurs et des maîtres que par celle des vos qui puisent dans leurs travaux scientifiques et littéraires

esprit bien différent de celui que nous souhaitons de voir rendre dans les campagnes. On ne se sent pas la force do. blâmer

instituteurs et leurs écarts ; on réserve sa sévérité pour le ^silateur qui, cédant à un amour irréfléchi de l'innovation et à ntorité d'exemples inapplicables à notre pavs, n'a pas vu qu'en msformant les instituteurs primaires en des demi-savants, il

fait des hommes malheureux et mécontents. » Rapport de , Bcu^not.

tifs qu'avait le clergé de se tenir jusqu'à nou? progrès pour satisfait, ils disaient :

« Non seulement la corporation et l'ancienne l rarchie universitaire se dissolvent dans une profoi transformation ;

« Non seulement la centralisation gouvernemeni et administrative est abolie par la création des cona départementaux ;

« Non seulement c'est la société elle-même qui substitue à l'Université, à l'État, pour le gouver ment et la surveillance de l'instruction publique ;

(( Mais de plus :

« C'est le clergé de France tout entier, représc dans le conseil supérieur par les trois évêques, é de tous leurs collègues ;

« Représenté dans les conseils départementaux i les quatre-vingt-un évêques et par les quatre-vln| six ecclésiastiques de leur choix ;

« Représenté dans toutes les paroisses par quarante mille curés exerçant, sur l'instruction p maire, l'action la plus immédiate, la plus constani la plus salutaire ;

« Aidé d'ailleurs de tous les ecclésiastiques et tous les laïques fidèles, qui entreront dans l'ens gnement libre autant qu'ils le voudront ;

(( Aidé aussi de toutes les congrégations religieus reconnues et non reconnues par l'Etat, et qui entt ront également, autant qu'il conviendra à leur zè dans l'enseignement primaire et secondaire ;

« C'est le clergé de France, avec toutes ses fore les plus élevées, les plus libres, les plus puissante qui est invité par l'État lui-même, par les grands po

•S de la nation, à venir au secours de la société lacée, en demeurant d'ailleurs dans la plénitude ses droits (1). »

) ^lémoire sur le projet de loi relatif à la liberté d'enseignement mémoire, soumis à N. T. S. P. le Pape et à Nosseigneurs les |ues, n'est en aucune manière destiné à la publicité.) In-8 de 64 p., . Adrien Le Clère et G'*, 1850. Reproduit dans \e Journal général " Instrttction publique^ n" du 11 sept. 1880. Après avoir, dans une iiière partie, exposé, du point de vue clérical, la situation de leîg'iiement en France, l'auteur du Mémoire commence ainsi la arlîe :

Pour porter remède à une si déplorable situation, les amis de alité ont toujours demandé trois choses principales :

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