CHAPITRE VIIL
De la Formation intellectuelle dans les universités
catholiques.
Une erreur assez répandue et qu'on peut remarquer dans presque tous les ouvragées qui ont traité de Fenseig^nement supérieur en France, c'est que Tétudiant qui vient le recevoir est un homme, un esprit fait.
Est-on un homme à dix-huit ou ving*t ans?
Suffît-il d'avoir obtenu ses deux diplômes de bachelier, pour endosser la tog*e virile? Dix ans passés à épeler le g*rec et le latin , à admirer quelques chefs-d'œuvre de la littérature ancienne et moderne, à rompre son cerveau à la dure g*ymnastique des mathématiques, à passer en revue les principaux systèmes de philosophie et à composer quelques dissertations contre le matérialisme d'Épicure, le scepticisme de Kant ou le pan-
DANS LES UNIVERSITÉS CATËOUQUES. i87
théisme de Spinosa : est-ce là tout ce qu'il faut pour former Tesprit? Ce premier labeur achevé^ peut -on compter au nombre des maîtres, et n a-t-on plus qu'à se croire majeur, affranchi de tutelle, et à mettre en avant sa personnalité? Certains maîtres le disent, beaucoup de jeunes hommes se le persuadent.
Us se trompent.
Le corps n'est pleinement constitué qu'à ving't-cinq ans, et l'intellig^ence le serait à
ving^tl
Est-ce çi ving^t ans qu'on mesure la portée des grandes questions philosophiques qui ont absorbé les plus fiers esprits? Est-ce à ving*t ans qu'on peut sentir la g^ravité des problèmes relig'ieux dont les solutions ont tour à- tour bouleversé, ensang*lanté, pacifié, révolutionné, perverti ou sauvé le monde? Le vrai, c'est qu'à ving^t ans l'esprit est dans la période la plus délicate. Il est au point où les routes se bifurquent devant lui. Il est à l'heure de l'enthousiasme : la
parole d'un maître peut le sauver ou le perdre sans retour. C'est l'âg'e décisif. Le jeune homme qui, alors, trouve un maître environné du prestigpe de la science, de Tâg'e et de l'éloquence, est perdu ou sauvé : perdu, si le maître l'entraîne à l'erreur; sauvé, s'il le mène au vrai. Sans doute les individualités puissantes ne subiront pas cet entraînement fataL; rien ne prévaut contre la force interne qui tourmente certains g*ermes vivaces; mais l'homme, d'ordinaire, est loin d'être ainsi armé contre les influences du dehors et surtout contre celles qui s'emparent, à l'aide des doctrines, du mouvement même de son esprit.
Une des lacunes les plus reg'rettables de notre éducation intellectuelle, c'est qu'elle n'est pas achevée. On la reg*arde <5omme faite, alors qu'elle exig^erait les derniers soins. C'est un édifice sans toiture; quelque solides qu'aient pu être les fondements , il n'en restera bientôt pas pierre sur pierre.
En effet, que va devenir le jeune homme, au
sortir du collègue? Le voilà dans Tune des facultés de l'université de FÉtat et de Fenseig*nement supérieur. Il est à la merci de maîtres dont certainement il ne pourra éviter les influences doctrinales. Entre les sceptiques et les partisans déclarés du spiritualisme ou du matérialisme, d'un panthéisme plus ou moins vague ou d'un théisme plus ou moins timide, quel sera son sort? Il choisira, direz-vous; il exercera sa raison juvénile en face de maîtres*qu'il est en droit de critiquer; et il jug*era leurs enseig^nements dont une controverse sans frein lui révélera mieux l'insuffisance. — Peut-on se méprendre ainsi sur les lois les plus élémentaires de la formation intellectuelle? Non, le jeune homme ainsi livré à des doctrines contraires ne choisira pas. Eh quoi ! dans la parfaite maturité, l'homme le plus désintéressé, le plus capable d'un jugement viril , se prononce à peine devant cet acte difficile de la raison, et vous vous persuadez qu'un jeune homme n'hésitera pas?
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Illusion. Au lieu d'écouter la voix d'une intellig*ence qui n'est pas même dég*ag^e de rimag'ination et des passions, il suivra le courant de ces dernières ; il ira où le mouvement des préjuges régnants l'emporte, et, ainsi ballotté, il ne s'attachera à rien. 0n n'en fera qu'un être indécis et flottant, un sceptique.
La preuve de ce que j'avance est sous nos yeux ; songiez a l'état intellectuel de la classe cultivée : cette anarchie, cet antag'onisme, ce scepticisme, d'où viennent-ils, sinon de l'antagonisme, de Tanarchie et du scepticisme des maîtres qui nous ont influencés?
Que l'université officielle ou que d'autres s'abusent sur la formation de l'intelligence, au point de livrer la jeunesse à ce qu'on nomme l'esprit critique, à la merci de mille doctrines opposées, nous ne les imiterons pas. Libre à ceux qui ne croient à rien, qui ne donnent créance qu'à une science abâtardie, qui ne prennent au se-
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rieux ni les vérités rationnellement démontrées de la philosophie, ni les dog'mes révélés de la foi, libre à de tels hommes de se vouer à la critique à outrance et de hâter par ce rég*ime dissolvant la décomposition intellectuelle du pays; pour nous, encore une fois, nous ne les imiterons pas.
La relig*ion ne traite pas l'esprit de Thomme avec ce laisser-aller qui convient aux marâtres peut-être, *mais que les vraies mères n'approuveront jamais. Aussi, nous n'hésitons pas à le proclamer, la plus haute ambition des universités catholiques sera d'achever l'éducation de l'esprit. Quand notre foi ne nous mettrait pas au cœur un si noble dessein, nos seules convictions rationnelles nous l'inspireraient encore. Il n'est pas nécessaire d'être un croyant ni un catholique, pour savoir que Tesprit ne se forme pas sous la direction de ving*t maîtres en butte à la contradiction ; il suffît d'être une intellig^ence convaincue. Ce qu'il nous faut, après tout, ce n'est pas une g^énération
de critiques, c'est une race qui croie à quelque chose. Ca critique démolit. La foi et la conviction seules édifient.
Les universités les plus utiles seront celles d'où sortiront, non pas des esprits flottants, en contradiction perpétuelle avec euxmêmes, mais des intellig^ences fermes dont la clarté n'a rien à ci^indre du sophisme de l'erreur.
Qu'on ne s'imag*ine point, toutefois, qu'en prétendant former l'esprit et faire sa dernière éducation, notre arrière-pensée soit de le borner. Qu'il reste ouvert à toute vérité; mais qu'il ait toujours un point d'appui :
qu'il se meuve et qu'il prog*resse ; mais qu il ait un centre fixe, afin de coordonner ses mouvements et de ne point marcher à l'aventure.
On comprendra mieux notre pensée, si l'on veut bien suivre un instant l'analyse rapide de l'œuvre mag*istrale qui s'appelle la haute éducation de l'esprit.
Un esprit n'est formé et ne peut être considéré comme adulte qu'à trois conditions :
la première, c'est de posséder, dans la branche particulière du savoir humain qu'il cultive, la science acquise, la science faite ; la seconde, c'est de connaître les lacunes à combler, les desiderata à remplir, les diffî^ cultes à vaincre, les découvertes à faire pour élarg^ir la science déjà org^anisée; la troisième, enfin, c'est d'être initié à la méthode, non-seulement à la méthode log*ique et démonstrative qui enseig*ne ce que nous savons, mais encore à la méthode inventive qui découvre ce que nous ne savons pas.
Tout homme intellig^ent , je le sais , ne sera pas également apte à remplir ces conditions dont la ' réunion harmonique constitue cependant la vigueur et la santé parfaite de l'esprit. Les uns se contentent de la science toute faite, telle qu'elle est déjà dans les livres; d'autres sentent le besoin de signaler les lacunes, de pousser aux dé-
couvertes ; les plus grands ont la hardiesse d'employer les méthodes inventives qui font avancer d'un pas les idées et les institutions. Les premiers sont exposés à se traîner dans Tornière; les seconds abusent parfois d'une critique ruineuse ; et les troisièmes trop audacieux s'égarent hors des sentiers battus.
La perfection serait de corriger l'excès de ces conditions isolées, en les réunissant les unes aux autres. Mais, ici-bas, la perfection se cherche et s'ambitionne plutôt qu'elle ne se trouve ; il faut savoir gré aux hommes de bonne volonté qui ^ ont le culte, quand bien même ils ne réalisent pas tout ce qu'ils ont rêvé et voulu. Quoi qu'il en soit, la fonction du maître qui prend à cœur sa vocation sublime, qui croit à la puissance de l'éducation intellectuelle et ne livre pas ses disciples à la merci des bandits de la pensée, sous le prétexte qu'il faut aguerrir leur esprit, cette fonction est toute tracée.
Le maître doit instruire l'élève de ce qu'on
peut nommer la science acquise , la science constituée : voilà son premier devoir, et ce devoir suppose, en celui qui enseig'ne, des connaissances complètes et l'art de les communiquer. Il n'est pas donné à tous ; parmi ceux qui savent, il n'en est peut-être pas la moitié qui aient le secjret de livrer aux autres le trésor de leur science.
Pas de maître sans l'art de définir clairement et de tout enchaîner. Une définition nette, précise, contient en g^erme tout un traité. Il n'appartient qu'à une intellig'ence lucide et synthétique de la formuler.
La définition est comme la première étincelle qui éclaire tout un problème. Mais elle ne suffit pas, il faut encore l'ordre qui enchaîne les vérités que la définition met en lumière. Lorsque la puissance de coordonner s'ajoute, en un maître, à celle de définir avec précision, il n'y a plus rien à souhaiter; il est à la hauteur de la première partie de sa fonction ; il est à la lettre, selon le mot heureux
de M. Paul Bert (1), le magistrat de la vérité démontrée.
Nul n'a excellé, en ces deux facultés si rares, à Tég'al de saint Thomas d'Aquin.
Sa Somme théolog^ique est le premier des chefs-d'œuvre pour Fart de définir et de coordonner. Dans ce monument d'une effrayante simplicité, toute la science divine est ramenée à quelques définitions d'où sortent des traités entiers, et la connexion de ces idées premières est telle, leur enchaînement si rig*oureux, qu'on ne pourrait, sans blesser l'ensemble, en retrancher ou en modifier une seule. Un tel modèle ne manquera pas d'exercer une action profonde sur les maîtres de nos universités. On ne saurait croire ce que gagnerait notre jeunesse, si, au lieu de laisser son esprit vagabonder à travers la science , l'histoire et la philosophie, on lui enseignait l'art de définir et de
(1) Assemblée nationale, séance du jeudi 3 décembre 1874.
tout enchaînei* : en d'autres termes, Tart de penser. Rien ne répond mieux au besoin et à la trempe de notre g*énie. Mais nous ne pensons plus aujourd'hui; nous sommes à la merci d'une sensibilité maladive qui se nourrit de ses fantômes, qui rêve, qui tressaille, et sur laquelle le moindre sophisme a tout empire, à la seule condition de la flatter.
11 ne faudrait pas cependant que le maître crût avoir accompli toute sa tâche, s'il se bornait à initier le disciple aux conclusions rigoureuses et aux vérités acquises. En toute doctrine il y a deux parts : la part du connu, c'est-à-dire les vérités constatées par l'expérience, démontrées avec certitude par la raison, ou clairement affirmées par l'autorité de Dieu ; et la part de l'inconnu , c*est-à-dire les vérités que l'expérience n'a point encore saisies, que la raison n'a pu mettre en évidence, ou que l'autorité divine n'a point sanctionnées. Si FinteUig^ence humaine ne se heurtait jamais à l'inconnu,
l'homme serait en possession de la vérité totale. Qui ne le sait? Le peu que nous connaissons n'est rien auprès de ce que nous ig*norons, et que peut-être nous ig^norerons toujours.
Mais, si notre savoir est limité comme tout le reste ; plus que tout le reste, il est progressif. La science expérimentale ne dira jamais son dernier mot, et on la verra grandir sans cesse à mesure qu'elle multipliera et qu'elle étendra ses observations et ses expériences, La science philosophique se simplifiera, elle aus^i :
appuyée sur les découvertes de la science naturelle, elle enrichira de clartés plus hautes les doctrines sur Fâme, sur l'univers et sur Dieu. La science théologique ne saurait prétendre non plus à l'immobilité.
Ses bases sont fixes, sans doute, et il n'y a pas un iota à modifier au symbole de la foi, aux décisions de l'Eglise, à la parole des Écritures. Mais que de points de vue nou-
veaux peuvent surgpir dans P interprétation des Saints Livres, des décisions de FE^lise et du Symbole! A-t-on épuisé le premier chapitre de la Genèse, sur lequel depuis deux mille ans s'exerce le g*énie de nos plus grands docteurs et de nos plus g^rands savants? La science du Christ ne resplendira-t-elle pas de tous les prog^rès que fera la science de Thomme, et la science de Dieu ne rayonnera-t-elle pas de toutes les splendeurs de ce monde visible mieux connu, sous le voile duquel nous déchiffrons les mystères de T Infini?
La part de l'inconnu en toute doctrine est sans bornes, et le rôle du maître est d'apprendre au disciple à ne point l'oublier. Plus il saura lui donner le sentiment vif de cet inconnu^ plus il aig*uillonnera son esprit à reculer les limites de la science. Il faut stimuler les jeunes intellig^ences, et on ne le peut qu'en les initiant non plus seulement à la science acquise, mais aux pro-
blêmes non résolus qui se dressent au détour des âpres sentiers de la pensée.
En toute doctrine, il y a de ces problèmes pleins de difficultés qui semblent défier Tesprit. Il convient de ne pas les laisser igpnorer à Vâme intrépide qui arrachera peut-être le mot de rénigpme, à force de travail, de constance et de ^énie.
Mais, pour imprimer à une science l'élan qui la fait prog'resser, pour ne pas croupir dans Forniêre et toujours rouler, dans le même cercle, pour marcher en avant et conquérir Tinconnu , il faut une méthode :
c'est à la communiquer à ses disciples que le maître doit consacrer toute son intellig^ence, et c'est dans une telle œuvre que se résume sa haute fonction.
Comme Taig'le provoque Taig^lon à déployer sa g*rande aile encore incertaine, le maître doit entraîner en haut l'esprit qu'il veut former; il doit l'initier à sa propre
méthode, car la méthode est, pour ainsi dire, l'aile puissante de Fesprit.
Dans ce but, il est indispensable que le disciple prenne part aux travaux du maître, à ses espérances, à ses découvertes; il faut qu'il déchiffre avec lui les vieux manuscrits, s'il est historien ; qu'il l'accompagne au laboratoire, s'il est physicien ou chimiste ; à la salle de dissection , s'il est médecin ; qu'il collabore à ses œuvres philosophiques ou théologiques, s'il s'adonne aux sciences supérieures de l'homme. A ce prix il pourra recevoir l'influence nécessaire à sa formation; et, au confact intime et prolongée d'un vrai maître, il pourra devenir maître à son tour.
Comme tout cela fait défaut à notre jeunesse! Comme nous sommes loin de cet idéal du patronag*e intellectuel ! La fièvre de l'émancipation et l'abus d'une personnalité mal comprise, nous ont affranchis de cette indispensable tutelle. Nous avons erré sans
g»uide comme des enfants orphelins sur lesquels le bras du père ne s'est point étendu et que Tœil d'une mère n'a point protégées.
Les méthodes sont multiples ; elles varient suivant les sciences qu'elles ont pour objet. Autre est celle de T expérimentateur , autre celle de Fhistorien, du philosophe ou du théolog'ien. Il n'est pas bon de se limiter à une méthode spéciale et restreinte ; il faut, autant que possible, dans une université, initier l'esprit à la plus vaste et à la plus puissante, à celle qui domine toutes les autres, comme la science qu'elle étudie embrasse toutes les sciences : j'ai nommé Ic^ méthode théolog^ique.
Rien n'échappe à son immense enverg'ure.
Elle a la sûreté mathématique des méthodes expérimentales, car elle doit recueillir dans les moindres faits de la nature la marque sensible de Dieu. Elle a toute la précision de la méthode historique, puisqu'elle doit, dans le dédale des faits humains, démêler les
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faits divins et discerner la voix de Dieu même à travers toutes les voix d'homme qui parlent dans ce monde tumultueux. Elle a l'analyse pénétrante des psycholog^ues ; car elle peut saisir, dans les profondeurs de Fâme, toutes les opérations saintes de FEsprit de Dieu ; elle a toute la rig*ueur des log^iciens, puisqu'elle enchaîne, dans un grand corps de doctrine, tous ses dog*mes et toutes les vérités : elle a l'élan des intellig*ences synthétiques dont celle de Platon est le type parfait, puisque, comme elle et mieux qu'elle, elle doit s'élever de tout le créé vers l'Incréé, de tout le fini vers l'Infini, de tout ce qui passe vers ce qui demeure.
Elle fait plus, et c'est là son mouvement propre. Des hauteurs de Dieu elle redescend dans le monde humain et dans celui de la nature, afin de les contempler à la lumière des éternels mystères. Le philosophe ne peut que s'élever des effets à la cause première ; le théolog^ien^ initié par la révélation à la science de la cause infinie, connaît les effels
dans cette cause infinie. Il en a aussi la raison absolue : il se rapproche du procédé divin, et, participant à la science de Dieu, à son exemple, il voit tout en Dieu même.
II est temps que Tenseig'nement supérieur se réforme à ce point de vue, et que le vrai maître reparaisse.
Un tel résultat ne s'obtiendra pas avec la seule docilité des disciples : il faudra encore, et surtout, le dévouement sans réserve de ceux qui consacrent leur vie à la tâche, souvent ardue et quelquefois obscure, du haut enseig*neQient. Il faudra renoncer à ces cours brillants où la forme préoccupe plus que le fond des choses, où Ton semble adresser la parole bien moins aux élèves présents qu'à un public de convention et de fantaisie qu'on tient à flatter, pour recevoir de lui en retour une vaine popularité; il faudra, en un mot, remplacer les cours par la classe proprement dite, et song*er bien plus aux intérêts d'une science qu'il s'ag*it de faire prospérer qu'à
de mesquines ambitions qui profitent à peine à la vanité d'un rhéteur.
Les universités catholiques, en se fondant, se souviendront des vices que de sérieux critiques ont relevés dans Tenseig^nement supérieur officiel, le jour où la question de la liberté fut ag*itée devant le sénat de l'empire. La liberté est maintenant conquise; mais elle ne nous servirait de rien, si nous n'en usions que pour retomber dans des fautes que nous avons nous-mêmes si vertement flétries.
II n'en sera pas ainsi.
Nous en avons pour g^arant ce dévouement profond que la relig^ion nous inspire à l'ég*ard de l'âme humaine, et surtout de l'âme encore mal affermie du jeune homme. Nous pourrons avoir des concurrents supérieurs à nous par la science, l'érudition et l'éclat; nous ne permettrons pas qu'ils nous dépassent par le dévouement et l'art de l'éducation. Le meilleur des maîtres n'est pas celui
en sait le plus long-, c'est celui qui con-
à son disciple ce zèle intelligent sans
:el on ne parvient pas à diriger une âme,
l'établir invinciblement dans !a vérité.
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