‹ L'Entente, la Grèce & la Bulgarie; notes d'histoire et souvenirsChapitre 100 sur 116 · N* du 10 janvier 1917, buUetia · texte numérisé non relu

N* du 10 janvier 1917, buUetia

AMis MON DÉPART «97

lors qu'on jageftit nécessaire de saisir ta flotte royale, il ne fallait pas reprendre avec le roi les négociations de notembre. Dès loi^ qu'on formulait un ultimatum, il fieitlait avoir à Athènes une force capable de se faire respecter. Il fallait surtout, depuis un an/ ne pas fermer les yeuî à Tévidence et voir le roi, tel qu'il était, sournois, mais irréductible ».

Ah I on y arriva à cette intervention si péremptoirement exclue dans les affaires de Grèce. Ce n'est pas le nombre des interventions quia manqué, c'est leur efficacité, toutes ayant été incomplètes. Une seule aurait suffi; celle-là on Ta systématiquement retardée ; et on recommença à négocîer, comme avant le sinistre guet-apens du i*' décembre, pour la réalisation des promesses faites, réitérées, et non exécutées .

Le réel motif de toutes ces concessions apparentes du roi et de son gouvernement de domestiques, aussi promptes et complètes en paroles que lentes et- marchandées en action, se 'trouve dans le télégramme du kaiser autorisant Constantin à nous céder en nous trompant, et même sans tromperie s'il ne pouvait faire autrement : « Tout ce que je te demande est de garder ton trône ». Depuis, ce télégramme a été contesté, sans doute à cause de quelque légère erreur de date ou de forme; car, au fond, il est beaucoup trop vraisemblable pour n'avoir pas ^té vrai à un moment donné.

Grâce en très grande partie à l'influence du couple princier grec en résidence ordinaire à Paris, le kaiser a vu ses intentions religieusement respectées. C'est à Paris, à la tête du gouvernement de la République, que l'on a trouvé les gardiens les plus opiniâtres du trône de Constantin. On y a trouvé ceux qui faisaient le plus grise mine aux

Ogiè QUATtllÈMS PARTiV

envoyés de M. Venîselos. On y dëcoarogeait tout eff<^t sérieux, tout projet efficace dès le printemps de 1916. Le roi était si bien renseigné sur^ cette situation qull répondait, en novembre 1916, à diverses demandes de l'amiral Dartige du Fournét : « Je ferai traiter la question à Paris par le prince Georges » (1).

Ainsi, pour réussir dans sa résistance, le roi songeait uniquement à Paris et, â Paris, il comptait non sur son ministre, mais sur son frère, démontrant par là qu'il :savait où il pouvait bénéficier d'un abus de relations personnelles allant jusqu^à Timpunité.

Telle est la vérité qu'on a cherché par tou^ les moyens à dissimuler. Dans ce but, on n'a reculé devant rien. On a eu recours à la phobie d'un rapprochement entre la Grèce et la Belgique, dont j'ai déjà montré Tinvraisemblance (pages 20 et ai). Il est triste de rencontrer cet argument dans Tordre dû jour voté par la' Chambre des députés le 27 janvier 191 7, et dans le discours, à cette même séance, du député socialiste unifié M.-Bedouce. Celui-ci, en outre., a confondu la politique d'énergie avec une déclaration de guerre à la Grèce, dont personne, ne lui ea déplaise, n'a eu le ridicule de parler, et cru utile de perdre son temps à protester contre la destruction chimérique d'Athènes et sans doute contre celle du palais royal tardivement atteint par le canon français :

ce Lorsque M. le président du conseil disait que, s'il avait exercé contre la Grèce une politique de violence et de force, il aurait risqué d'entendre ici des protestations, il avait grandement raison. {Applaudissements à Vextrème gauche et sur diçers bancs.) De nos bancs, des protesta-

I, Le Temp» da 3o mars 1917, bulletin. '

tions unanimes se seraient élevées {Nonçeaux applaudie^ Memenis sur les mêmes bancs.) x>

' La-Grèce^ dont il était question était la cour royale d& Crèce qui nous était hostile. J'aime à croire que lessocia-» list;es unifiés n'épuiseront pas, au bénéfice de nos com- ♦ mùns adversaires, les ressources si abondantes pour oeux-ci, de leur esprit de modération, et que cet esprit — leur nouvelle richesse — restera c^pparent et aussi actif quand de leurs compatriotes autres que JM. Caillaux ou les déserteurs seront en cause. Par le rapprochement biscornu, coïncidence piquante, dé la cour royale de Grèce ©tde M. Caillaux sous la protection du parti socialiste unifié, se vérifie l'aptitude de ses chefs parés d*un masque rigide à trop ménager la chèvre et le chou.

La tactique d'exagérer ce qu'il y avait à faire pour avoir un motif de ne rien faire, se présenta sous une autre forme.

On utilisa, en effet, Topposition de Tltalie, signalée tout à ITiei^re, qui, on le verra dans le chapitre suivant,, n'était pas irréductible: il sufiisait d'avoir la bonne volonté de bien agir;

C'était, insinua-t-on ailleurs, par égard pour « les sentiments du président Wilson», que ne fut pas envisagée u l'éventualité d'une action militaire ouverte des alliés contre la Grèce (i) ». Le fait que nous avons agi en juin démontre le caractère fantaisiste de cette explication trop bien intentionnée.

On a enfin tenté, depuis la révolution russe, de localiser è Petrograd, antérieurement à elle, les complaisances abusives pour le roi de Grèce, et parlé « de la protection que le gouvernement tsarien étendait sur lui » (2). Or^

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