‹ L'Entente, la Grèce & la Bulgarie; notes d'histoire et souvenirsChapitre 106 sur 116 · La Victoire du 4 mai · texte numérisé non relu

La Victoire du 4 mai

3ia QUATRIÈME PARTIE

du devoir, la notion de la justice et de rintérét national^ M. Hervé acceptait de jouer le rôle d'endormeur, Toreille tendue vers les apartés et même, estiment certains, le boa aparté de son souffleur préféré. Après avoir eu raison en. 191S, il s'abaissa à demander, en 1917* la prolongation du. tort qu'on eut en ne. l'écoutant pas. Il s'essaya, quand la situation était pire en Grèce qu'en 19 15, sans être ailleurs plus absorbante, à barrer la route dans laquelle il avait voulu nous engager.

C'est donc encore à Paris qu'on faisait jeter des bâtons dans les roues prêtes à se mouvoir. C'est encore à Pari» que Constantin trouvait des protecteurs conscients et inconscients.

Je viens de faire allusion aux premiers. Je range parmi les seconds ceux qui, tout en approuvant de laisser enfin pleine liberté au mouvement national, s'évertuaient à condamner une intervention directe des. trois puissances protectrices dans les affaires du royaume ou, plus exactement, dans la question dynastique (i). Car les puissances sont intervenues en tous ordrcs^administratiis, et Tinsuccès de ces interventions partielles ne supprime pas le fait d'intervention.

Les entraves apportées à tout progrès du mouvement national et constatées dans l'interview de M. Veniselos à l'agence Havas (pages Q77,278ctîi79),n'étaient-elles pas des interventions dans les affaires intérieures du royaume, et

I. Au moment même où les puissances songeaient à régler cette question, le Temps qui, au sujet de la Grèce, avait généralement vu juste, répétait avec quelque insistance (3o avril 1917 situation diplomatique, 3 mai bulletin, 9 mai situation diplomatique) et sans les en blâmer, qu'elles n'avaient pas à intervenir dans le& affaires intérieures du royaume.

APl(Ad MON DEPART 3l^

les interventions les moins compréhensibles ? A rebours de ce qu'elle aurait dû être, cette sorte d*intervention fut sans excuse et reste indéfendable à tous les points de vue.

On prohibait donc sous une forme générale aussi dé-^ pourvue de franchise que d*exaciitude,non l'intervention» mais la seule intervention efficace. Il ne pouvait y avoir aucune garantie sérieuse pour les alliés tant que le roi serait en Grèce. M. Diomède Tavait dit dans son interview au Temps (pages 291-292). Le congrès des colonies helléniques réuni à Paris répéta, dans les termes suivants, au début de mai I9i7,ce qu'il avait voté le 11 décembre 1916.

11 « rend le roi Constantin responsable vis-à-vis de la nation hellène et des puissances protectrices de la Grèce, de toutes les suites que comporte sa politique personnelle, germanophile et antinationale ; le déclare, en conséquence,, ainsi que toute sa dynastie, déchu du trône et de ses prérogatives ;

» Affirme que la monarchie, même constitutionnelle, étant désormais rendue impossible en Grèce, le régime républicain est le seul conforme aux traditions nationale- s des Hellènes;

» Sollicite de la bienveillance des puissances protectrices de ne plus empêcher aucune province d'adhérer librement au gouvernement national de Salonique, et les prie de reconnaître la République hellénique aussitôt que l'assemblée constituante réunie l'aura proclamée » (i).

À un meeting tenu le 7 mai ^ Salonique, le maire proposa un ordre du jour décidant la déchéance du roi ; « mais la foule a réclamé la déchéance de toute la dynastie^ aux cris nombreux de : Vive la République ! » (2).

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