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Dans les deux cas, l’uniformité du produit vendu est une condition nécessaire à la forme adoptée d'organisation de la profession. Ù
Historiquement, il existe une différence entre ces comptoirs de vente (à la française surtout) et l’organisation sucrière. Si, dans les deux cas, un coefficient de production est attribué, l’organisation sucrière actuelle impose une limitation à la production du produit, alors que le comptoir de Longwy, par exemple, n’imposait pas de telles obligations. Etant donné que les commandes atteignaient tel chiffre, il les répartissait entre les adhérents, et même, si ces derniers ne pouvaient satisfaire les besoins, il achetait ailleurs pour satisfaire sa propre clientèle.
Mais ceci découle des raisons qui ont amené la création de ces deux organismes et qui sont différentes. A l’époque de la création du Comptoir de Longwy, il n’y avait pas surproduction. Bien au contraire, il y avait parfois sousproduction.
Alors que l'Association Syndicale pour la Défense des Intérêts Economiques, Agricoles et Sucriers a été créée pour absorber la surproduction existante et prévenir une surproduction permanente.
Au cas où les conditions du marché se modifieraient (du fait d'un débouché nouveau pour le sucre, par exemple), il est probable que l’organisation sucrière se dissoudrait dans sa forme actuelle du moins, chaque usine reprenant sa liberté d'action, et la concurrence jouant à plein jusqu’à ce qu’une nouvelle crise de surproduction permanente nécessite la reformation des liens.
Mais on peut remarquer que l’adhésion à un comptoir de vente, vendeur unique, n’est pas définitive nécessairement. Et, en fait, au Comptoir de Longwy, puisque nous citons cet exemple, certains adhérents se retiraient, d’autres venaient, des démissionnaires se réaffiliaient à nouveau.
On peut donc conclure que le type d'organisation adopté par les sucriers laisse au moins une plus grande impression de liberté que le comptoir, vendeur unique ; mais il n’y a pas de telles différences de fait entre ces deux formes d'organisme.
Il n’a pas été nécessaire aux sucriers de recourir à la forme du comptoir, parce que le contrôle des prescriptions peut se faire quand même, le sucre étant une marchandise exercée.
Il nous à paru utile d'ouvrir ici cette parenthèse ou d’entamer cette digression. Nous rappelons que, bien que notre ambition soit seulement d’essayer une monographie, nous pensons qu’une série de monographies permettrait de dégager des directives générales, des principes peut-être plus généralement applicables.
Au cas donc où une branche de production, concernant une marchandise non exercée, s’essaierait à une discipline analogue, mais se heurterait aux difficultés d’assurer le contrôle des prescriptions, elle pourrait peut-être trouver la solution en constituant un comptoir de vente.