‹ L'Entente, la Grèce & la Bulgarie; notes d'histoire et souvenirsChapitre 62 sur 116 · I. Le Temps du 7 septembre 1916, a* pag^e« 3* col · texte numérisé non relu

I. Le Temps du 7 septembre 1916, a* pag^e« 3* col

LA PRPMiÈRIt ANNBB Ql^

Après l'emprunt bulgare en Allemagne et le passage parla Bulgarie de munitions indispensables aux Turcs, nous télégraphiâmes , les pourparlers, puis, en juillet, l'accord de la Bulgarie avec la Porte pour une cession de territoire» libérant la ligne de chemin de fer bulgare, accord qui était, Je Tainolé dans le chapitre XVI (p. i55), la conséquence d'un accord germano-bulgare signalé par nous. Nos collègues de Sofia nous démentirent jusqu'au bout, même, je crois, après le télégramme du 26 juillet du correspondant bulgarophile du Times, M. Boufchier,. axant cette signature à la veille à Constantinople.

Lorsque M. Radoslavoff se décida à avouer la signature de cet accord, il dit en .confidence à notre ministre que cela ne l'empêcherait pas d'attaquer les Turcs (i). M. de Panaûeu la ti*ouva sans doute bien bonne et, comme son chef, comme ses collègues anglais et russe, garda la confiance népessaire à la mise entrain du chef-d'œuvre diplomatique qui avait toute la solidité des meilleures constructions de don Quichotte (2)

Nous écouter, aucoatraire, c'eût été se n^^éfier encore à temps de la Bulgarie, chose impossible pour les capacités

1. Après avoir écrit «je connais mes Bulgares » {la Guerre sociale du 5 juillet 1915), M. Gustave Hervé devait dire : « Quand même ce serait signé, croyez-vous que ça empêcherait les Bulgares de tomber sur les Turcs, si on leur, offrait la Macédoine sans ^ réticence, dans des conditions qui puissent les allécher ? » (Idem du 17 septembre).

2. « C'est le î<4 août igiS que le JLokaUAnzeiger avait annoncé l'accord turco-bulgare, mais le i5 sçptembre un des représentants de l'Entente détaillait encore, dans un journal de Soda, les mérites de la nouvelle offre que les alliés venaient de faire au cabinet Radoslavoff : « Au sujet de la nouvelle note, je puis vous dire gue nos propositions sont très satisfaisantes pour la Bulgarie...» {Le Temps du 25 août 1917, bulletin).

21 8 TBOISIÂME P4RT1K

hors ligne de la Russie, de TAngleterre et de la France, douées d'une foi absolue dans leurs eonceptioas.

Au Parlement» dana la presse, sauf de trop rares excep^ tions, on pensa comme M. Delcassé (i), et on traita d'incapables ceux qui osaient penser autrement* ^

Le 3 septembre igiS, le Petit Parisien croit toujours 4 la Bulgarie, nie les renseignements défavorables, la signature de raccord turco-bulgare notamment, et afBrme que le pessimisme « n'avait aucune raison valable ». Quelle justesse de vues !

En août 19^16, le journal nationaliste de Sofia, le Mir^ était suspendu pour avoir publié, sous le titre « Le maréchal Mackensen à Temesvar », i^n historique fixant au Aî2 juillet 191 5 l'arrivée des premiers régiments allemands sur les bords du Danube, et la tenue des premières conférences entre officiers d'état-major allemands et bulgai^» en vue de préparer l'invasion simultanée de la Serbie, au début de septembre (2) .

1 . Dans une lettre adressée anx présidents et aux membres de» commissions-^le A'armée et des affaires étrangères (Sénat et Chambre) et reproduite dans le Figaro du a août 1917, M. Joseph Retnach écrivait que, le 27 septembre 1917^ M. Delcassé « continuait à être dupé par le roi des Bulgares. .: Il croyait toujours en Ferdinand ».

Page 1