I. N' du 24Jj"iltel/6 août 1916, i'" page
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en Grèce. C'est de Tardent gaspillé sans but lorsque leurs advei'saîres travaillent si bien pour eux. »
Voilà une impression du moment même ; en voici une Avenue beaucoup plus tard, au moins sous la forme qu'elle revêt ici. C'est M. Veniselos qui l'exprima dans l'interview pr\r lui accordée, en mars 1919, à renvoyé spécial de régence Havas et déjà citée (chapitre XIV, page iSg): ' « Entre les élections et mon retour à la tête du gouvernement, tin fait important s'était produit. Les puissances protectrices étaient venues proposer à la Grèce de céder la Macédoine orientale à la Bulgarie. Cette proposition — qui d'ailleurs ne satisfaisait point les ambitions bulgares, ainsi qu'on Ta vu par la suite j^- fut perfidement exploitée par la propagande germanophile et servit la cause royaliste qui se campa aussitôt sur le terï-ain de l'intégrité territoriale. Je n'exagère pas en disant que, sans cette démarche, le roi n'aurait jamais osé déserter les obligations découlant de notre traité avec la Serbie. Vous me demandez si c'est là une simple impression de ma part. C'est plus que cela , c'est une certitude absolue basée sur les faits et les documents dont j'ai eu connaissance à cette époque. »
Après un tel témoignage, la clairvoyance tfapparaît-elle pas avoir incontestablement été du côté de celui qui fit tous ses efforts pour empêcher une pareille démarche ?
La communication du 3 août fut ma dernière intervention diplomatique. Onze jours après, je quittais Athènes avec le profond regret de n'avoir pu empêcher mon gouvernement et ses alliés de s'obstiner dans une j^litique néfaste.
Le premier ministre anglais d'alors, M. Asquith, devait dire, en juin 1918, que la guerre «avait une portée beau-
LA PREMIERS ANNÉE . iSg
coup plus grande que l'on n'aurait prévu ou même imaginé quand elle a commencé » (i). S'il à eu raison d'avouer ainsi la myopie dont lui et d'autres très hauts personnages furent atteints, il lui a attribué un caractère trop géûéral. Oui, ce fut hélas ! le cas des hommes chargés de la direction des affaires de l'Entente. Mais, en del;iors de ceux-ci, ilrestetoujours des hommes qui pensent, et « tous les hommes qui pensent » (2) n'ont pas eu besoin d'attendre le développement de la guerre pour en comprendre la pointée. '