‹ L'enseignement supérieur et les universités catoliquesChapitre 9 sur 20 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Ce ^fl doit 4tre une Universitë catholique.

, preuve la plus décisive que le cathone puisse donner aujourd'hui de sa vi- !, ce sont ses universités Hbi*es. C'est

ces foyers lumineux qu'il révélera sa ■ine si peu connue souvent de ceux-là e qui le professent et le défendent ; c'est i qu'il pourra s'imposer par l'autorité ntelligence. Il prouvera enfin que, s'il a

son culte les splendeurs qui frappent :g-ination des foules, dans sa hiérarchie, puissance qui lui permet de défier les îs et de résister à tout; il a, dans ses nés, une doctrine universelle qui, éclai-

tous les horizons, révèle la vraie 'syn- 1 des sciences, commande aux esprits lus exig-eants, et peut seule triompher inarchie intellectuelle.

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Voilà Tœuvre urg^ente, Tœuvre sur la-

quelle doivent se concentrer tous les efforts et tous les dévouements, toutes les lumières et toutes les ressources. Il est bien temps que la théologie renaisse, que la forte lig^née des docteurs vienne enseig*ner aux hommes une vérité qui leur manque , et réconcilier les sciences humaines avec la foi divine, les peuples libres avec leurs relig*ieuses traditions, si propices à toutes les vraies libertés. Les passions se tairont peut-être enfin devant la lumière, comme les bêtes fauves disparaissent devant le jour. La charité est sœur de la vérité ; et Jésus-Christ, le Verbe de Dieu, a revêtu la plus douce forme humaine. Un prophète a dit de lui qu'il n'éteindrait pas la mèche qui fume encore et ne romprait pas le roseau à demi brisé. Quand on le comprendra mieux, on cessera cette polémique où trop souvent Tinjure tient lieu de raison et où la religion • n'a qu'à perdre, même lorsqu'elle triomphe à l'aide de moyens si indignes d'elle. Il y va de notre

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honneur. Rien ne nous déconsidérerait plus que l'étalage de notre impuissance doctrinale devant un siècle qui fait profession de mettre la science au-dessus de tout, et. lorsque nous-mêmes nous nous disons envoyés de Dieu pour enseig^ner la vraie sag*esse à ce monde qui ne la connaît pas.

Mais, comme il est impossible de fonder et d'org*aniser ce que Ton ne connaîtrait point ou ce que Ton connaîtrait mal » il faut nous demander ce que doit être une université catholique*

L'université n'est pas seulement un local, un asile où se donne l'enseig^nement supérieur, exactement comme le Conservatoire est un lieu où se forment les artistes, les salles de concert un lieu où chantent les virtuoses. M. Renan, dans une lettre au Journal des Débats^ Ta prétendu; mais sur quoi se fondait-il? C'est matérialiser les choses que de les réduire ainsi à une question de local, quand il s'agit de la vérité et

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de Fenseig^nement. M. Jules Simon a été bien mieux inspiré dans son discours du mardi 15 juin 1875, à l'Assemblée nationale, lorsqu'il disait : « Une université, une école, c< n'est pas un asile matériel que nous don- « nous contre le vent et la pluie aux g^ens « qui voudront enseig^ner des choses quel- « conques : espèce d'hôtel ouvert à toutes « les doctrines. Pour être une école ou une « université, il faut avoir une doctrine en « commun. » Et en effet, c'est bien sous cette forme que se présentent à nous les écoles et les universités qui ont laissé un nom immortel dans les annales de l'esprit humain , Qu'importent le local , la ville, le peuple, le continent même où s'enseig^ne la vérité? Ce qui est tout, c'est le maître; ce qui est tout, c'est la doctrine.

Au temps où le christianisme rég'nait, les universités avaient dans la foi un fond commun qui les liait l'une à l'autre; ce qui les distinguait entre elles, c'était la diver-

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site des opinions; diversité qui se traduisait ici dans les questions de la grâce, ailleurs dans celles de l'Incarnation ou de la Trinité, et qui, aujourd'hui même, là où subsiste encore la vieille tradition chrétienne, entretient une véritable émulation entre les diverses écoles. C'est donc une doctrine commune qui constituera vraiment l'université^

Lorsqu'une conviction s'empare d*une intellig'ence, le premier vœu de cette âme est de voir la vérité qui l'éclairé rayonner au loin, conquérir peu à peu les autres intellig'ences, comme elle a conquis la sienne. Une doctrine naît : il faut que le maître appelle d'abord autour de lui quelques disciples; il faut qu'il fasse école, et qu'ainsi, par le bénéfice de l'association dans la lumière, la vérité centuple la vitesse et l'étendue de son rayonnenaent. C'est par là que les universités se forment, que les doctrines se propag*ent et qu'elles peuvent couvrir le monde.

Les temps sont passés où le christia-

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nisme dominait seul ou à peu près dans notre pays et dans presque tout le monde civilisé. Pour ne parler que de la France, trois doctrines principales, nous Tavons indiqué déjà, se disputent les esprits et aspirent au singulier honneur de les soumettre et de les rallier : la doctrine positiviste, la doctrine rationaliste, la doctrine catholique. Ces trois systèmes entendent Fenseig^nement chacun à leur manière ; ils correspondent aux trois synthèses que nous avons précédemment décrites; ils ont à leur service des hommes plus ou moins éminents, plus ou moins nombreux, dont le zèle n'est pas près de se refroidir ni le prosélytisme de s'immobiliser.

Je jug*erai donc une université d'après ces doctrines, et, suivant que j'y verrai prévaloir eelle-ci ou celle-là, j'aurai le secret de son enseig*nement et de l'esprit de ses maîtres.

Peut-être parmi les catholiques, ya-t-il, à ce sujet, plus d'une illusion : il faut les dis-

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