‹ L'Entente, la Grèce & la Bulgarie; notes d'histoire et souvenirsChapitre 20 sur 116 · I. Le Purgatoire, chant XVIII, tercet · texte numérisé non relu

I. Le Purgatoire, chant XVIII, tercet

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Orrèce avec TAUemagne, dont il avait plaidé la cause dès le 4 août 1914 (i).

Le numéro du Temps du 19 juillet 1909 (3), qui annon- -çait la démission du ministère Theotoky, pariait de l'agitation militaire cause de cette démission et du programme <ies officiers comportant un article relatif à Tappel.d'un organisateur étranger, probablement « un officier général allemand ». On sait qu'un général français devait être appelé ; on verra dans un autre chapitre comment il le fut.

Presque aussitôt après mon arrivée, j'avais, comme entrée en matière, une note turque bientôt suivie d'une seconde mettant la Grèce sous la menace d'une déclaration de guerre à propos de la Crète, et je pus tout de suite rendre un service à la Grèce.

J'avais eu, dès mon arrivée, les meilleurs rapports avec Naby bey, le ministre de Turquie, devenu le négociateur d'Ouchy et l'ambassadeur de la Porte à Rome. A tort ou â raison, je n'ai jamais partagé l'emballement de certains pour les Jeunes-Turcs et n'avais jamais voulu voir leurs <îhefs à Paris, bien qu'ils me fissent le service de leurs publications. Gela, non par sympathie pour le régime hamidien évidemment, mais par la conviction que le mouvement jeune-turc était factice au point de vue civilisateur dont il se réclamait, et ne pouvait tout au plus profiter qu'à une catégorie d'ambitieux impuissants, même s'ils le voulaient réellement, à accomplir des réformes :sérieuses.

Mangeant en ce moment hors de la légation comme Naby, le rencontrant matin et soir, ayant ainsi avec lui de

I. Le Temps du 21 août 1917, a* page, 3' et 4* col. a. a* page, 5' col.

AYANÏ LA GUERRE ÔE

nombreux entretiens privés, je ne lui exposai pas, bien entendu, avec la même netteté que je viens de le faire, ma manière de penser, mais je ne la dissimulai pas non pluscomplètement et, loin de froisser Naby, qui était parent de Munir pacha, elle me valut tout de suite sa confiance»

Un jour, après la seconde note turque et avant la remise de la réponse grecque, Naby beym^annonça avoir appris, par suite, me dit-il, de l'indiscrétion de quelqu'un de la légation d'Angleterre, que l'Angleterre avait invité les trois autres puissances protectrices delà Crète, France,. Italie, Russie, à proposer à la Grèce de leur exprimer, en guise de réponse à la seconde note turque, sa désapprobation de l'agitation Cretoise en faveur de l'annexion de l'île au royaume, et sa promesse de s'abstenir strictement, dans les affaires de l'Ile, de toute intervention contraire aux droits de la Turquie et aux décisions[des quatre puissances»

A un moment d'agitation intérieure à laquelle ces affaires n'étaient pas étrangères, cela aurait été vraiment jeter de l'huile sur leleu ; c'était, en effet, venir au secours de la Grèce en la ligotant. Je vis M. Rhallys, président du conseil, dont l'attitude fut parfaite en cette circonstance difficile, et, sans lui dire la véritable raison, je le pressai de remettre, le soir même, à Naby sa réponse à la seconde note turque, qu'il voulait remettre le lendemain. Une question-matérielle de copie, je crois, le faisait hésiter ; je finis par le décider. La réponse grecque fut remise le soir même; or, le lendemain matin exactement, arrivaient — trop tard — les instructions pour la démarche dangereuse que la confidence de Naby bey me permit d'avance d'annihiler.

C'est lepremier service que j'ai rendu à la Grèce ; ce ne devait pas être le seul.

6a DEUxnbfK partie

Nombreuses, du reste, je devais avoir l'occasion de le <!onstater, sont les collectivités, la Grèce et les alentours non exceptés, perdant, à Tezemple de la plupart des individus, le souvenir des service? rendus par ceux qui, estiment-elles, ne sont plus à même de leur en rendre. La mémoire revient toujours quand elle apparaît comme un point d'appui pour décrocher de nouveaux services.

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