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porteur de la note remise, la Teille* à Belgrade. Je sa» par Icd ce qui repassait. Dès ce momentg'eus roccasioa de le dire à quelques personnes, je considérai la guerr» comme voulue par TAllemagne et d'Autriche, à défaut d'aune soumission générale si grosse de -conséquences qu'elle était de nature à faire reculer les esprits les pluôpacifiques de l'Entente. La guerre pour moi était inévitable. Aussi, au lieu de m'absenter, je restai à Paris.
Huit jours après, le samedi i*' août, la mobilisation était décrétée et, malgrè mon congé régulier de deux mois, je partais le lendemain pour rejoindre mon poste,^ où j 'étais le lo août. .
A peine arrivé, j'apprenais que le chargé d'affairés allemand, le comte de Bassewitz, depuis longtemps un intime de M. du Halgouët, chargé d'aflaires de France en mon absence, et de sa femme, avait, encore le 3i juillet^ chanté dans le salon de celle-ci. Mais; en la quittant ce jour-là, il avait soigneusement recherché la musique qu'il avait rhabitude de laisser. Gomme on l'engageait à ne pas se donner cette peine, il répondit d'un air embarrassé qu'il préférait l'emporter.
A cette soirée voisinait, parmi les invités, avec l'attaché militaire français, le capitaine de Falkenhausen arrivé depuis un mois à peine en qualité d'attaché militaire allemand en titre et à poste fixe, ce que n'avait plus l'Allemagne depuis la présence à Athènes de notre mission militaire. Oa pourrait peut-être, sans trop s'aventurer, voir dans cette nomination une précaution en vue d'évé* nements pré parcs par ceux qui la prenaient.
Ainsi, cela du moins me parait certain, l'attaché mili-^ taire autrichien, le chargé d'affaires allemand et l'attaché; militaire allemand étaient au courant de ce que tramaient\
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les dirigeants de Berlin et de Vienne, si obstinés par la \;suite à tenter de rejeter sur les autres leur criminelle ^responsabilité (i).
Je ne devais plus occuper mon poste que pendant un an. Je ne Tai, du reste» pas déserté ; j'ai été remplacé, voici tout de suite pourquoi.
Malgré la chaleur, toujours présent à Athènes, le jour de notre fête nationale, dans la matinée du i4 juillet I9i5, <;omme les années précédentes, je reçus la colonie française. En réponse au discours du doyen des présidents ^e nos sociétés, je relevai certaines critiques méchantes lancées par des Grecs et aussi, hélas I par dies Français oublieux de leur situation oûicielle, mais trop fidèles à leurs passions antérieures, débinant tout, se plaignant du •favoritisme avant d'en profiter, et affectant de se méfier •des républicains. ^
Je m'exprimai en ces termes :
« Messieilrs,
>> Je vous remercie des sentiments et des vœux que
M. Brîssaud vient d'exprimer, en votre nom, pour la
France et ses vaillants défenseurs ; ce sera un plaisir pour
.4noi de les transmettre à Mile Président de la République.
» Il y a, d'ailleurs, unanimité aujourd'hui, si on' ne tient
;pas compte de ceux qui, dans la grandeur de la tâche à
I. La pévélalion faite par M. S. Pichon à la Sorbonne, le i*' mars 1918, d'un télégramme du 3i juillet 1914 du chancelier aïleraandy ^ont rauthenticité a été avouée — dans le cas où la Vrance aurait 'Cru pouvoir rester neutre, le si pacitiqueet si loyal kaisep exigeait laremise à ses troupes deToul et de Verdun, seulement ! — prouve que TAllemagne voulait, n'importe comment, ou nous enchaîner sans combat, ou nous contraindre à la guerre, malgré ou plutôt ^ cause de toutes nos intentions pacifiques, connues mais niées ^ar eUe, et exagérées par nous. '
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mener à bien, n'aperçoivent que les inévitables imperfections, qui critiquent à tort et à travers pour faire croire^ en contestant la compétence des autres, à la supériorité et à rinfaillibilité de la leur, et qui sont les tristes proies* sionnels du dénigrement, il y a, dis-je, unanimité à louer sans réserves Télan de la France, de la France entière, de toutes les catégories de Français, tous unis, luttant du même cœur pour la même idée, en dépit des différences de milieux et de convictions.
» Mais certains, avec les meilleures intentions du monde, ont manifesté une surprise admirative, invoqué le miracle et parlé de résurrection d'une nation préalablement déclarée finie.
» Cette façon de penser, cette explication de l'attitude française, prouve à la fois la mauvaise opinion que ses propagateurs ont eue de la France et la fausseté de cette opinion. Car, pour exécuter un tour de force, et surtout pour le répéter, il faut déjà avoir en soi la force nécessaire. Le repps, le sommeil de celle-ci ne Fempêchcnt pas d'exister, et ce n'est que parce qu'elle existe, qu'on la refrouve lorsque le besoin s'en fait sentir. Or, depuis plusieurs mois, le tour de force français est, peut-on dire, continu.
» Tous ceux donc qui, Pan dernier encore, ont parlé de France déchue, de France dégénérée, sont des sots, des sots plus ou moins infatués de leurs sottes personnes^ mais des sots sans atténuation, qui ne démontraient par là que leur ignorance, leur envie ou leur mécontentements Ainsi, ils décriaient spécialement nos écoles publiques, et c'est de celles-ci que sort la majorité tout au moins de ceux qui accomplissent si admirablement et si simplement leur devoir patriotique .
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- » Dans les périodes où son existence â été en pcril^ le peuple français a toujours apparu supérieur aux événements. Il a eu Jeanne d'Are, il a eu Valmy, il a Joffre et Tient d'avoir la bataille de la Marne. Tout cela sort des mêmes persistantes qualités de notre peuple, de la même énergie stoïque, de la même ardeur de sacrifice alliée à la bonne humeur, des mêmes facultés d'initiative personnelle et de dévouement aux chefs qui ont su gagner sa confiance. '
» Ni lassitude, ni défaillance, ni manœuvres insidieusement démoralisantes n'auront raison de la calme opiniâtreté d'un peuple virilement décidé à rester maître de lui-même et à -abattre la puissance de mal qui constitue, pour lui et pour le monde, un danger permanent.
» Outre son attente inquiète des transformations qu'opérera le prodigieux enfantement d'une Europe nouvelle,. la Grèce a eu des soucis : elle a eu l'anxiété de la maladie de son souverain aimé et l'émotion d'une exceptionnelle campagne électorale. Nous nous félicitons de l'amélioration de la santé de Sa Majesté que nous prions d*agréer nos respectueux souhaits de complet rétablissement» et nous complimentons les électeurs^hellènes de la constance de leur esprit politique.
» Vive la France ! Vive la République ! »
Avant onze heures du matin» les journalistes avaient pu prendre, à la légation, copie de ce texte, qui était publié en grec, dans l'après-midi, par le journal veniseliste la Hestia.
Si quelques hautes notabilités, le métropolite d'Athènes notamment, qui n'avaient pas l'habitude de déposer leur carte à la légation, le firent ce jour-là, il y eut, contrairement aux années précédentes, abstention complète de la
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cour et de l'entourage des princes. T^ président du conseil vint, mais très tard dans la soirée, si bien qu*il me trouva avec mes collègues de TEnlente, dont la réunion quotidienne dans mon cabinet avait lieu alors à sept heures du soir.
Le lendemain matin, j'allai signaler au ministre des Affaires étrangères, M. Zographos, avec qui, depuis six ans, j'avais personnellement toujours eu de très bons rapports, l'abstention exceptionnelle de la cour et de la suite des princes. C'était là un oubli inadmissible de mon pays, et je demandai que des regrets me fussent exprimés. Le ministre fut ou parut surpris du fait dont je me "plaignais, il me promit de procéder à une enquête et de me tenir au courant.
Le 17 juillet, dans la matinée, je recevais la visite d'un attaché au ministère des Affaires étrangères chargé, me dit-il, de m'exprimer les regrets du gouvernement pour ce qui n'avait été qu'un oubli de la part de la cour. Quant aux princes, il n'y avait pas ett de différence avec les années précédantes ; si des officiers de leur suite étaient autrefois venus, c'était à titre personnel.
J'avais jusque-là fait aux princes l'honneur de croire que les officiers de leur suite venaient en leur nom, comme le maréchal du palais au nom du roi. J'apprenais que je m'étais trompé : les princes qui connaissaient l'existence et le chemin des légations pour s'amuser, tenaient à faire constater leur habitude de les ignorer le jour où les légations célébraient la fête nationale .
Je répondis que cette démarche insuffisante ne me donnait nullement la satisfaction demandée et était pour moi non avenue ,
Dans la soirée, le comte Mercati, maréchal de la cour,
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se décida à venir lui-même me répéter ce que m'avait dit l'attaché du ministère : oubli de sa part à la suite d'occupations, et pas de modification de la part des princes dont les officiers n'agissaient précédemment qu'à titre personnel. Puis, par un procédé chicanier familier à beaucoup de Grecs, il essaya de justifier son oubli qui, du coup, n'en aurait plus été un, par celui que j'aurais commis à pareille époque. Tannée précédente, en ne lui portant pas de carte de remerciement. Grâce à un certain détail dont je me souvins, je pus préciser qu'il faisait erreur ; il n'insista pas du tout sur ce point et finit par m'exprimer ses regrets.
Agent très soumis à ses maîtres, M. Mercati comme il doit être dit d'après la loi hellénique, le comte Mercati comme on disait à la cour et comme je disais moi-même sans hésitation, car ceux-là seuls qui attachent quelque importance aux titres nobiliaires authentiques ou passant pour l'être grâce à upe dédaigneuse prescription, éprouvent le besoin de partir en guerre contre les trop fantaisistes irrégularités en la matière, était par ses fonctions un germanophile intempérant. Ses services auprès /du prince Constantin lui avaient valu, à l'avènement de celui-ci, aussi longue, mince et triste que lui-même, une canne d'ordonnateur des pompes funèbres et, dans les cérémonies, en tête du cortège, il marcha depuis à côté d'elle, Arcades ambo, ou, plus exactement, en laid.
Dès les funérailles du roi Georges, il manifestait à la République française le peu de sympathie de ses maîtres : et déjà je formulais contre sa façon inconvenante déparier de notre représentant, M. Jonnart, une plainte qui, sur le désir de ce dernier, avait été annulée.