‹ L'Entente, la Grèce & la Bulgarie; notes d'histoire et souvenirsChapitre 18 sur 116 · A QUOI SERT UN D16GOURS SS · texte numérisé non relu

A QUOI SERT UN D16GOURS SS

J*ai été, tout coflune mon saccessear à qui on en a fait un titre lors de sa nomination à Athènes, délégué de France à la Commission européenne du Danube. Je m'y suis trouvé à l'époque de la revision quinquennale des tarifs de navigation et je reçus, en mai et juin 1908, deux. letti*es officielles de félicitations .

Appelé ensuite, sans la moindre intervenlion de m» part pour aucune de mes a(rectations,à la sous-direction, des chancelleries et du contentieux administratif, je pus constater et signaler à Tattention du ministre Tabus commis par la prodigalité des passeports diplomatiques. J*eus la preuve plus tard que cet abus n^avait fait que croître et prospérer. Accordé à n'importe qui, notre passeport diplomatique avait perdu toute valeur spéciale. Au lie» d'en restreindre Tusage, on l'a de plus en plus galvaudé en le délivrant d'abord à tous les religieux et religieuses^ ensuite à tous les Français un peu recommandés, parlementaires, financiers, journalistes, heureux de paraître n'être pas traités comme tout le monde et partisans de Tégalité avec les situations les plus exceptionnelles (i).

Pendant que j'étais sous-directeur, je fus désigné pour présider la commission du stage de 1909 et celle des in-^ demnités dé Messine.

J'avais, un matin, été reçu par le ministre au sujet d'une décision de cette dernière commission et il n'avait pas été question d'autre chose. A midi, un coup de téléphone du directeur du cabinet me prévint que le ministre

I. Le 17 septembre 1917, après certains scandales, le conseil desministres décidait de réserver strictement les passeports diplomatiques aux membres du corps diplomatique et « aux chargés de^ missions.». Ce sera bien, à la condition de veiller à ce que cette dernière expression ne prenne pas un sens trop élastique.

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désirait me parler immédiatement. Je me rendis aussitôt à son appel, persuadé qu'il s'agissait encore de la réclamation relative à la catastrophe de Messine. Je trouvai M. Pichonet M. Dutasta debout; à peine étais-je entré que, sans préambule, le ministre me disait : « Le poste d'Athènes est vacant, l'acceptez-vous ; il me faut une réponse tout de suite)». J'accepte, lui repondis-je, sans solliciter aucune explication. Le ministre me pria de n'en parler à personne, en attendant Tagrément du gouvernement grec, et ce fut tout. Voilà comment je fus nommé ministre de France à Athènes .

J'ai déjà dit comment je fus rappelé ; mais je ne devais recevoir Tavis officiel de ma mise à la disposition qu'après ma visite du q4 ^^^t à M. Delcassé, après m' être plaint à lai de l'inconvenance de ses bureaux. Et s'il n'y avait que des inconvenances !

Mon personnel à Athènes se composa parfois d'un secrétaire et d'un attaché, le plus souvent d'un unique agent et, pendant plusieurs mois, je fut laissé seul pour toute la besogne. Chiffrage, déchiffrage, expéditions, enregistrement à l'arrivée et au départ,classe ment, recherches, correspondance s'ajoutèrent à mon travail.

Or Paris disposant d'un personnel nombreux me renvoya des documents transmis en double avec demande d'en faire faire d'autres copies !

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