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CHAPITRE XII

L'Association Syndicale et les autres intérêts en présence

Section I. — LES SALARIÉS A. — Les Salariés agricoles

Il ne nous à pas été possible de nous procurer des chiffres indicatifs relativement aux salaires payés antérieurement à la fondation de l’Association Syndicale aux salariés agricoles.

Il nous a été affirmé cependant que la fondation de cet organisme n'avait eu aucune influence à ce sujet.

Cette affirmation peut paraître exacte si l’on se réfère aux chiffres payés en 1933 en France et dans les pays européens de production.

Nous avons extrait les renseignements qui suivent du rapport présenté par le Docteur Rasmussen, délégué des planteurs de betteraves suédois, au Congrès international des Betteraviers européens, tenu à Budapest les 12 et 13 juin 1934. Notons qu’en ce qui concerne la betterave, le travail agricole, à l’exception de l'Allemagne, est généralement payé à la tâche.

Paiement par hectare ADÉICRE TRE EE share sons tele lune e'everoie e vie 243 Frs (Les ouvriers autrichiens bénéficient, en outre, d’une rétribution en nature).

Belgique 45.2 04 02 0e PU CO ER D1Der France. 525 En EM MR PRE CE 750 »

Hongrié :..: Re ie reel et CRIE 750 »

Roumanie 271 F7 MR RO ee ne ce nee CR ne 390 >» Suèdé 215.5 RER TERRE NS Te CL 910 »

Téhécoslovaquiez:. 2 ORNE 545 >

Cenverti en moyenne journalière, le salaire payé en France correspond assez sensiblement à 25 francs par jour. Il n’est pas possible de le préciser de façon exacte, le temps total consacré à la culture d’un hectare variant considérablement suivant les régions ; le salaire, en certains cas, peut atteindre et dépasser 30 francs. de -

Il existe en outre un système de primes qui complique le problème. |

Le salaire à la tâche est fondé sur un rendement minimum à l’hectare ; indiquons qu’en Suède il est exigé 76.000 plantes à l’hectare, en Belgique 62.500, en France 50.000. À

Si le rendement est supérieur, il est payé à l’ouvrier suédois 4 francs par millier de plantes supplémentaires jusqu’à concurrence de 92.000 plantes à l’hectare ; au delà, il est établi au contraire un système de déduction progressif afin d'éviter les excédents ; il est payé à l’ouvrier belge une prime de 10 fr. pour 2.600 plantes supplémentaires, jusqu’à un maximum de 82.750 plantes ; à l’ouvrier français une prime de 5% pour un excédent allant de 10.000 à 15.000 plantes et 15 % pour un nombre de plantes supérieur à 65.000 à l’hectare. Si l’on compare maintenant les chiffres qui suivent et qui donnent le salaire journalier moyen des ouvriers agricoles français non spécialisés au salaire français moyen de 25 francs que nous avons indiqué, il apparaît que la fondation de l'Association Syndicale semble n'avoir eu aucun effet relativement aux salaires payés aux travailleurs agricoles :

Salaire journalier moyen des ouvriers non spécialisés

en 1934

Hommes Femmes Allemagne du Sud ...... 19 Frs 11 90 AUMÉICDE Ar Tea e 10 » 7 20 BEIPAQUES TERME TER NE 14 20 10 »

DRAC Ent ve SR gare à de 15 à 27 Frs de 10 à 18 Frs MONTE ERP en Dot 9 50 7 90 ROME SE Lea dec 4 50 3 10 SET ES AE re EU 15 80 11 05

B. — Les Salariés de l'industrie

Les industriels nous ont affirmé qu'en ce qui les concernait, leur effort corporatif n'avait eu aucun effet sur les salaires payés à leurs ouvriers et que, pour eux, le salaire restait fixé par la loi de l’offre et de la demande, théorie des salaires qu’ils admettent le plus communément.

Nous avons simplement recherché la moyenne journalière des salaires payés aux salariés de l’industrie antérieurement et postérieurement à la fondation de l’Association Syndicale ; certes, nous ne devions pas nous dissimuler que d’autres facteurs pouvaient jouer et qu'il n'aurait fallu interpréter les chiffres qu'avec prudence ; et notamment, la crise pouvait en certain sens justifier une baisse des salaires (l'effort accompli a bien empêché l'effondrement des cours du sucre, mais non pas la baisse continue, lente et progressive).

Nous avons d’ailleurs à dessein choisi l’année 1934 ; bien que la moyenne des cours du sucre ait été déjà inférieure à celle de l’année 1930, dernière année libre, la différence n’était

pas assez sensible pour justifier une baisse correspondante des salaires et, déjà, la fondation de l’Association était assez ancienne pour avoir pu faire sentir son effet, le cas échéant.

Or, nous constatons qu’à cette date, il y avait non pas baisse des salaires, mais bien hausse; on peut donc considérer comme exacte l'affirmation des industriels assurant que leur organisation n'avait pas eu d’effet sur les salaires de leurs ouvriers.

Ces renseignements sont extraits de l’annuaire statistique de la Présidence du Conseil, années 1930 et 1934.

Salaires journaliers moyens (en francs et en centimes)

- Hommes Femmes Enfants RE I EN Se Campagne Campagne Campagne 1929-30 1933-34 1929-30 1933-34 1929-30 1938-34 AIS CRE rue 31,65 35,92 17,37 19,00 13,81 - 16,75 Ardennes... 32,85 35,08 15,72 21,27 16,00 14,50 NOT RER LT 0e 33,58 35,15 16,90 18,37 16,10 16,60 OiSeS SE 32,67 30,00 19,16 17,00 17,18 15,50 Pas-de-Calais ... 29,52 30,92 16,44 15,34 13,90 15,48 Seine-et-Marne .. 32,54 37,50 21,64 25,00 18,41 15,00 Seine-et-Oise .... 35,00 32,32 22,43 15,44 8,00 SOMINOM ETES 31,51 32,68 18,77 19,06 18,26 16,41 Autres dép....... 30,78 32,57 16,93 17,74 18,70 18,08 Moyenne .... 31,83 33,66 18,29 19,01 17,05 15,71(1)

Nous pouvons donc admettre que la fondation de l’Association Syndicale n’a eu aucun effet sur la moyenne des salaires payés. La moyenne seule, car il est évident qu’une restriction de la production comporte, {toutes choses égales d’ailleurs, une diminution de la masse globale des salaires payés.

(4) Noter que l’abaissement de cette moyenne provient de ce que compte le département de Seine-et-Oise, non compris dans la campagne 1929-1930.

Si l’on se pose le pourquoi de la hausse légère constatée au tableau ci-dessus, il nous paraît que la raison en est, étant entendu que la demande du travail a baissé dans une proportion plus considérable que l'offre.

C’est le départ de nombreux ouvriers étrangers qui doit être considéré, à notre sens, comme la cause principale de cette hausse des salaires.

On ne doit pas en tous cas la rechercher dans une augmentation consentie volontairement par les industriels en vue de faire bénéficier leurs salariés du maintien du profit.

Iis pensent généralement que leur organisation a eu pour effet de maintenir les sucreries existantes et, par suite, de préserver les salariés du fléau le plus terrible qui soit pour eux, le chômage ; qu’ainsi donc l’Association Syndicale a été particulièrement bienfaisante pour les travailleurs ; il faut reconnaître qu’à cet égard, le raisonnement paraît juste

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