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répondre à ma lettre n« <2o6,âu a5 mai 19141 sur le régime des échantillons.
Par lettre n' laa du 3o avril 191a, le ministère demandait mon avis pour Tadmission à la cote de cent mille nouvelles actions de la Banque d'Athènes n«>«de Soo.ooo k 600.000). La tranche précédente (de ^oo.ooo à Soo.oooavait été admise, sur avis demandé le 11 août 1910 et donné tavo^uble le 26, pendant mon congé annuel, par le chargé d'afïbires qui avait sollicité néanmoins le renforcement de l'élément français dans Je conseil d'administration*; ce à quoi le ministère avait éprouvé le besoin de riposler, le 5 octobre, n® 188, que la Banque de l'Union parisienne exerçait un^ontrôle amplement suffisant. Telle était aussi l'opinion d'un des principaux administrateurs de cette banque, M. Oourcelle, venu à Athènes en inspec- ^ tion et surtout préoccupé, pour employer Texpression dont il abusait, du « standing » des gens, qui constituait une simple apparence n'impliquant pas essentiellement la véritable correction.
Ma réponse à la demande du 3o avril T912, n' 149 du 17 mai, mit, comme condition sine quâ non de Tadmisslon, le renforcement de l'élément français dans le conseil et la nomination d'un adminislratem' français résidant à Athènes.
Une lettre de M. de Reverseaux passé de l'ambassade de Vienne au conseil d'administration de l'Union pari-* sienne, me lut communiquée ; elle estimait que le contrôle de l'Union parisienne était suffisant et la dernière condition impossible. Je répondis (n^ 261 du 27 juillet) en maintenant ma manière de voir. L'ad mission n'en fut pas moins accordée sans condition. Au bout de dix-huit mois, c'était la dégringolade de la Banque d'Athènes et une dizaine de
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millions de plus perclus par Tépargne française, grâce à la décision, dédaigneuse de mes avis, dçs professionnels vaniteusement compétents de notre ministère des Finances.
Si j^vais été écouté, cette perte n'aurait pas eu lieu et • la dépréciation des titres précédemment cotés aurait peutêtre été évitée. Après la catastrophe, on jugea possible ce que j'avais demandé et qui avait été déclaré impossible : \in administrateur français fut installé à Athènes. Toutefois pas mal de gens m'en ont voulu d'avoir pris le x>3irti de l'épargne française contre des csimalfaderies trop complaisantes.
Aux mesures dont j'eus l'initiative fut dû l'achat de Thôtel de la légation à des conditions qui eussent été encore meilleures si on avait moins hésité .
^ Après le traité de Bucarest en août i^iS, il fut entenda qu'une convention serait conclue entre la France et la Grèce, au sujet des écoles françaises établies en territoire turc devenu territoire grec.
Un arrangement semblable .était intervenu entre la France et la Bulgarie, lorsque la Roumélie orientale fut déclarée bulgare. Notre ministre à âoûa était alors M . Paléologue ; il négocia un accord dont on fut heureax et dont on le félicita. Il était devenu directeur des affaires politiques, lorsque cet accord me fut (lettre n° 49^ du 6 novembre igiS) présenté comme modèle par le quai * d'Orsay. Ce dernier prévenait, du reste, lui-même le ministre de Grèce en France, M. Romanos, qu'il tenait à aboutir en Grèce au résultat atteint en Bulgarie et il m'en informait par lettre n" 577 du 10 décembre igiS.
J'entamai les. négociations à Athènes et je parvins à obtenir, non seulement ce qui avait été désiré, non seulement ce qu'avaient consenti les Bulgares, ce dont on avait
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fait un méHte au carriériste Paléologue, mais davantage, notamment Téquivaleace des diplômes de tous nos établissements français et de ceux des établissements publics grecs. Je l'anilonçais à Paris par lettre n"* 121 du 3i inars 1914, j'étais content et croyais ingénument qu'à Paris on serait satisfait.
Il n'en fut rien et Paris, par lettres du 2a mai et du 26 juin manifesta des exigences nouvelles. Je me remis à négocier et je pus m'apcrcevoir qu'il n'y a rien d'agréable à s'entendi*e dire, même très poliment : vous nous avez spontanément demandé (Quelque chose, nous le concédons avec un supplément et, au lieu de nous remercier, tous venez nous demander plus.
Malgré tout, on me fit de nouvelles concessions qui ne satisfirent encore pas: la Mission laïque refusait d'admeti;re que l'enseignement religieux fut, sans son intervention^ imposé par le gouvernement grec, comme celui-ci le voulait, aux élèves orthodoxes de nationalité grecque.
Des missions religieuses refusaient, de leur côté, de se soumettre à la possibilité de Tinspection grecque, qui ' s'exerçait dans toutes nos écoles religieuses de l'ancienne Grèce sans avoir occasionné aucune difficulté; elles réclamaient l'indépendance complète des établissements existants ou à créer, en offrant de renoncer au bénéfice de l'équivalence des diplômes, tout simplement parce qu'elles songeaient peu à l'instruction et beaucoup aux conversions. Finalement, sauf cette indépendance inadmissible, et le protectorat des Israélites pour lequel, d'après le département lui-même (télégramme d'avril 191 4)» nous pn'avions aucun droit, nous obtînmes satisfaction entière.
Je ne discute pas ici le bien ou mal fondé des exigences manifestées soit par la Mission laïque, soit par les reli-
gieux. Je me borne à dire qu'on doit savoir, avant de commencer une négociation, ce que Ton veut. Si on tenait absolument à certaines conditions, il fallait s'en aviser et les poser dès le début, au lieu d'offrir le spectacle de la politique de bazar, de marchandage, faite cette fois par une grande puissance occidentale.
Je regrette de ne pouvoir utiliser quelques citations de mes lettres n°* 238 du i8 juin et 281 du 18 juillet 1914, qui résument les diverses phases de TafFaii^e et précisent k quel sentiment de dignité nationale je n'aurais pas voulu être seul à obéir.
En juillet igi4, fut donc arrêté un texte nous accordant bien plus que ce qui avait été considéré comme un grand succès avec les Bulgares, un texte enfin accepté par M. Lecoq, directeur du lycée de la Mission laïque à Salonique, venu lui-même soutenir sa cause auprès du ministre grec à 'Athènes, où sa méfiance des instincts perversement religieux qu'il me prêtait, le rendit vite compère et compagnon du secrétaire de la légation, M, du ' Halgouët, chevalier de Malte, d'un cléricalisme très démonstratif. Les deux extrêmes fraternisèrent à mes dépens.
Ce secrétaire était un protégé de M. Paléologue qu'il avait assisté lors du procès de Rennes, mais certainement pas de son parent, mon ancien collègue à la Chambre, le colonel du Halgouët. Le hasard me fit rencontrer celui-ci au ministère de la Justice, et je crus lui être agréable en lui parlant de ce parent chargé de l'intérim à la légation. 11 ne le savait même pas et ne parut ni curieux de sa situation, ni avide de recevoir de. ses nouvelles.
Se précipitant au-devant de ceux qui venaient me voir, les arrêtant avant leur entrée dans mon cabinet, détour*
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nant certains de causer avec moi sous le fallacieux prétexte de ne pas me déranger,heureux de semer la zizanie, flattant ceux dont il se seryait^s'efforçanide tout régenter» fourrant son nez partout, toujours affairé, ravagé par une enyie dévorante d'arriver, obsédant mes collègues de ses interrogations, mais ne me communiquant aucun renseignement, même ceux qu'on lui donnait avec l'intention de les porter ainsi à ma connaissance, tel était ce secrétaire.
Aussi un de mes collègues s*étant aperçude ce manège, me disait :
— Peste, on est riche chez vous ; on se paye deux légations, celle-ci et la légation du Halgouêt.
— Oh ! regardez mieux, lui répondis-je, et vous verrez que la seule légation de la République irançaise est ici ; s'il y a quelque chose à côté, c'est^ tout au plus un débit de maigre camelote royaliste à Tusage des jeunes snobs.
Revenant enfin à Taffaire même de la convention relative aux écoles, je dirai tout de stiite, quoique ce soit hors du cadre de cette partie, que, le ai octobre 1914. ma lettre n<>34i transmettait le désir exprimé par M. Veniselos d'en finir et de procéder à la signature de la convention. Quand je suis parti, en août 1915, le quai d'Orsay ne m'avait pas encore répondu, et rien n*avait été fait lors du remplacement de mon successeur.
Mon souci des intérêts français affranchi de tout parti pris s'étendit à tousnos nationaux,môme à ceux répréhensibles à certains égards. Avec un nouvel archevêque, de nationalité irançaise, sans bénéfice aucun pour nous, on avait vu, dans l'ordre dit spirituel, les tendances combattives succéder au calme d'une tolérance réciproque. L'étendard papal fut arboré à diverses reprises. J'essayai de modérer les manifestations d'une initiative mal vue par
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les Grecs. J'oblixis uiie promesse qaî fut, du rei^e, impia^ néiDâniOQbliée^leiiiiKiisflèreayaiil nttsiatena^contrftireiiieiit à BMa aTis^'aUoeation gracieuse attribuée à t'arel^e:yêqae. Des jésuites ouvrirent eu catimini une chapelle à Athènes. Des assomptiouDistesreTêtiis du costume du clei^ orthodoxe s'instaUèreut àHéradée, où ils offieièveDt sans droit suivant les us et coatumes de ce clergé et en langae grecque, sous prétexte, asèrent41s dire au commissaire de police, qae la « population d'Héraclée ne comprend pas 4e latin », Et les populations ailleurs ? Tout en m*efforçant d'atténuer leur zèle trop audacieux, je ne crus pas devoir refuser à ces Français le secours de mon intervention ; grâce à moi ils échappèrent, en février 191 5, à Texpulsion dont ils étaient menacés .