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CHAPITRE VIL

De rOrganisation pratique des universités eatholiques.*

La fondation d'uoe univ^ersité est une oeuvre immense. Pour peu qu'on réfléchisse aux éléments qu'elle suppose, on demeure effrayé. Les catholiques de France ont montré une foi pleine d'audace, et qui ne se justifiera que par le succès, en jetant, dès ie lendemain de la loi sur la liberté de l'enseig'nement supérieur, les germes de quatre ou cinq «niversités libres. JNf 'eût-on pas mieux fait de s'entendre et -de ooncentrer tous les efforts sur la création d'une première université qui eût été la mère ou le modèle des autres? On peut le penser. Un seul ouvragée important vaut mieux que six médiocres qu'une eoncurrence intempestive vi^idra affaiblir en(M>re. Une université im-

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Dosante par le nombre des élèves, le renom maîtres, l'abondance des ressources, •issant comme par enchantement , au lier signal de la liberté, eût été une affirmation de notre vitalité relig-ieuse, ût montré avec une sing-ulière éloice combien nous étions mûrs pour une té dont nous savions faire un si g^rand e.

n'en sera pas ainsi : nos débuts seront estes et nous perdrons en vig-ueur peutce que nous avons cru g-agner, en éparnt nos ressources, nos lumières et nos ;s.

ilheureusement, l'entente est difficile, g^énéraux veulent tous commander un s d'armée et g^g^ner une victoire; nous ns pourtant ce qu'un tel système proet pouvons-nous avoir si vite oublié mène à la déroute et à tous les désas-

me reprocherais de nourrir de tels lentiments devant un berceau fragile, il

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est vrai, mais protégé de Dieu. Il y a mieux à faire que de pronostiquer des échecs; il faut éveiller le zèle de tous les croyants.

Rien ne peut atteindre plus sûrement ce but qu'un aperçu g'énéral sur Forg^anisation pratique de renseig»hement supérieur. En voyant tout ce qu'elle exigée, on saura que nous n'avons à être ni insouciants ni parcimonieux ; en mesurant la g^randeur de l'œuvre, on aura confiance dans l'avenir, et on ne s'effraiera point de l'infirmité des débuts. Le temps est nécessaire à toute œuvre grande. Il faut savoir attendre, lorsqu'on jette en terre le gland qui doit devenir un chêne.

L'organisation pratique d'une université soulève quatre questions d'une importance capitale : la question du matériel, la question des finances, la question du corps professoral, le recrutement des élèves. Pas d'université possible sans élèves, sans maîtres, sans argent pour les faire vivre, sans bâti-

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ments pour les abriter. Pas d'université prospère sans un recruleaient d'élèves abondant et certain, sans un *corps professoral émînent par la scâence, le zèleetla cohésion, sans un aiaiériel complet , sans des finances assurées.

Les catàoliqu^s, en fondant^a leurs risques H périls, leurs jeunes universités, sont donc forcément amenés à se demander où ils puiserc«it les ressources financièrefi, commentik se muniront du matériel requis, où ils prendront leurs professeurs «et de quelle façon se recruteront les élèves. Mais, avant de convoquer les élèves, il faut avoir des maîtres pour les enseigner, et, comme l'enseignement ne se donne pas en plein vent, il faut de vastes demeures pour réunir élèves et maîtres. Je ne parle pas des bibliothèques, des ooUeotions, des musées, des laboratoires, des amphithéâtres de dissecticm , des hôpitaux , des jardins botaniques, et que sais-je encore? L'outillage de la science est presque aussi volumineux que celui de la guerre, et

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Tmi/de connaître a ses arsenaux non moins coûteux qije les arsenaux de l'art militaire*

Enfin tout cela ne se trouve pas sans argent.

L'argent, voilà donc le premier besoin des universités naissantes et leur première coiMiition d'être. Les catholiques ne l'ignorent pas; ils savent que, si la foi est la première puissance de la terre, l'argeiit est son premier esclave.

• Où le trouveront-ils? Une telle question ne nous a jamais airêtés dans nos saintes entreprises. On peut ouvrir l'histoire à toutes les pages; et à toutes les pages on verra qu'en cherchant ie règne de Dieu et sa justice, le reste, y compris l'argent, nous a toujours été donné par surcroît. Quand une œuvre est voulue de Dieu, voici ce qui se passe : elle commence par préoccuper les esprits. Dieu en inspire l'idée à quelques âmes d'abord, à la masse ensuite; l'idée fait explosion, et né tarde pas à passionner ceux qu'elle éclaire. Lorsqu'une pensée provoque

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nsi une noble passion, elle est maîtresse, icun dévouement ne lui manque, elle en scite par milliers ; ils viennent au-devant îlle; on ne lui refuse rien, ni l'arg-ent, ni lonneur, ni même la vie.

Voyez l'idée chrétienne, voyez le chrisinisme. Le Christ n'avait pas une pierre reposer sa tête, et maintenant il a des temîs dans' le monde entier; les empereurs incus ont jeté à ses pieds leurs couronnes, lui ont ouvert leurs trésors; les princesles g^rands-lui ont abandonné leurs pas. Quand les rois et les maîtres de ce indesesont lassés d'une telle munificence, peuple, les pauvres, les enfants ont donné ir obole ; et il s'est trouvé que le sou du uvre a presque fait pâlir les donations Tiptueuses des rois.

L'arg-ent n'a jamais manqué aux œuvres Dieu. A-t-il manqué lorsque les chrétiens, 'tant des catacombes, ont élevé à leurs irtyrs et à leur Dieu les sanctuaires qu noig-nent que les martyrs avaient vaincu

et que Dieu était le maître? A-t-il manqué lorsqu'il fallut org»aniser les croisades? A-t-il manqué lorsqu'il fallut donner asile à ces léguions d'âmes qui, éprises de Dieu, désertaient le monde et demandaient à la solitude un avant-goût des joies du ciel? A-t-il manqué lorsque TEg^lise a voulu déployer la majesté d'un culte que tous les arts ont contribué à enrichir? A-t-il manqué lorsque, dépouillé de tout, le Saint-Père a tendu la main à ses fils et a vu verser à ses pieds les trésors d'une charité sans bornes? A-t-il manqué à l'Égalise de France, lorsqu'au lendemain de la persécution qui avait saccagé ses temples, elle a voulu les reconstruire? A-t-il manqué à l'œuvre de la Propagation de la Foi, au denier de saint Pierre?

Pourquoi manquerait-il à nos universités naissantes? La charité catholique est comme le rocher d'Horeb : que la verge de Moïse le frappe, l'eau vive en jaillira toujours et abreuvera Israël.

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C'est donc sur la charité chrétienne et sur -elle uniquement qu'il faut compter.

Toutefois il importe cle lui feire un pressant appel, de la réveiller, de la provoquer; ^t le premier moyeo^ c'est d'apprendre à tous les catholique de France les g*raves intérêts eng^gpés dans la fondation de leurs universités. Tant que le peuple chrétien, les pères et le» mères, les îg^norants et les lettrés, n'auront pas ^îompris la portée d'une telle œuvre, ne comptez point sur les pro- 4ig*es de la charité. Mais que les évéques, les pasteurs et les apôtres fassent entendre A tout eatholique que l'honneur 4e sa foi, le triomphe de l'Évangîle, le salut de ses fils^ la réforme et la gloire de la patrie sont intéressés au plus haut point au suecès de nos universités, et il n'est rien que nous ne puissions obtenir. Qu'on enseigne aux croyants que ce qui est le plus menacé «wijouixl'hui, c'est la foi; que l'ennemi le plus redoutable, c'est une science falsifiée et perfidement interprétée contre nos dogtnes; que

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leurs défenseurs les plus robustes seront les hommes initiés à toutes les découvertes de la science, instruits de toutes les vérités de la raison, forts des enseig*nements de ia Foi, Qu*on leur prouve que de tels hommes ne se forment pas tout seuls, et que la pépinière où ils g'ermeront et grandiront, ce sont nos universités.

Des pères catholi|u^ n'ig^norent pas que Tâme de leurs fils, leurs convictions relig^ieuses , leur avenir sont en péril dans Tenseig^nement insuffisant et quelquefois irréligieux qui leur est donné. Que de mères en ont pleuré! Il ne tient plus qu'à eux désormais d'avoir des g«.ranties qui leur assurent la garde de leur trésor ': qu'ils ooni^kîrent un peu de leur fortune à la création des universités catholiques.

Voilà ce qu'il faut dire et redire à tous les chrétiens. Le jour où ces. idées auront pénétré dans les masses, vous verrez quel contre-coup elles produiront dans les cœurs. La charité ne marchande ni le dévouement ni

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For. Quand on a le secret de l'éveiller, on peut tout attendre d'elle ; il n'est rien qu'on ne puisse lui demander. Elle sera notre inépuisable ressource financière ; et elle qui sait fournir au pape dépouillé et appamn:»! un budg^et de roi ; qui, pour propag^er la foi aux quatre coins du monde, trouve, avec le simple sou du pauvre, des ressources par millions ; qui ne laisse pas une œuvre de bienfaisance en détresse, — et elles se comptent par milliers, — ne sera pas en peine pour soutenir ce nouvel édifice qui doit être, en notre pays, le boulevard de la foi. Ce n'est pas assez de l'asile, de l'école, ce n'est pas assez du collègue, ce n'est pas assez du couvent, ce n'est pas même assez du temple, il nous faut un dernier monument pour compléter nos forteresses : il nous faut l'université.

Ce n'est pas peu dire. Le capital nécessaire à une université en plein exercice ne le cède en rien à celui qu'exigent d'immenses industries. La science qui marche à la conquête du vrai, aussi bien que l'acti-

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vite qui remue la terre et prétend la dompter, a besoin d'un budg^el qui se chiffre par millions.

Les deux plus célèbres universités d'Ang'ieterre ont des dotations splendides : Cambridg^e possède en capital 5,125,000 francs, Oxford n'a pas moins de 12,000,000de francs.

Il est vrai, rien dans les lois de la libre Ang'ieterre n'est venu et ne vient encore porter atteinte à ce trésor d'autant plus inviolable qu'il sert à former à la science et à la religion l'élite de la jeunesse britannique.

En Amérique, dans le pays de la spontanéité et de l'indépendance individuelle, là où l'État laisse faire le citoyen et ne lui g^arantit qu'une chose sacrée entre toutes, la liberté; aux États-Unis, les deux plus puissantes universités, le collègue d'Yale, dans la petite ville de Newhaven, et celui d'Harvord,dans la petite ville de Gambridg-e, à trois milles de Boston, possèdent, le premier, un capital de plus de 5,000,000 de francs, et le second un capital de plus de dix millions. En 1868,

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le coUég'e d'Harvord avait dépensé plus de 926,000 francs pour les frais matériels et le traitement des professeurs.

Nous avons, à dessein, cité ces chiffres pour montrer aux catholiques la grandeur de l'œuvre à laquelle on les convie; loin d'effrayer leur foi, ils stimuleront leur charité et leur zèle.

Sous quelle forme ces dons seront-ils recueillis et administrés? Nous nous g'arderons d'entrer dans des détails qui relèvent d'une science d'organisation pour laquelle nous ne nous sentons aucune compétence. Peu importe, au reste, que ce soit sous forme de collecte populaire ,^ de cotisations, de souscriptions, de donations simples ou de fondations de chaires, l'essentiel est que le capital existe et qu'une bonne gestion financière veille non-seulement à ne le point gaspiller, mais encore à l'accroître» L'université catholique de Louvain peut, en cela comme dans bien d'autres points, nous servir d'exemple.

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Née tout entière de la spontanéité et de la générosité de la foi, elle n'a eu besoin pour se développer et devenir un des foyers de la doctrine catholique, que de l'initiative hardie et de l'entente des évêques belg*es, de la coopération active du clergé et du dévouement intelligent des fidèles.

Ce que la Belgique a su faire, pourquoi la France ne le ferait-elle pas? Si les évêques de ce petit pays ont su se concerter et avoir une sainte audace, pourquoi les nôtres ne les imiteraient-ils pas? Si le clergé belge a prêté à ses premiers pasieurs un concours si actif et si éclairé, peut-on attendre moins du clergé français? Enfin pourquoi nos catholiques, qui ont témoigné par tant d'œuvres de leur intelligence pratique et d'un zèle aussi docile qu'indomptable, ne rivaliseraient-ils pas avec les catholiques belges^ lorsqu'il s'agit de défendre la foi et d'en propager les plus hauts enseignements ?

Pour notre part, nous n'hésitons pas à le croire^ la foi française saura s'affirmer

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dans la fondation de nos universités nouvelles ; et elle n'attendra pas de longues années pour abriter sa doctrine dans des temples dig*nes d'elle.

L'arg'ent obtenu, les bâtiments réservés aux cours une fois construits, ce qui serait le plus urg^ent et le point sur lequel devraient se concentrer tous les efforts, c'est un hôpital.

Pas de faculté de médecine sans malades.

Or, les hôpitaux étant réservés aux facultés de l'État, les facultés libres de médecine se voient dans l'impossibilité de faire l'éducation des élèves. L'hôpital fondé, il faudrait élever Tamphitéâtre de dissection, construire les laboratoires et commencer simultanément la fondation des bibliothèques^ des collections, des musées et des jardins botaniques.

Toutes ces fondations seront l'œuvre lente et persévérante du temps; ce n'est pas en un jour qu'on amasse des milliers de volumes,

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qu'on enrichit d'échantillons choisis et de pièces rares une collection ou un musée.

-Cette tâche demande le trav.ail fidèle de plusieurs g:énérations : c'est ainsi que se formèrent dans les couvents du moyen âg*e ces bibliothèques précieuses que des barbares sont venus un jour g*aspiller ou incendier, et dont les débris ont contribué à doter nos bibliothèques publiques.

Ce que les chrétiens, en d'autres temps, ont su faire, il ne tient qu'à eux de le renouveler aujourd'hui : ils l'accompliront môme plus vite, g'râce à la fécondité inépuisable de leurs ressources et aux progrès d'une civilisation qu'ils font servir à Dieu.

Dans la question du matériel, comme en celle des finances , l'université de Louvain nous encouragée et nous sert de modèle. En moins d'un demi-siècle, elle a trouvé moyen d'étaler au soleil une douzaine cle vastes édifices qui remplissent tout un quartier de la ville. Elle a des bibliothèques dont l'une, à elle seule, renferme cent

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mille volumes; elle a des laboratoires, des cabinets de physique, des collections de minéralog^ie, de ^oologie^ d'anatomie comparée, des muséesd'anatomie, demétallurgîe^ d'archéiDlog^ie^ et même un jardin botanique entretenu par la ville. Son enseignement médical, celui qui exig^ le plus de conditions, est admirablaoaent pourvu t il a son amphithéâtre d'anatomie, son labora^ toire de physiolog'ie muni de microscopes et d'instruments de toutes sortes, ses salles de dissection, ses hôpitaux et ses salles de clinique (1).

Tout est possible à la foi. Donnez aux catholiques la liberté : ils seront les maîtres du monde, quand ils le voudront. Leur péril n'est pas dans l'attaque dont ils sont l'objet, de quelque part qu'elle vienne, leur péril est dans leur somnolence. Lorsqu'ils veillent et sont debout, fussent-iJs délaissés et persécutés, ils n'ont rien à craindre : l'en-

(f) Consulter le Rapport de M«' Cartuyels, vice-recteur de^ l'université de Louyain.

nemi qui les harcèle ne fait que leur donner de nouvelles occasions de ^^ctoire ; mais s'ils dorment, fussent-ils protégées par les prétoriens, ils sont vaincus d'avance et rien ne les empêche de décliner et de mourir.

Leur apathie, c'est leur mort.

Une troisième question que soulève la fondation des universités, c'est le corps professoral. Les finances auraient beau être abondantes, le matériel ravir l'admiration par sa splendeur et sa richesse, nous n'aurions que de médiocres universités, si nous avions de médiocres professeurs. Ce qui fait le renom d'une école et la valeur d'un cours, c'est le maître, le maître seul et la science qu'il possède.

Il importe donc, avant tout, que nous ayons des professeurs émineats. Où les prendre ? Les maîtres en renom enseignent déjà, ils occupent les chaires officielles; et nous ne pouvons song*er à les attirer, pour prendre part à nos modestes essais. Assurément ; mais ce serait faire

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injure à notre pays et à la classe lettrée que de croire tous les hommes de valeur absorbés par Tenseig^nement universitaire. Je suis persuadé au contraire qu'en dehors des cadres officiels, il existe un g*rand nombre de savants de mérite auxquels Toccasion seule a manqué pour arrivera la célébrité. Il y en a dans les sciences, dans la littérature, dans le droit, dans la médecine, dans la philosophie et dans la théolog^ie. Or, ce ne sera pas un des moindres avantagées des universités libres que d'offrir à ces talents cachés un théâjre dig^ne d'eux et de les forcer à se produire. Ils hésiteront peut-être au début, ces maîtres encore inexpérimentés ; et ils auront de la peine à affronter la concurrence avec les représentants célèbres de la science et de l'enseig^nement officiels; mais ils prouveront bientôt ce que peut la liberté, s'il est nécessaire, pour être un professeur en renom, d'avoir l'estampille du g'ouvernement, ou s'il ne suffît pas plutôt de la supériorité du savoir.

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Que les catholiques sachent donc aviser, et qu'ils ne nég^lig'ent rien pour avoir dans leurs chaires d'excellents professeurs. Que ces chaires soient richement dotées, que le maître n'y trouve pas seulement l'honneur, mais encore les avantages matériels qui assurent les loisirs et l'indépendance delà vie. Aux hommes de la science, la richesse serait plutôt un embarras : mais ce qu'il leur faut à tout prix, c'est l'aisance.

La valeur personnelle des maîtres ne suffirait pas, il faut leur organisation en corps professoral; et il importe qu'elle soit compacte. Des hommes intelligents ne peuvent pas se grouper sans une certaine unité d'esprit et former une association morale sans une hiérarchie. L'unité d'esprit pour les catholiques, c'est la foi. Voilà bien ce qui doit être rame du corps professoral dans nos universités. Qu'il soit adonné à l'étude abstraite et aride des mathématiques ou aux sciences d'observation qui ont pour objet de ravir à la nature ses secrets; qu'il soit historien ou

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littérateur, médecin ou juriste, philosophe ou théologî^a, le professeur doit se souvenir que le Christ ^t son maître, F Égalise son g^uide, la foi sa lumière, TÉvangile son premier code. Tous doivent être prêts à défendre la vérité catholique, de quelque côté que vieiime l'attaque, et chacun avec les armes que lui met en mains sa propre science. Un tel lien ne blesse nullement la libre allure du g^énie personnel, et il suffît à établir entre ces hommes une oonmmunion d'autant plus étroite, qu'elle s'appuie sur ce qu'il y a dans l'âme de plus sacré et de plus profond : Dieu et son Christ, '■

Quelle sera , au sein de nos universités , la hiérarchfe qui doit dirig^er le corps professoral ? Évidemment, ce sont les Évêques établis par Jésus-Christ, gardiens et juges de la foi sous l'autorité du Souverain Pontife, qui seul, d'ailleurs, donne aux universités le droit de conférer les grades canoniques. Cependant, comme ils ne peuvent

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toujours exercer par euxHiiêmes les actes multiples de cette éminente fonction , il est nécessaire qu'un homme choisi par eux les représente. Ce personnag*e est le Recteur magnifique. A lui la haute direction de Tuniversité , la haute surveillance du corps professoral et des élèves ; à lui de veiller à ce que Tesprit chrétien soit toujours vivant; à lui de maintenir les traditions; à lui de ne point laisser langtiir les intérêts de la religion et de la science dont l'université a la charge redoutahle.

Il sera bon qu'à côté et au-dessous du Recteur, il y ait le viee-recteur qui puisse le suppléer et l'assister ; et autour de ces deux autorités, le conseil dirig*eant, composé du doyen de chaque faculté et des professeurs recommandables par leur ancienneté, leurs mérites et leur influence. Le pouvoir absolu n'est pas bon. Je me défie des autorités qui ne trtmvent ni contre-poids, ni assistance dans une aristocratie indépendante : elles tournent a^ despotisme; et rien ne serait

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