‹ L'enseignement supérieur et les universités catoliquesChapitre 12 sur 20 · Î4 ' CE QUE DOIT ETRE · texte numérisé non relu

Î4 ' CE QUE DOIT ETRE

ront la communiquer dans son énerg^ie, dans sa splendeur doctrinale. Elles aug^menteront un peu nos forces défensives ; elles ne nous donneront point cette offensive hardie , qui est le propre de tout homme convaincu, et sans laquelle nous ne reprendrons jamais la direction intellectuelle et r^lig^ieuse du monde. Une telle école empêchera peut-être nos soldats de mourir, mais elle n'en fera pas des vaillants ag'uerris : elle sera plutôt un asile ou un refug'e qu'un camp où Ton s'exerce à la manœuvre et un avant-poste où l'on fait l'apprentissag^e du combat.

Bref, elle ne sera qu'une université de préservation. Il est bon de commencer par là; il serait dan g*ereux de s'y arrêter.

Ce qu'il nous importe de fonder, ce ne sont pas des succursales de l'université d'Etat dirig*ées par des catholiques ; mais des universités catholiques vraiment dig^nes de ce nom. Défions-nous des étiquettes mensong*ères, et ne soyons pas la dupe des mots.

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Prenons-y g*arde, car il y va de Favenir de notre religion et de notre patrie. Il serait lamentable, en vérité, que de pareils intérêts fussent compromis par une trompeuse enseigne !

Qu'est-ce donc qu'une université çatholîque ? Il est intéressant de le rechercher et de le dire, afin qu'on ne confonde pas les premiers essais qui sont tentés avec les chefsd'œuvre qu'on réalisera plus tard, s'il plaît à Dieu.

L'université catholique ne méritera son nom que le jour où elle enseignera tout le savoir humain tel que le comprend la doctrine chrétienne. Or les chrétiens conscients de la grandeur de leur foi ne comprennent le savoir humain ni à la manière du positiviste , ni à la façon du matérialiste, ni comme le rationaliste plus pu moins spiritualiste.

Si tous l'entendaient de même , on ne s'expliquerait pas Tacharnement avec lequel ils luttent pour avoir le droit d'enseigner.

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Sauf les mathématiques pures^ aucune des grandes questions qui se posent dans les sciences naturelles , dans les sciences de rhomme ou dans la science divine n'est résolue par eux d'une manière identique. Il y a des problèmes que le positiviste supprime de la science, celui, par exemple, des origines premières et des finalités, et (fui, pour nous, philosophes et chrétiens, occupent le plus haut faîte de la pensée. Le rationalisme dédaigne les mystères profonds de la vie intime de Dieu et la révélation du Christ f et ces mystères sont le principe niême de la science sacrée. Donc, le savoir humain n'est pas le même pour ceux qui suivent renseignement révélé et pour -ceux (|ui adhèrent à d'autres doctrines.

A quoi bon insister sur une vérité aussi manifeste ? Ce qu'il importe de bien mettre en lumière, c'est la nature même de l'université catholique et la différence essentielle qui la distingue d^s autres.

Notre université doit être éminemment

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théolog^ique , en ce sens que le haut enseignement de la relig'ion et les sciences de Tordre divin doivent y tenir la première place. Cela va de soi , car ce qui caractérise notre savoir, c'est la part souveraine qu'y occupe la théolog^ie. On pourrait définir la doctrine catholique : la science de Dieu et de toutes choses, en tant qu'elles se rapportent à Dieu, comme à leur principe, leur loi suprême et leur fin. Or, notre université devant communiquer aux hommes la doctrine catholique, il est nécessaire qu'elle affirme la science sacrée dans toute sa splendeur : là est sa marque certaine.

Il importe aujourd'hui plus que jamais qu^îl en soit ainsi. A cette heure où la science de Dieu paraît tomber dans un si profond discrédit, où la religion semble, même à ses fidèles, avoir perdu sa puissance doctrinale, où la philosophie et les sciences rationnelles ne rencontrent plus qu'une critique dissolvante, ce serait une trahison, si nous, catholiques, subissant ce fâcheux état de Topi-

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