Le Temps, du aa juin 1917, 4* page, 2' col
2, Du reste, les impérialistes, d'après eux, ce ne sont pas eux,, ce sont ceux qui hésitent, même pour lltalie, à trop dépasser les limites raisonnables.
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cas de besoin. Rendez-vous était pris poar le lendemain.
Le lundi ii juin, à dix heures, lors de sa nouvelle visite, M. Zaïmis était informé que les puissances avaient résolu, vu la persistance de son attitude anticonstitutionnelle, de réclamer Tabdication du roi. M. Jonnart donnait jusqu'au lendemain midi pour la réponse. A la suite d'un conseil de couronne tenu au palais royal, il était avisé par M.Zaïm<sde l'acceptation de l'ultimatum. La réponse officielle remise le mardi à neuf heures et demie, confirmait cette acceptation par Constantin de ce qu'il ne pouvait plus éviter. Ce faisant, il se disait « soucieux comme toujours du seul intérêt de la Grèce», recourant à ce men- - songe et à la pauvre petite ruse de ne pas emjiloyer le mot « abdication», afin de couvrir la retraite de son amourpropre. Après avoir rabâché qu'il n'était pas Othon et ne se laisserait pas faire comme celui-ci, il avait, en efïet, au dernier moment, la prudente sagesse de Timiter.
Les puissances protectrices avaient enfin coûsenli à la seule solution raisonnable. Mieux valait encore très tard que jamais. Seulement elles n'osèrent pas aller jusqu'à la suppression [de la dynastie, et invitèrent Constantin à désigner,^ourlui succéder, un de ses fils, exception faite du diadoque, jugé, fort justement, trop allemand. (( Les , puissances protectrices, disait le bulletin du Temps du i4 juin, ont permis au roi déchu de laisser le trône à son second fils. C'est une grande preuve de générosité et l'on souhaite qu'elles n'aient pas à s'en repentir* ». -
Cette générosité s'ajoutant à celle qui laissait la liberté au criminel découronné, n'était, paraît-il, pas suffisante. C'était trop simple de se borner à un acte légitime et d'une modération extrême. Le souci d'être équitable passant après celui de paraître généreux, on songea encore à une
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compensation. En posant ponr la générosité, on airive promptement à être jobard. On rêve d'être proclamé magnanime et on se réveille dupe malfaisante.
Ainsi il s est trouvé quelqn un pour proposer et faire accepter aux puissances de promettre à Fassassin arbitrairement laissé libre, et de lui garantir le payement d'une annuité personnelle viagère d'un demimillion. Avec cet argent substitué au jugement et à la condamnation mérités, Constantin pouvait subventionner des préparatifs contre celles qui le lui faisaient verser. Emue de cette situation nuisible, la Chambre hellénique émit d'abord le vœu (i) que les puissances cessassent d'être nigaudeà au point d'obliger à fournir des fonds retournés contre elles. Plus tard elle autorisa l'allocation de 5oo.ooo fr, avec le droit pour le gouvernement de la supprimer s*il le jugeait bon. Et le gouvernement grec la supprima à la suite des manœuvres conspiratrices du roi déchu (q).
Voici comment, dans un télégramme à ï United Press de New- York, M. Veniselos constatait les préférences monarchiques des puissances protectrices. Il se félicitait de leur action; mais celle-ci n'avait, disait-il, « que satisfaire partiellement aux désirs de la vaste majorité du peuple grec, car le tort causé au régime monarchique par le roi Constantin est si profond, qu'une grande parUe de l'opinion publique considérait, comme seule solution réelle, une réforme radicale », Néanmoins, ajoutait*it, le peuple grec est tout disposé « à faire, en toute sincérité
I. Le Temps du ao novembre 1917, 1" page, 3* col. a. Le Temps du 18 mars 1918, »• page, i^* col. et du 4 avril, a* page^ 5* col.
APRis MON DÉPART Sl^
nouvelle, refxpérience de la monarchie constitutionnelle » (i).
Je ferai observer toutefois que cette expérience n*iinpliquait pas nécessairement le maintien de la dynastie.
Quand j'étais à Athènes, le prince Alexandre, très jeune officier d'artillerie, passait pour bon garçon aimant beaucoup tous les plaisirs de son âge, mais nullement le travail. Il avait été en excellents termes avec le fils de M. Veuiselos, artilleur comme lui, ce qui n'était pas une mauvaise indication. Mais sa première proclamation datée du 12 juin, par laquelle on affectait — car il n'était pas capable de la rédiger lui-même, quel qu'en fût le sens — de le solidariser avec son père, n'était pas de nature à lui gagner les sympathies. A quelles influences cédera-tîl ? Telle est la question, avec toutes les incertitudes des jeux de pur hasard. Peut-être aurait-il mieux valu jouer une partie moins risquée. En tout cas, gardant le prince^ on aurait dû modifier immédiatement et complètement le personnel de la cour restée l'asile de la réaction.
Le la juin, nos soldats débarquaient à Gorinthe. La veille, les troupes alliées avaient pénétré en Thessalie. Sauf une tentative de guet-apens à Larissa, où une vingtaine de nos soldats furent traîtreusement tués (2), le calme régna partout et le départ de la famille royale ne provoiquà aucun trouble. Le blocus des côtes de Grèce déclaré le 7 décembre 1916, était levé à la date du 16 juin 1915.
M. Zaïmis dont on a, avec quelque excès, vanté la « cor-