Le Figaro du 28 aoiit .1917, a* page, 2* coU
LA PRBMIÈBIS ^NNÉE l^
M. Zographos est un homme intelligent, il connaissait à fond ses collègues, il n*a jamais pu s*iUusionner sur leurs intentions. Que de fois il m'a répété qu*il assistait le moins possible aux délibéi'ations du conseil ! Que de fois il m'a dit être sur le point d'abandonner son portefeuille ! La désapprobation mnette des desseins officiels impliquée par celte double insistance, ne pouvait s'allier avec la conviotion qu'une démarche, même tentée par lui avec quelque sincérité, était sincère au même titre de la part de collègues bien connus pour leur hostilité à notre cause.
Quelle pouvait être la conviction de M. Zographos, ministre des Affaires étrangères, en « affirmant que la Grèce était prête à mettre en action ses sentiments d'amitié à regard des puissances protectrices et à coopérer avec TEntente » (i), quand il savait le cabinet dont il faisait partie opposé à cette action, quand il était au courant des idées et de l'influence du général Dousmanis, même s'il a vraiment igno^ré l'assurance de non intervention donnée par le roi à la Bulgarie et à la Turquie, au moment où le gouvernement turc, inquiet des opérations commencées le 19 février aux Dardanelles , s'apprêtait, je l'avais télégraphié, à transférer son siège à Koniah (2) ?
Entre les deux démarches de M. Zographos, la première avouée par le gouvernement grec, la dernière inspirée par M. Guillemin, mais qui ne fut jamais officielle, le prince Georges de Grèce s'était trouvé à Athènes. Il s'attribuait une mission d'accord avec un membre de notre gouvernement. Je causai avec lui, je tëlég):aphiai ce qu'il ine confia, mais je dus aussi télégraphier, sur ia demande expresse de M. Zographos, lors du départ, le 16 avril, du